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Epilogue (5)

 

Epilogue (5)

 

 Pourtant, dans un recoin de l'instrument, je découvris un simple bout de papier, tellement discret que je ne l'avais jamais remarqué. Je tirais alors dessus, m'attendant à ce qu'il serve de cale pour la batterie et que tout s'écroule quand il en serait extirpé, mais rien ne se produisit. Et le papier me resta dans la main. Fébrilement, je le dépliai, et eut un hoquet de stupeur en réalisant de qui il émanait, rien qu'à l'écriture. Spencer.

 

« Tu auras mis combien de temps à trouver ce vulgaire bout de papier mon Andrée ? Deux jours ? Deux mois ? Deux ans ? Mais le principal, c'est que tu le lises un jour où l'autre.

Je n'ai rien de joyeux à te raconter, si ce n'est que je t'aime. Je ne crois pas que ça soit une nouveauté pour toi.

Mais voilà, si tu trouves cette missive, c'est que je suis très probablement mort en ce jour de nouvel an. Tant mieux, voilà ce que je me dis.

Andrée ... Andy... Ne m'en veux pas, ne me juge pas, et surtout, ne dis pas que tout est de ta faute. Si au jour d'aujourd'hui, je ne suis plus avec toi, c'est par choix de ma part. Je savais très bien ce qui allait se passer, et je le voulais. Uniquement pour que toi, tu puisses vivre, et échapper à tout ça. Moi mort, ils n'avaient aucune raison de te toucher.

Je t'aime.

Spenc' »

 

Epilogue (5)

 

 Je l'ai lu trois fois, sans comprendre.

Sauf cette affreuse vérité : Spencer s'est tué. Pour que moi, j'ai la vie sauve.

Il ne s'est pas rendu compte que sa mort provoque un peu plus la mienne chaque jour ?

Chaque jour loin de lui me rend dingue. Complètement folle.

 

Epilogue (5)

 

 Je ne sais pas comment, mais me voilà en train de donner de violents coups de pieds dans la batterie, y évacuant ma rage autant que je le pouvais, hurlant des « imbécile » « idiot », ou encore « crevard » dans toute la pièce.

_ Tu n'es rien de plus qu'un crevard, dis-je finalement en m'écroulant au sol, en pleurs.

Je m'étais pourtant jurée de ne plus pleurer.

 

Epilogue (5)

 

 _ Je suis désolée An. Je n'ai plus aucun espoir, soufflai-je en me levant difficilement, avant de me diriger doucement vers la sortie de l'appartement, contempler le ciel d'un peu plus près.

 

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