• Epilogue

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    Parce que la vie n'est pas toujours aussi aisée qu'on le croit, on finit par sortir les armes pour se battre, les boucliers pour se défendre, et on garde nos pieds pour avancer. La tête toujours haute, droit devant, on essaie d'oublier nos erreurs pour continuer à avancer, on regarde autour de nous, on voit les personnes qui partagent notre vie, et on avance. A moins, que l'on décide d'ancrer nos pieds dans le sol, pour ne plus bouger, et les regarder avancer, sans nous, vers ce qui nous semble quelque chose de mieux.

    Mes pieds se sont enlisés d'eux même alors que je me battais pour avancer, alors que de toute mes forces, j'essayais de rejoindre ce groupe qui ne cessait de poursuivre leur chemin sans m'attendre. Alors j'y suis resté, pour les empêcher de se retourner, pour les empêcher de venir me sortir de mes sables mouvants. Et je les ai regardé avancer, droit devant eux, vers ce qu'on appelle l'Avenir.

    Cet avenir dont je ne voulais plus faire partie, parce que je savais que ma place n'était pas là bas, mais ici, enlisé, à profiter de ce qui était autour de moi. Ancré dans le présent, à vouloir le prolonger plus longtemps possible pour ne pas devoir mettre un seul pied dans l'avenir.
    Ainsi donc je n'ai plus bougé, et c'est comme cela que je suis aujourd'hui. Ancré dans un présent si ténu que dès que l'un d'entre eux posera sur moi un regard différent de celui qu'on porte à un frère, à un ami, à un amant, je deviendrais le passé.