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La salle de concert avait fini par se vider progressivement, loges comprises, pour ne laisser sur place que les loueurs officiels de la salle : les Alive!. Et autant dire que l’ambiance parmi eux était des plus électriques, notamment en ce qui concernait la leader officieuse, Alana.

Méandre, Samuel et Kaoline étaientt tous les trois assis sur l’unique canapé de la pièce, le jeune homme entouré de ses amies, les bras étendus sur le dossier du canapé, et un sourire hilare sur les lèvres. Méandre soupirait en regardant Alana gronder, et Kaoline rejoignait son meilleur ami dans l’excentricité. Quant au leader officiel, Grimm, il faisait office de punching-ball verbale pour sa petite-amie.

 

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- Je vais les tuer, recommença-t-elle, écumant de rage en pointant la porte qui menait à la scène. Je vais les buter Grimm, et ils ne vont rien comprendre ! Pourquoi est-ce qu’ils ont sorti Unstoppable cette semaine ? Ça ne devait pas être avant un bon mois !

- Pardon ? demanda Grimm. Je peux savoir ce que tu insinues là ?

 

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La jeune femme aux cheveux bleus regarda son petit ami, les bras croisés et la mine d’autant plus renfrognée. Grimm comprit assez vite. Elle avait fait sa fouine et avait réussi à espionner leurs principaux concurrents. Il se tourna alors vers ses amis assis, notamment vers ses Tic et Tac à lui, Kaoline et Samuel, inséparables.

- Qui a cafté ? Gabriel ou Kurt ?

 

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- Tu crois vraiment que je cuisinerai Gabriel ? demanda Sam, outré qu’on suggère qu’il soit aussi peu loyal. Tu me déçois Grimm.

Ce dernier tourna la tête vers Tic, fronçant d’autant plus les sourcils. Au moins Kaoline verrait son mécontentement.

- Moi ? Kurt ? Désolée de te décevoir, mais il n’a qu’une hâte, c’est de nous écraser. Il ne me donnerait même pas un quignon de pain si ça risquait de les faire perdre. Et puis, je ne cause pas boulot à la maison, ajouta-t-elle avec œillade.

- Eurk, fit Méandre avant de rire.

Son rire attira aussitôt le regard de Grimm. Méandre écarquilla les yeux, non mais il ne pensait quand même pas qu’elle aurait eu un moyen quelconque de leur extorquer des informations ?

 

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- Pourquoi tu me regardes ? Je ne suis pas comme cul et chemise avec les Ephemeria.

- Et le batteur ? lança Sam à la dérobade.

- Quoi le batteur ? dit-elle en rosissant.

- Il te reluque, compléta Kaoline. Ca pue les phéromones à plein nez.

- Mais ça ne va pas ? Il ne me reluque pas, et même s’il le faisait, je ne les prends pas au berceau. Pas comme certains, ajouta-t-elle en regardant Kaoline du regard et poussant Samuel du coude.

- Au berceau hein ? Tu ne les prends pas tout court, lâcha Samuel avec un rire mesquin.

Méandre gronda. Elle savait qu’il n’en pensait rien, et puis, Méandre vivait plutôt bien son célibat. Elle n’avait pas le temps de toute façon. Ses frères lui prenaient tout son temps. Mais la pique faisait mal malgré tout, et elle baissa la tête sans rien dire. Samuel capta le silence de son amie, et la prit dans ses bras. Il s’en voulait, ses mots avaient dépassé sa pensée. Il pensait faire un trait d’esprit – c’était son « talent » de raconter des blagues et d’être lourd – mais il avait été méchant et elle ne le méritait pas.

- Excuse moi Min’. Je n’aurais pas dû te dire ça, je ne le pensais pas.

- T’inquiète, dit-elle avant de l’embrasser sur la joue et de poser sa tête sur son épaule.

 

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La conversation se concentra de nouveau sur Alana et sa carrière de fouine. Cette dernière avait été plutôt contente de ne plus être le centre de l’attention, jusqu’à ce que Grimm revienne à la charge. Elle poussa alors le plus long soupir de l’humanité et leva les yeux au ciel avant de répondre à Grimm.

- J’ai un vélo.

Le brunet, ne comprenant pas où voulait en venir Alana l’enjoignit à continuer d’un geste des mains. Evidemment qu’elle avait un vélo, tout le monde le savait, elle n’avait pas le permis et n’avait pas les moyens de s’acheter un scooter.

- Bah je pédale et je vais loin avec, continua-t-elle.

Elle n’avait pas vraiment envie de dire à voix haute ce qu’elle avait fait. Si ses amis pouvaient juste comprendre, ce serait génial. Mais Grimm croisa les bras, et continua de la regarder longuement, et lourdement, ce qui fit trembler Alana.

- Je suis allée à une de leur répète, voilà.

Elle bougonna, croisa les bras et regarda le sol. Elle n’était pas fière, mais ça lui avait déjà été utile d’espionner leurs adversaires, et surtout ceux-là. C’était la première fois que ses séances d’espionnage ne lui apportaient rien.

 

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- ALANA ! hurla Grimm. Mais tu réalises ce que tu as fait ? Imagine que tu fasses ça si jamais on se retrouve à l’Eurovision !

- On n’ira jamais à l’Eurovision Grimm. Ils ne prennent que des groupes de merde pour ne pas avoir à payer l’organisation à l’Eurovision l’année suivante.

- Ce n’est pas le sujet ! N’importe quel concours, peu importe lequel, impose le sérieux. Et l’espionnage, ce n’est pas sérieux. Ni fairplay.

- Mais on s’en fout, ils n’ont rien vu et ils ont failli nous rétamer. Je ne recommencerai pas si ça continue.

- Evidemment que tu ne recommenceras pas. Et tu iras même t’excuser.

 

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- JAMAIS ! beugla à son tour la chanteuse.

- Alors je me trouve une autre chanteuse. C’est à prendre ou à laisser. Si tu ne t’es pas excusée auprès des Ephemeria d’ici la prochaine battle, tu quittes le groupe, lui dit-il fermement.

- Tu n’as pas le droit de faire ça, c’est mon groupe.

- Je suis le leader, je prends les décisions et tu n’es qu’une voix. Assume tes responsabilités et va t’excuser.

 

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Alana vira rouge de colère. Elle s’approcha de Grimm, lui claqua la joue férocement avant de lui hurler de toute sa puissance à la figure, espérant que ça le rende sourd. Grimm serrait les dents, et les doigts. Il ne pensait pas ce qu’il disait. Alana n’était pas juste une voix. Mais elle était capricieuse et puérile, et elle devait prendre sur elle. Alors autant qu’elle hurle. Elle sera aphone pendant une semaine, voir jusqu’à la prochaine battle. Et elle n’aura plus qu’à s’excuser pour remonter sur scène.

La diva, après cette expression de colère, récupéra ses affaires et prit la direction de la sortie des loges. Une fois devant la porte elle se tourna vers son leader, le regard mauvais.

- Ne t’avise pas à rentrer à la maison ce soir. Je ne veux plus te voir.

Et elle claqua la porte théâtralement. Grimm expira, et perdit quelques centimètres par la même occasion, avant de se laisser tomber sur le petit fauteuil du salon. Il bascula sa tête en arrière, ses mains dessus pour se remettre de ses émotions.

 

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- Eh mec ça va aller ? lui demanda Samuel une fois que toute la pression était retombée.

- Mais oui, elle va hurler, pleurer, peut-être se faire consoler par Rizzio, puis elle va venir me chercher car elle va avoir froid cette nuit. Je ne m’inquiète pas pour ça, tant que ça peut la faire réfléchir.

- Comment tu fais pour suivre, et survivre surtout ? demanda Kaoline. Tu m’étonnes à chaque fois.

Méandre regarda Grimm, et échangea un petit sourire. Elle savait pourquoi, parce qu’ils n’étaient que tous les trois depuis les origines. Certaines facettes de la personnalité d’Alana ne pouvaient pas se laisser voir à moins d’y porter attention depuis des années. Grimm et Méandre avaient cette faculté. Grimm sourit à Méandre, avant de répondre à Kaoline.

- Ma recette : de la patience, de la patience, une pointe de patience, et peut-être un peu d’amour quand même.

 

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- Le niais, répondit Samuel avant d’exploser de rire.

Il fut suivi par les trois autres membres de la bande, qui finirent par oublier les hurlements d’un peu plus tôt. Ils se levèrent alors, Sam proposa de payer sa tournée au PQP pour fêter leur victoire, et ses trois comparses approuvèrent avec entrain ce programme de fin de soirée.

 

 

 

 

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