• - 89 -

    Mercredi 19 juillet 2006

     

    - 89 -Mercredi 19 juillet 2006  Il pleuvait encore aujourd’hui, à croire que l’été avait à son tour pris de vacances cette année, nous empêchant de profiter de la chaleur et du soleil, devant nous con

     

    Il pleuvait encore aujourd’hui, à croire que l’été avait à son tour pris de vacances cette année, nous empêchant de profiter de la chaleur et du soleil, devant nous contenter d’un automne pluvieux juste après un printemps capricieux. Le bâtiment vers lequel je me dirigeai se dessinait difficilement devant moi, derrière le brouillard causé par la pluie, mais il me donnait toujours la même impression : celle d’étouffer.
    L’hôpital général de Bloomington était immense, juste assez du moins pour me rendre malade. J’aurais préféré qu’il en fut autrement à vrai dire. Voilà deux mois que j’avais pris rendez-vous, et plus mes pas m’approchait de l’hôpital et plus mon cœur s’emballait, comme s’il se rappelait de tout ce que j’ai vécu dedans, de ces jours d’enfer et d’angoisse, de souffrance et de désillusion.
    Je passai alors les portes automatiques de la pneumo-cardiologie, et me dirigeai aussitôt sur ma gauche, vers les salles d’examen, où m’attendait la remplaçante de mon cardiologue, ce dernier étant en déplacement professionnel en Europe, pour un congrès médical … Une fois annoncé, je m’assis dans la salle d’attente, et retirai la caquette que m’avait vissé Meredith sur le crâne pour m’empêcher d’attraper froid.

     

    - 89 -Mercredi 19 juillet 2006  Il pleuvait encore aujourd’hui, à croire que l’été avait à son tour pris de vacances cette année, nous empêchant de profiter de la chaleur et du soleil, devant nous con

     

    Mon regard s’arrêta sur l’horloge murale de la pièce, m’indiquant que j’avais encore un quart d’heure d’attente devant moi, ce qui parait bien souvent une éternité dans ses cas là, surtout que je savais que ma pile devait être à changer dans quelques temps, cela faisait presque trois ans que je l’avais, on allait très certainement me fixer une date, ne serait-ce qu’approximative, pour ma future opération, ce qui ne m’emballait pas plus que ça.

     

    - 89 -

     

    La porte d’une des salles d’examen s’ouvrit sur une jeune cardiologue rousse, à l’air plutôt sadique à mon plus grand malheur, qui s’approcha de moi, tandis que je jouai avec mes mains pour faire passer ma nervosité. Elle s’approcha alors de moi, son bloc note entre les mains.

     

    - 89 -

     

    - Aaron Hart ? me demanda-t-elle finalement.
    - Oui, c’est moi.
    - Docteur Minaya, me dit-elle en souriant. Je suis la remplaçante du Docteur Brooks en son absence. Si tu veux bien me suivre.
    Elle tourna alors les talons pour entrer dans une des salles, et je la suivis, sans rechigner, bien que mon cœur avait décidé de se la jouer surexcité, manquerait plus que je fasse une attaque maintenant.
    Je m’assis en face de son bureau, tandis qu’elle pianotait sur son ordinateur, cherchant certainement mon dossier.

     

    - 89 -

     

    - Aaron Hart, dix huit ans, né le dix neuf novembre mil neuf cent quatre vingt sept à l’hôpital de Bloomington. C’est bien ça ?
    - Oui, acquiesçai-je en voulant regarder son écran d’ordinateur.
    - Et tu viens pour ton contrôle semestriel, continua-t-elle.
    - Voilà, c’est ça.
    - Bon, et bien … Le docteur Brooks a annulé ton test d’effort pour aujourd’hui, tu n’as donc que l’échographie et l’éléctro-cardiogramme.
    J’acquiesçai de nouveau d’un hochement de tête avant qu’elle ne reprenne la parole et qu’elle ne m’indique la petite salle attenante au cabinet, où se trouvait la table d’examen, mon calvaire.

     

    - 89 -

     

    J’entrai alors à l’intérieur, et fit face au nombre effroyable de machines et de bips de la pièce, avant de me poser à côté de la table, tandis que la cardiologue entrait à son tour, calepin toujours en main. Par habitude, je retirai alors mes vêtements, ne me retrouvant plus qu’en sous vêtements devant cette cardiologue, qui ouvrit des yeux ronds en examinant mon torse.

     

    - 89 -

     

    - Dis donc jeune homme, on ne t’a pas interdit le sport ? me sermonna-t-elle en pointant mes abdominaux.
    - Le Docteur Brooks m’a conseillé de faire du sport régulièrement, répondis-je pour ma défense, bien que je savais que mon niveau en sport était loin d’être celui d’un malade dans mon genre, à mon niveau, c’était de l’inconscience, et elle n’avait pas l’air dupe.
    - Mouais, tu vas essayer de te calmer, tu dois éviter les exercices trop physiques, je veux bien croire que les filles aiment les hommes musclés, mais tu vas arrêter de faire le paon.
    - Moui, lui dis-je, peu enthousiaste, ayant déjà pris un certain goût à mon sport quotidien.
    - Allez, allonge-toi, que je vérifie tout ça.
    Et sans rechigner outre mesure, je m’exécutai, tandis qu’elle me branchait de tous les côtés.