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- Paris, c'est la ville du bonheur ! Chantonna Heaven en se promenant sur le bord de la Seine, une bouteille de bière à la main.
Comment vous dire clairement ce qu'il se passe, sans vous choquer …. Heaven est soûle. Je peux pas faire plus simple comme explication. Elle a bu comme un trou, on est allé prendre l'air et là je guette les flics qui pourraient éventuellement se pointer pour la coffrer et la mettre en cellule de dégrisement, pour acte d'ivrognerie sur la voie publique, ou un truc dans le genre. Et ça risquait de faire mal. Sauf que je me vois plutôt mal rentrer à l’hôtel avec Heaven dans un état pareil, autant qu'elle chante dehors. Et puis, si elle m'agresse, je la balance dans la Seine, au moins c'est rapide et efficace comme moyen de défense.
- T'approche pas de l'eau Heaven, soupirai-je en l'attrapant par la main. Mais qu'est-ce qu'il t'a pris de boire autant ?

 

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J'empoignai fermement son bras et le passai au dessus de mes épaules pour la traîner jusqu'à un banc pas loin, même s'il fallait que je grimpe un certain nombre de marches avec un poids mort sur les épaules.
- Je suis amoureuse …. se mit-elle à pleurer ensuite.
Je crois que je la préférais encore quand elle chantait, c'était moins déprimant. Et j'ai pas très envie de l'entendre me parler d'Ulyss alors qu'elle soûle, elle serait bien capable de tout me déballer, y compris ce que je n'ai pas envie de savoir … En fait, surtout ce que je n'ai pas envie de savoir. Normal, j'ai pas de chance à ce jeu là.

 

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- Même que c'est mon meilleur ami, mais lui il m'aime pas …
La nuit allait être longue. Elle va se plaindre de moi maintenant, je vais jamais m'en sortir. Je me contentais d'acquiescer en continuant de gravir les marches, alors qu'elle pleurait toujours, s'accrochant à moi. Je n'étais plus seul à supporter son poids, heureusement qu'elle sait se montrer coopérative.
Je l'installai finalement sur un banc, lui remettais ses fringues comme il fallait pour que rien de ce qui ne doit dépasser ne dépasse, et m'assit à côté d'elle.

 

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- De toute, il aime une menteuse et une hypocrite …
- Nan mais je te permets pas dis-donc. On se calme l'ivrogne, tu laisses Meredith en dehors de ça, c'est moi le menteur et l'hypocrite de toute façon...
- Elle va se marier, dit-elle en partant d'un éclat de rire avant de replonger son nez dans sa bière.
C'est bon, on l'a définitivement perdue, paix à son âme. Je me laissai tomber contre le banc, ma tête en arrière et regardai les étoiles, me demandant où elle avait bien pêcher cette histoire au sujet de Meredith. L'alcool et Heaven, ça ne faisait pas vraiment bon ménage en cette soirée d'avril.
- Tu crois qu'il va me demander en mariage ? Me demanda-t-elle en regardant dans le fond de sa bouteille. J'aimerais bien, Heaven Hart c'est bien, ça fait HH … J'aime bien bouder HH …

 

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Et subitement, elle se pencha en avant et rendit tout le contenu de son estomac sur le trottoir, sous mes grimaces. Mmmh, la féminité à l'état brut façon Heaven, c'est très charmant. Et elle fondit à nouveau en larmes, un vrai torrent, elle pourrait remonter le niveau de la Seine à ce rythme, enfin, je dis ça, je dis rien n'est-ce pas ? Je me levai, contournai la flaque peu appétissante, et pris Heaven dans mes bras. Elle se cacha contre mon cou, pleurant encore un peu mais rien de comparable. Rah les émotions changeantes, c'est pas mon trip en ce moment. Je me dirigeai alors vers l'hôtel, et en cours de route, elle s'assoupit et ronflait doucement contre mon cou.
- Je suis amoureuse de Aaron Hart madame … murmura-t-elle dans mon cou.

 

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Ces quelques mots me firent sourire, puisque je le savais déjà, mais les entendre de sa voix, et non pas de celle de mon frère me faisait plus plaisir encore, même s'il me pinçait le cœur, en me disant que je ne l'aimais pas comme elle m'aimait.
J'arrivai finalement à l'hôtel, d'humeur plus ou moins maussade, Heaven parfaitement endormie dans mes bras et grimpai à notre étage, où je l'allongeais sur son lit après l'avoir changée pour la vêtir d'un pyjama. C'est pas comme si je ne l'avais jamais vue après tout. Après un timide baiser sur son front, je me changeai à mon tour et me glissai sous les draps frais, la tête tournée vers elle et la regardai, l'air de rien, ou du moins, l'air un peu coupable quand même.

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