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Je fulminais sur mon balcon, à faire les cent pas, guettant l'arrivée de mon « petit ami » qui allait bien tôt se transformer en ex-petit ami, et j'espère que cette appellation lui plaira car j'ai tout sauf envie de l'appeler autrement. J'étais plus énervée qu'autre chose, et aucune larme ne se préparait à rouler sur mes joues, bien loin de ce que je m'étais imaginée quand des femmes découvraient l'infidélité de leur homme. Rien de tout ça, juste de la haine à lui cracher à la figure, toute ma déception, alors que je lui faisais confiance. Mais j'aurais du me douter de quelque chose, je le sentais de toute façon, sa réaction de tout à l'heure aurait du me mettre sur la piste. J'étais tombée de haut, la chute a été certes courte, mais violente. Et j'avais le cœur littéralement en miettes, me demandant comment j'allais faire pour tout recoller le plus vite possible, car je ne comptais pas me laisser abattre, encore moins par un garçon.

 

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« Mais c'est ton meilleur ami ! » me répétait une petite voix dans ma tête, « tu ne peux pas l'oublier comme a. » Et cette voix n'avait pas tout à fait tort. C'est comme en vouloir à ma mère d'avoir refait sa vie avec Drew, je l'aime trop pour lui en vouloir plus de dix minutes, et avec Priam, ce sera très certainement pareil, et c'est cette réalité qui me fit pousser un long et déprimant soupir, juste au moment où monsieur l'adultère grimpait le long de mon mur pour atterrir à mon balcon.

 

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- Tu peux me dire ce qu'il se passe pour que tu gueules comme ça au téléphone ? S'emporta-t-il ensuite.
Ni une ni deux, je m'approchai de lui, et d'une main vigoureuse, lui assénait une solide claque sur la joue, tout en serrant les dents pour m'empêcher de hurler toutes les insultes qui me venaient en le regardant. Il porta sa main à sa joue, sous le choc tandis que je massais ma paume endolorie par la violence du coup, je n'étais pas habituée à frapper, et encore moins un type bien plus grand et solide que moi.
- Putain Mélie ! Tu m'expliques là ?!

 

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- T'as même pas la moindre idée ?! Espèce d'ordure ! Connard ! Enflure ! Lui hurlais-je au nez.
- Mais calme-toi et parle moi au lieu de me hurler dessus, tu vas alerter ta mère !
- J'en ai rien à cirer si elle se rameute vu que je veux plus te voir ! Je te largue, comme ça, en te hurlant dessus comme le chien que tu es et qui saute sur tout ce que tu bouges ! Continuai-je de plus belle. Tu me répugnes Priam ! Je te faisais confiance moi merde, tu sais ce que ça veut dire au moins ?!
- Mais qu'est-ce que t'alambiques toi ? Reprit-il, comme si il était littéralement innocent.
- Drew t'as vu, avec une blonde, la même que la dernière fois je suppose. Merci de me tromper et de sauter des filles dans mon dos pour évacuer tes pulsions, je te remercierais jamais assez !

 

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Il recula d'un pas, sentant très certainement ma colère arriver jusqu'à lui, ce qui lui risquerait sûrement la vie. Toute son attitude me montrait qu'il était innocent, ses gestes calculés, mesurés, son expression de panique, de pauvre gars complètement perdu et harcelé par sa copine, mais ses yeux ne mentaient pas, eux, et avaient tout pour me prouver que je m'étais fait avoir comme une imbécile, que j'avais été idiote de croire en lui … et sans que je ne contrôle quoi que ça, mes larmes roulèrent sur mes joues, et je cachais mon visage entre mes mains, voulant masquer mes sanglots et ma naïveté.
- Mélie … souffla-t-il en s'approchant de moi et je tendais alors mes bras vers lui, la tête baissée et les tendais droit, mes mains posées sur son torse pour l'empêcher d'avancer.

 

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- Sois honnête avec moi pour une fois dans ta vie, repris-je. Avoue que tu m'as trompé et on en restera de là tous les deux, je te ferai plus de scène, je … Avoue au moins ça.
- Je …
Il n'ajouta rien et son silence répondit à ma question et me broya intégralement ce qui me restait de cœur dans la poitrine, le réduisant en poussière. Un nouveau sanglot remonta la long de ma gorge et j'essayais de le retenir, ne voulant pas craquer une fois de plus devant lui, j'ai déjà tenu plus que je ne pouvais.

 

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- Va-t-en Priam, s'il te plaît. Et ne cherche pas à me joindre pour le moment … Je t'idéalisais, mais t'es comme tous les autres mecs en fait … Et t'inquiète pas pour mes recherches, je saurais me débrouiller sans toi.
Il fit un nouveau pas vers moi et força sur mes bras pour que je le lâche, et je n'avais plus la force de le repousser. Il se contenta simplement de me prendre dans ses bras et de cacher son visage contre mon épaule, me serrant contre lui le plus fort possible.

 

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- Va-t-en, me répétai-je. T'as voulu jouer et tu m'as perdue, va-t-en.
- Je voulais pas te faire de mal Mélie, je te le jure, souffla-t-il en me serrant encore plus contre lui. Pardonne-moi, je t'en prie.
- Jamais. Alors tu me lâches et tu vas la retrouver ta blonde. Moi j'ai juste pas besoin de toi …
Il me lâcha puis me détailla, essuyant mes larmes de son pouce, le regard triste mais qui de nous deux serait le plus triste dans cette histoire hein ? Et sans un mot de plus, il descendit de mon balcon, m'y laissant seule. Je me ruai alors dans ma chambre et m'écroulais en pleurs sur mon lit. Je hurlais toute ma peine.

 

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Je ne me croyais pas triste, vraiment pas. Je ne pensais pas que ça ferait si mal, que j'aurais autant envie de hurler, de pleurer et de tout casser. Je serrais mes poings sur mon édredon doré, hurlant tout ce que j'avais sur le cœur, ma voix brouillant tous les sons autour de moi, à point tel que je ne me rendis compte de la présence de Drew seulement quand il me prit dans ses bras pour me calmer et m'empêcher de hurler.

 


- Mélie … calme-toi, me murmurait-il tout en me berçant alors que mes doigts s'accrochaient à sa chemise, mes sanglots m'empêchant de parler, tandis que je noyais sa chemise de larmes en tout genre.
Dans ses bras, j'arrivais à me calmer, à reprendre le contrôle de moi même et de mes larmes. Je m'étais pourtant dit que je ne pleurerais pas pour lui, qu'il ne le méritait pas. Mais je n'y arrivais pas. Il m'avait réellement blessée et déçue, je m'étais laissée embobinée par ses beaux yeux et sa carrure d’Apollon, par sa bouille d'ange, par sa gentillesse. Il était finalement trop parfait pour être vrai, et je crois que j'aurais préféré qu'il le soit moins, mais qu'il soit au moins fidèle. Je me sentais inutile, comme un jouet … n'était-ce pas par ce mot que papa se désignait lui aussi ? Comme un jouet, dont on s'est servis pour ensuite ne pas hésiter à lui faire du mal.

 


- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Me demanda Drew en me gardant contre lui. Tu peux me parler tu sais …
Je me tus, je n'avais pas envie de parler, encore moins de ça. Même si j'aurais aimé me venger de lui, réellement. Dire à tout le monde qu'on sortait ensemble, qu'il m'a fait souffrir... Mais je me suis retenue. La violence n'arrange malheureusement pas tout, et ça, je le sais.

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