• - 186 -

    - 186 -

     

    Même si on s'est dit qu'on arriverait bien à trouver des idées chacun de notre côté, je dois avouer que là, je sèche. On était au beau milieu de la nuit, j'étais tranquillement allongé sur mon petit matelas de sol, et je n'avais absolument aucune idée de comment les faire se rapprocher. Pas la moindre. Je ne les connaissais même pas assez pour avoir le réflexe d'y penser, c'est pour dire. Comment voulez-vous recoller un couple qui ne peut pas se croiser sans lancer de piques ? Et puis je ne suis pas conseiller matrimonial moi, j'en sais rien de comment rabibocher les couples !

     

    - 186 -

     

    Merci Savannah, franchement, merci. On peut même pas faire un tour dans Tokyo avec tes histoires, tu es la parfaite pote ! Je te hais !!
    Enfin bon, voyons quand même comme faire ? Histoire que je ne me retrouve pas sans idée devant Heaven, où elle va m'assassiner. Çà m'étonne d'ailleurs qu'elle s'intéresse autant a leur sort à tous les deux …

     

    - 186 -


    Je me tournai alors sur le ventre, levant de temps à autres les yeux vers la fenêtre, ne cessant de rester noire alors que je ne trouvais pas le sommeil. Et ça commençait à me pomper bien sévèrement. Et encore, s'il n'y avait que les histoires d'Heaven qui m'empêchaient de trouver le sommeil, ce ne serait rien, mais depuis le début de soirée, je sentais mon cœur battre de manière irrégulière, et cela me fatiguait autant que ça m'inquiétait. Et impossible de trouver le sommeil quand celui-ci décide de s'emballer sans prévenir. La situation devient légèrement critique je crois, J'enfouis alors mon visage au creux de mes bras quand soudainement, mon téléphone se mit à vibrer. Je décrochai alors, et mis le haut-parleur.

     

    - 186 -

     

    _ C'est moi Aaron, me dit Heaven en chuchotant. Tu peux sortir deux minutes, j'ai eu un éclair de lucidité.
    _ Ok, j'arrive, répondis-je en baillant. Donne moi trente secondes.
    Je raccrochai, me levai et insérai mon téléphone dans ma poche, avant de sortir sur le balcon le plus silencieusement du monde où je retrouvai Heaven, en pyjama léger, les mains sur ses bras pour tenter de se réchauffer.

     

    - 186 -


    _ Ça ne pouvait pas attendre demain ? Lui demandai-je en allant la prendre dans mes bras pour la réchauffer.
    _ Non, sinon j'allais oublier, tu connais ma mémoire de poisson rouge pour ce genre de chose ?
    _ Malheureusement, boulette. Allez, aboule, dis moi ton idée, histoire que tu ailles vite te mettre au chaud.

     

    - 186 -

     

    _ Les pousser l'un contre l'autre, tout bêtement. Mais …
    Elle s'arrêta net, et se tut, laissant régner le silence entre nous deux. Je la regardai alors, et vis qu'elle était concentrée, et bien entendu, je me demandai bien ce qui pouvait la prendre. Et puis, je me rendis compte qu'elle était dans me bras, et donc que son oreille était posée sur mon torse, endroit où se trouve mon précieux palpitant qui s'emballe sans raison ce soir.

     

    - 186 -

     

    _ Tu as fait un effort ? Me demanda-t-elle finalement, inquiète.
    _ Non, soupirai-je. C'est comme ça depuis dix-neuf heures.Il est irrégulier et ça m'empêche de dormir.
    _ Tu devrais aller voir un médecin Aaron …
    Elle se décolla de moi, et me regarda dans les yeux. Les siens brillaient à cause de ses larmes qui commençaient à monter. Je posai alors ma main sur sa joue et la lui caressait du bout du pouce.
    _ Tu sais, si je suis en train de mourir à l'instant, les médecins ne pourront malheureusement rien faire. Tu sais que je suis condamnée, donc ne t'occupe pas de mon cœur pour le moment. C'est normal à ce stade, d'accord.

     

    - 186 -


    Elle ne dit rien et se contenta de se cacher contre mon torse. Je passai mes mains dans son dos, cherchant à la rassurer comme je pouvais malgré tout.
    _ C'est une bonne idée je pense, lui dis-je. Je ferai en sorte de pousser Masamune et tu gères avec Uri. Ça pourrait marcher, je suis sûr. Et Savannah sera contente.
    _ Oui, tu as raison.

     

    - 186 -


    Elle recula, s’essuya les yeux et enfin se hissa sur la pointe de ses pieds pour déposer un léger baiser sur le coin de mes lèvres. Un peu surpris, je me figeai. Elle me sourit et tourna les talons pour retourner chez Uri, me laissant seul avec moi même sur le balcon. Et bien soit !