Chapitre II
Tombée du ciel ...
De nos jours, quelque part sur la côte Est des Etats-Unis d’Amérique.
Je vais la tuer ! Croyez-moi, je vais la tuer. Elle et son air de sainte Nitouche qui arrive à obtenir ce qu’elle veut de moi. Je vous promets, elle ne va pas s’en tirer comme ça cette saloperie de rouquine verdâtre ! Me voilà donc obligé de courir pour arriver au magasin avant la fermeture ! Non, mais quelle tête de pioche, oublier les courses dans un moment pareil : le frigo était vide, et elle oublie les courses à la supérette, non, mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

La porte du magasin me fut maintenant visible, et j’accélérai ma course pour arriver le plus vite possible à l’intérieur, c’était une question de vie ou de mort, oui, je crevais de faim ! Les yeux fermés, la tête balancée en arrière et haletant, je me ruai sur cette porte … que je me pris de plein fouet, me retrouvant le cul par terre sur les dalles. Je vais la buter ! En faire de la chair à saucisse, je sais pas moi !

_ Besoin d’aide ? me demanda une voix alors qu’une main bienveillante se tenait devant moi.
Je ne réfléchis pas plus longtemps et acceptait cette aide qui était plus que bienvenue pour me relever, rageux d’être arrivé trente secondes en retard.
_ Je m’appelle Medphis, me dit l’homme qui venait de m’aider.
_ Enchanté, Jaicen, lui dis-je en époussetant mon pantalon.
_ Vous alliez faire des courses ? me demanda-t-il en indiquant la supérette qui était fermée.

_ Récupérer les courses que mon imbécile de coloc’ a oublié, le corrigeais-je. J’ai plus qu’à la manger rôtie pour la punir, et ne pas me laisser mourir de faim pour la soirée.
J’inclinai alors la tête devant lui, avant de tourner les talons pour rentrer à l’appartement, décidé à ne faire qu’une bouchée de Juliet en arrivant, elle allait tâter du Jaicen énervé, et ça n’allait sans doute pas lui plaire, mais grand bien lui fasse, ça lui remettra peut-être les idées à l’endroit.
_ Eh, attendez ! me héla l’homme ce qui me fit me retourner.

_ Mmh ?
_ Votre colocataire, elle n’aurait pas les cheveux roux et verts par hasard ? me demanda-t-il.
_ Euh si, pourquoi ? Vous la connaissez ? Me dites pas que c’est un privilège, il ne vaut mieux pas la connaître, ris-je.
_ Non non, mais elle a oublié un cabas, je suis caissier ici, pour la saison, attendez, je vais vous le chercher.
Il s’éclipsa aussitôt, me laissant seul dans la rue à attendre qu’il revienne avec mon précieux chargement. Elle va peut-être s’en tirer cette fois, je la mangerais plus tard, petite fringale nocturne. Je fus vite coupé dans mes pensées par Medphis qui s’approchait alors de moi, un sac en papier empli de victuailles entre les bras.

_ Et voilà, me dit-il en me le tendant.
_ Merci beaucoup, le remerciai-je aussitôt.
_ De rien, me sourit-il. Bonne journée Jaicen.
Il partit à l’opposé de ma direction, que je repris pour rentrer à l’appartement, que j’occupais avec cette tête en l’air de Juliet. Oh, mais quel malpoli je fais, je ne me suis pas présenté.

Je m’appelle Jaicen Zeira, j’ai vingt quatre ans. D’origine antillaise, je suis né de parents métis avec la peau complètement blanche, et les yeux rouges, avant que mes cheveux blancs ne décident de pousser, au plus grand désespoir de mes parents, qui m’abandonnèrent quand ils remarquèrent la monstruosité qu’ils avaient mis sur Terre. Donc me voilà, sur la côte Est des USA depuis mes dix ans, depuis mon adoption par un couple de blancs qui m’aimèrent comme leur propre fils malgré mes problèmes de génétique. Je suis albinos, et ça effraie pas mal de monde, sauf ma meilleure amie/ennemie et colloc, j’ai nommé Juliet Kingston. Si vous ne la connaissez pas, tant mieux pour vous. Juliet est une rouquine, obsédée par ses cheveux qu’elle trouve laids, de vingt quatre ans, tout comme moi, complètement surexcitée mais totalement fainéante paradoxalement. On ne sait jamais ce qu’elle va nous faire, si on aura le droit à la Juliet pile électrique ou à la Juliet mollusque, ça se joue presque à pile ou face, ce qui fait d’elle quelqu’un d’énervant.
Bref, me voilà enfin devant l’immeuble dans lequel je loue un appartement, seul, puisque Juliet s’est incrustée tel un parasite dans MON antre. Bon, je ne vais pas me plaindre, ça me fait de la compagnie, et c’est toujours ça de bon à prendre.
_ Juliet ! Je suis rentré ! lançai-je en entrant dans l’appartement, où je la découvrais, assise devant la télé avec un paquet de chips méchamment entamé.