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    Je me suis trimballé Cathe toute la matinée, et même à la pause midi, ce qui a finit par me rendre totalement dingue, à un point tel que je me retrouve assis, dans le couloir du deuxième étage, entre les casiers, Cathe à mes côtés, bien sûr pour pas changer, me poignardant de milliers de question, sur moi, et sur le lycée, bien sûr.
    Et combien il y a de salles de classe ? Et pourquoi j'ai redoublé ? Bah quoi, personne n'était au courant. Étant né en novembre, si j'avais pas redoublé, j'aurais que dix sept ans les couillons, ralalalala, faut tout vous apprendre.

     

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    - On peut emprunter les livres au CDI pour combien de temps ?
    - J'en sais rien moi ... t'as qu'à demander à la documentaliste, la Catialine là.
    - Ah, j'irais voir plus tard alors, dit-elle, toujours en souriant. Sinon, tu la connais depuis combien de temps Heaven ?
    - Depuis que je suis gosse, on a grandit ensemble, nos mères se connaissaient. T'en as d'autres des questions de ce genre ? grognai-je.

     

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    - Oui, quand vas-tu arrêter de grogner ?
    - Et toi, quand vas-tu arrêter de te foutre de ma gueule ? cinglai-je.
    - Je me fous pas de ta gueule, j'essaye de discuter avec toi et de te comprendre.
    - T'es plutôt soulante.
    - Arrête de grogner, tu veux bien ?
    - Et pourquoi faire ? Ça va changer quoi que je sois souriant ? J'aurais l'air niais !
    - Mais non, t'aurais l'air heureux, c'est bien de sourire aussi.

     

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    Je tournai ma tête vers elle, et vit que Cathe affichait un large sourire tout en me regardant. Je crois que j'ai trouvé pire que Zupprika niveau distributeur de sourire, je pensais pas ça possible.
    - Et moi, je peux te poser une question ?
    - Bien sûr. Tu veux savoir quoi ?
    - Pourquoi tu débarques dans ce lycée, à quelques semaines du diplôme ?
    - Parce que j'en ai marre de rester chez moi à me tourner les pouces ...
    - On peut s'asseoir ? nous coupa une voix que j'aurais préféré ne pas entendre de la journée.

     

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    Alors que je tournai la tête, je vis que c'était Heaven affublée de son nouveau, j'ai nommé Ulyss. Il me détaillait avec son petit sourire satisfait, et Heaven avant l'air dans ses petits souliers, à croire que cet énergumène était plutôt du genre louche, tout ce qu'il fallait pour confirmer mes doutes.
    - Ulyss ! me dit-il en tendant une main vers moi, que j'ignorais totalement.
    - Merci, je connais ton nom, t'es l'attraction du jour avec Cathe.

     

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    - Ah ...
    Nerveusement, il passa sa main derrière sa nuque, cherchant du soutien de la part d'Heaven, seulement manque de pot pour toi coco, Heaven est de mon côté ... enfin, je le crus jusqu'à ce qu'elle s'asseye, invitant Ulyss à faire de même, à mon plus grand désarroi.

     

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    - Il s'appelle Aaron, lui dit-elle. Et vaut mieux pas le chercher.
    - Tu comptes jouer les raconteuses de potins aussi ? Vas-y, je t'en prie, déballe ma vie, je te dirais rien. Je vais faire pareil si tu veux tout savoir, espèce de ... de ...! Rah, je préfère me taire, tu me casses les couilles.
    - Aaron ! s'offusqua Heaven sous le coup.
    - Quoi Aaron ? Je sais comment je m'appelle, merci bien !

     

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    Remonté comme un ressort, je me levai du banc où j'étais assis, bien décidé à partir, et à la laisser avec son Ulyss, son crétin de nouveau.
    - Non, mais attend Aaron ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
    - J'ai rien à te dire, je te laisse déballer ma vie de A à Z, je savais pas que ça te serait utile pour me remplacer tu vois ?
    - Quoi ?
    - Hé là, on se calme, cingla la voix d'Ulyss, grave.
    Je me retournai pour lui faire face, et il avait un visage impassible, loin de l'image niaise que j'avais eu de lui quelques minutes auparavant.

     

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    - Non, mais c'est quoi ton problème ? me demanda-t-il.
    - Mon problème, car tu crois que ça va t'intéresser ?
    - Oui, ça m'intéresse. J'ai cru comprendre qu'elle était ton amie, et toi, tu l'envoies se faire mettre. C'est quoi ton problème ? répéta-t-il, toujours aussi neutre.
    - C'est toi mon problème ! C'est toi qui est en train de me voler ma meilleure amie mon problème.
    - J'ai pas l'intention de te la voler, s'amusa-t-il.
    - Tu vois, tu peux même pas comprendre. Je me casse de là.

     

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    Irrité, je descendis les marches, avec l'intention de me barrer pour l'après midi de ce lycée qui ne sert à rien, mais c'est sans compter sur Cathe, qui me poursuivit, et m'arrêta à l'étage en dessous, étonnée.

     

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    - Tu fais quoi là ?
    - Je me casse, je viens de le lui dire. Tu peux bien te débrouiller seule.
    - Mais ... enfin, la journée n'es pas finie ! déclara-t-elle comme si c'était la nouvelle du siècle.
    - Ça m'empêchera pas de me casser, si tu veux tout savoir.
    - Mais ...

     

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    - Écoute, rétorquai-je, agacé. Si tu veux vraiment savoir un truc sur moi, c'est qu'il vaut mieux pas me comprendre, ou chercher à me raisonner. Je fais ce que je veux de ma personne, quand je veux et où je le souhaite. Et si j'ai décidé de sécher les cours, ça reste mon problème, et t'as intérêt à rester sagement ici, et à surtout pas me suivre.
    - Car tu crois sincèrement que je vais te laisser faire ?
    - Oui, t'as rien à me dire.
    - Mais t'es pas un prince à Aaron, tu fais pas ce que tu veux comme tu veux. y a des règles à respecter.
    - Quand tu vivras ce que je vis, tu feras fi des règles toi aussi. A un de ces quatre ! lâchai-je avant de descendre le reste de marches, et de me ruer vers la cour, pour sauter discrètement par dessus le mur de béton.

     

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    Me reste plus qu'à trouver un endroit où me poser pour l'après midi.