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    _ Helloooooo !
    Heaven sautilla sur ses pieds une fois que la porte de la maisonnette New Yorkaise se soit ouverte sur une femme brune que nous connaissions bien, et à qui nous avions promis de revenir. Savannah Envey, la photographe.
    _ Heaven ?! Aaron ?!!

     

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    Sans se faire prier plus longtemps, Heaven sauta au cou de Savannah, riant à gorge déployée, bien décidée à ne pas la lâcher avant un bon moment. Elle était clairement heureuse de retrouver cette végétalienne mangeuse d’œufs et adoratrice de son chat, le très célèbre et bien nommé : Casey.
    _ Bonjour, la saluai-je sobrement, mais tout aussi content de la voir.
    _ Mais qu'est-ce que vous fichez ici ? Questionna la New-Yorkaise en se débarrassant de ma meilleure amie.

     

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    Heaven recula, s'approcha de moi et me prit la main qu'elle serra fort dans la mienne. Je ne dis rien, préférant laissa Heaven parler au risque de m’essouffler si je parle de trop, et être obligé de me trouver un siège dans la minute.
    _ On rentre chez nous, lui dit Heaven en souriant. Notre avion depuis l’Égypte a atterrit ce matin, et notre train pour Bloomington est demain dans la soirée, donc on a décidé de passer la nuit chez toi, car je sais très bien que tu ne refuseras pas de nous loger.

     

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    _ Et bien, vous êtes presque sans gêne tous les deux, rit-elle. Et si jamais, par le plus grand des hasards, ma chambre d'amis était déjà prise, on fait comment ?
    _ Tu ne vas pas laisser un mourant et une femme enceinte sur le pavé quand même ? Bouda Heaven.

     

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    A cette déclaration, Savannah eu ce qu'on pourrait appeler un « bug informatique », et elle se figea, la bouche bée, ce qui provoqua notre hilarité à tous les deux. Annoncer des surprises à certaines personnes était franchement hilarant.
    _ Comment ça « mourant » et « enceinte » ? s'interloqua-t-elle.
    _ Aaron et moi, on va avoir un bébé, ça, c'était pas compliqué à deviner, mais … il est mourant, alors on rentre chez nous. C'est pour ça qu'il parle peu, rien que ça, ça l'essouffle. Donc, je suis son porte parole.

     

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    _ C'est vrai que tu as bien diminué Aaron, remarqua-t-elle, une pointe de tristesse dans la voix. J'aurais espéré te revoir dans d'autres conditions.
    _ Moi aussi, soufflai-je. Mais je ne pensais jamais revenir te voir tu sais …
    Des larmes perlèrent au coin des yeux de Savannah et elle fit quelques pas pour me prendre dans ses bras, et me serrer le plus forte qu'elle pouvait contre elle.

     

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    _ Tu es au courant d'être le plus grand de tous les imbéciles ?
    _ Oui, je sais … Heaven me l'a déjà dit.
    _ Crétin !
    Elle s'accrocha encore plus à moi, cachant son visage dans mon cou. Je posai mes mains dans son dos, le lui frottant du bout des doigts pour essayer de calmer ses sanglots et éviter ainsi qu'elle inonde mon magnifique tee-shirt, j'avais pas envie de refaire une lessive avant de partir.
    _ Savanah, qui est-ce ?

     

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    Je la lâchai alors que j'entendis cette voix d'homme sortir de la maison, ayant un peu peur vu l'intonation qu'elle avait prise, et je pus finalement distinguer le propriétaire de cette voix grave. Brun, cheveux longs, et affreusement baraqué.
    _ Eh mais … tu seras pas le type de la dernière fois, en discothèque ? Celui que Savannah draguait en nous abandonnant à notre triste sort.
    _ Peut-être, dit-il sans visiblement comprendre.

     

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    _ Tu devrais te rappeler de lui, continua-t-elle sur sa lancée en me pointant du doigt. Il t'avait limite agressé parce que tu as eu le malheur d'avoir une parole maladroite.
    _ Ah oui, maintenant que tu le constates. Ravi de vous « revoir », moi c'est Noah …
    _ Mon fiancé ! Sauta aussitôt Savannah sur ses pieds, visiblement heureuse de nous le présenter.
    _ Vous êtes ensemble depuis cette fameuse soirée ? Questionna Heaven, curieuse.
    _ Entrez donc plutôt, nous dit Noah. J'ai cru comprendre qu'on avait pas trop le choix de vous héberger vu vos conditions.

     

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    Il se dégagea de la porte, nous laissa entrer avec nos valises et nous finîmes par nous installer tous les quatre dans le salon. Et l'après midi passa donc ainsi, à discuter tous les quatre dans le canapé. A parler de tout, de rien, à rire. De temps en temps, ils s'inquiétaient de mon état de santé, essayant de pas trop déclencher de fou rire pour que je ne fasse pas de crise respiratoire. Nous avons ainsi appris que Savannah et Noah se marierait au printemps prochain, dans un peu moins d'un an donc, et qu'ils comptaient adopter une petite amie pour Casey, parce que depuis que Noah a déménagé chez Savannah, le pauvre se retrouve tout seul et il se met à bouder.

     

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    Vers la fin de la soirée, Noah était parti travailler, étant donné qu'il est actuellement videur dans une boite de nuit en attendant mieux, et notamment un travail en journée. Puis se fut au tour d'Heaven d'aller s'éclipser, étant donné qu'elle était fatiguée par le trjat en avion, et que demain n'allait pas nous arranger. Elle m'embrassa alors sur la tempe pour aller rejoindre la chambre d'amis où Savannah nous avait à nouveau logés. Il ne restait plus que nous deux dans ce salon, et la discussion s'était vite tarie.

     

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    _ Savannah ? Hélai-je.
    _ Oui ?
    _ J'aimerais te demander un service, tu serais partante ?
    _ Toujours ! Sauf si c'est un truc du genre « Je suis tellement faible que je peux plus me doucher tout seul », ou autre truc du même parfum. Ça c'est non.
    Je ne pus qu'esquisser un léger rire face à sa réaction, ce qui la fit sourire également.
    _ Non non, je ne te demande pas ça, je me débrouille encore tu sais … Je voudrais que tu me prennes en photo en fait.

     

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    _ En photo ? Genre un portrait ?
    _ Oui, mais je ne veux pas que Heaven soit au courant, elle n'approuverait pas.
    _ Si ce n'est pas trop indiscret, je peux savoir tes motivations ?
    Je baissai la tête, je savais que j'avais un sourire niais à ce moment et je préférais le masquer. Pas besoin de me rendre encore plus ridicule que je ne l'étais.

     

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    _ Pour le bébé. Je mourrai bien avant qu'il ne naisse, mais j'aimerais qu'il sache qui j'étais. Voilà, tu peux te moquer de moi maintenant.
    _ Pourquoi je me moquerai, je trouve ça beau au contraire. Tu veux t'impliquer dans la vie de cet enfant, même si tu as conscience de jamais le connaître, je trouve ça tout sauf matière à rire.
    _ Merci, soufflai-je.
    _ Allez, lève toi Monsieur Papa, on passe à côté.

     

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    Elle se leva, tendit le bras vers moi et je m'emparai de sa main, et tout deux nous entrâmes dans le studio photo. Durant de longues minutes, nous cherchions une façon de faire une belle photo tout en faisant attention à ce que je paraisse pas trop mourant ni même malade sur ce cliché.
    _ Je ferais très certainement des retouches pour cacher ton visage bien creusé et tes horribles cernes.
    _ Oui madame.
    Elle m'installa, et je me retrouvai alors accroché à une bibliothèque, me permettant de me tenir au meuble, sans pour autant que l'on se rende compte que c'était l'utilité première de cet élément de décoration. Je ne bougeai plus, regardai vers l'objectif, bien que me vision se troublait par la fatigue.

     

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    _ Et sinon, par curiosité, tu as des idées de prénoms ? Me demanda-t-elle en bidouillant son objectif.
    _ Oui, mais pour une fille seulement …
    _ Oh, et j'ai le droit de savoir ?
    Je m'arrêtai un instant, un léger sourire s'afficha sur mes livres et regardai l'objectif, heureux.

     

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    _ Mélie.
    *CLAC*

     

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