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    _ C'est votre ex-copine ? M'interloquai-je alors que je sortais de la chambre que Masamune venait de m'attribuer dans son minuscule appartement.
    _ C'est exact. Depuis notre rupture, c'est comme ça tous les jours.
    _ Si votre relation était aussi tumultueuse que votre discussion de tout à l'heure, vous ne risquiez pas de mourir d'ennui.

     

     

    _ On ne se battait pas du tout avant. Sauf quand il a été question de vivre ensemble, c'est là que c'est parti en sucette. Tiens, un café.
    Il posa deux tasses sur la table et s'y assoit, avant de m'y inviter. Je pris donc place devant ma tasse, et le remerciai. Il porta alors la tasse à ses lèvres, et en but de longues gorgées.

     

     

    _ Je suis désolé pour la vétusté de la chambre, je ne suis pas habitué à recevoir du monde, mais chez Uri ça aurait été pire, un lit une personne pour deux, vous vous seriez vite sentis à l'étroit toi et ta copine. J'espère que ça ne vous dérange pas d'être séparés d'ailleurs.

     

     

    _ Ne vous en faîtes pas, ce n'est pas ma copine, seulement ma meilleure amie. Mais merci de vous en soucier.
    _ Excuse moi alors. Tu peux aller chez Uri quand tu veux, elle n'est pas si féroce que ça quand je ne suis pas là. Elle va t'accueillir à bras ouverts, surtout que tu es un ami de Savannah. C'est d'ailleurs elle qui vous envoie, tu n'as pas à passer du temps avec moi.
    Je finis alors mon café, et me levai pour aller poser la tasse dans l'évier qui se trouvait juste en face de moi.

     

     

    _ En fait, lui répondis-je, Savannah nous envoie pour vous et pour Edô.
    _ Ah ?
    _ Elle veut que vous vous réconciliez.
    _ Oh, bah elle a de l'espoir.

     


    Il se mit subitement à rire, et je retournai m'asseoir en face de lui. Il ne semblait pas s'arrêter, pris dans son fou rire que je ne comprenais pas trop. Intrigué, je lui ai demandé de développer.
    _ J'ai déjà essayé d'aller vers elle, pour m'excuser, et qu'au moins on ne pourrisse pas l'ambiance au travail avec nos sornettes, mais c'est sans issu. Elle est aussi têtue qu'un âne, il n'y a rien à faire.
    _ Il faut juste trouver une bonne carotte. Aucun mulet ne résiste si on lui tend une carotte pour le faire avancer.
    _ Comme je viens de le dire, vous avez de l'espoir. Mais après tout, si ça t'amuse de réconcilier deux parfaits inconnus, c'est ton problème, n'est-ce pas. Je ne m'en mêlerai pas, j'admirerai, ou non, tes résultats, sur ce, je vais continuer de travailler.

     


    Il se leva, posa son mug dans l'évier à son tour et alla dans le salon où il s'installa directement à son bureau, avec ses crayons et son ordinateur, pour travailler sur un autre projet de construction dont j'avais déjà pu remarqué des ébauches lors de notre courte visite dans les bureaux plus tôt dans la journée.
    Je sortis alors de l'appartement, pour aller toquer à celui voisin, où logeait Heaven. C'est d'ailleurs celle-ci qui m'ouvrit, déjà prête pour sortir. Je lui pris alors la main et nous descendîmes de l'immeuble pour aller se promener tous les deux en ville, faire le tour de quelques magasins et discuter de tout et de rien.

     


    _ Je connais la raison de leurs disputes, dis-je à Heaven tendis que nous marchions. Elle a refusé de s'installer avec lui alors qu'ils étaient ensemble, depuis, c'est la troisième guerre mondiale.
    _ Ah bon ? Moi elle m'a donné une autre version, comme quoi c'est lui qui n'aurait pas voulu vivre avec elle.
    _ Elle t'en a parlé aussi ?
    _ Oui, je lui ai demandé franco pourquoi elle se disputait tout le temps avec Takahashi, et elle m'a répondu ça se sentir gênée. Je trouvais d'ailleurs ça trop facile comme réponse, genre la réponse que tu sors par réflexe pour que les autres arrêtent de t'en parler.

     

     

    _ Ouais, je vois de quoi tu parles. Par contre, Takahashi m'a semblé un peu plus affecté, enfin, d'une certaine façon. Il m'a dit qu'on avait de l'espoir de les revoir ensemble, car ce n'était pas prêt d'arriver. Mais j'avais l'impression qu'il voulait vraiment qu'on se mêle de ses oignons.
    _ Et c'est là que Savannah a trouvé bon de nous faire intervenir, en souvenir de notre passé d'entremetteur soûls, me dit-elle en souriant.
    _ Sauf que là, on est pas en boîte de nuit, je n'ai pas de grosses boots aux pieds et le plus important, je ne suis pas soûl, et toi non plus. Nous voilà donc bien avancés pour aider ce couple de disputards à se retrouver.

     

     

    _ Mais on va y arriver, et ça nous fera de bons souvenirs, n'est-ce pas ?
    _ Ouais …
    Mais je manquais cruellement de conviction.