
Nate descendit les escaliers en cette fin d'après midi. Après avoir passé deux heures à regarder le paquet qu'il venait de faire, il se disait qu'il était temps de retrouver cette très chère Madame Tanner, vieille bique, qui devait lui trouver un travail, et toujours sans succès, aucun.

_ J'y vais Emi, lâcha Nate.
_ Pas de problème, lui répondit Emilie, enlacée par Emiel dans le canapé de l'entrée.
_ Merde Nate, lui dit Emiel.
_ Ouais, il en faut. J'ai pas de chance avec mes jobs.
_ Celui là, ce sera le bon, je croise les doigts pour toi …
_ Moi aussi !
_ Ouais, on y croit dur comme fer.

Nate esquissa un bref sourire avant de sortir de la maison, écharpe autour du coup et attaché case dans la main, le précieux paquet dedans. Cette fois-ci, bien décidé à le mettre dans la première boite aux lettres qu'il trouverait. Il comptait tourner la page, écrire un nouveau paragraphe. Et la première chose à faire, c'était de se débarrasser de ce collier.

Très vite, Nate fut rendu à l'agence, dépité comme à chaque fois qu'il venait ici, et aujourd'hui n'allait pas changer pour un rond. Il sentait que sa journée serait pourrie, et il en était persuadé. Mais c'est quand on croit que tout est perdu que l'on a la plus belle des surprises.

Très vite, Nate fut rendu à l'agence, dépité comme à chaque fois qu'il venait ici, et aujourd'hui n'allait pas changer pour un rond. Il sentait que sa journée serait pourrie, et il en était persuadé.
Mais c'est quand on croit que tout est perdu que l'on a la plus belle des surprises.

La salle d'attente était vide, à une exception près.
Une brunette, d'une petite vingtaine d'années, assise sagement sur l'un des fauteuils en dur de la pièce. Nate dévisagea la jeune femme, voulant lui donner un nom. Généralement, à l'ANPE, on se connaît tous, c'est toujours les mêmes qui reviennent.

La jeune femme leva les yeux et Nate eut une surprise en reconnaissant la jeune femme : la folle qui le suivait partout.
_ Waly ? S'interloqua-t-il. Bah, qu'est-ce que tu fous ici ?
_ 'viens de me faire virer, dit-elle, dépitée.
_ C'est moche … soupira Nate en s'asseyant.
_ Ouais …

Nate s'installa à côté de la jeune femme et un long silence s'installa, un silence lourd et pesant, ce genre de silence qui nous gêne et dont on a bien envie de se débarrasser au plus vite. Et c'est dans cette optique que Nate ouvrit la bouche.

_ J'aime bien ta nouvelle coupe.
_ Ah euh … merci, répondit la jeune femme. J'ai décidé d'abandonner le violet.
_ Tu étais très belle en violet aussi tu sais.
_ Merci …

_ Tu t'es encore fait virer ? Demanda-t-elle.
_ Hein ? Ah, non. C'était un travail pour deux semaines, Tanner devait me trouver mieux pendant les deux semaines où je bossais.
_ Ah, ok.
_ Moi, je sais même pas ce qu'elle pourrait me proposer... Je sais rien faire de mes dix doigts, je vais finir caissière.
_ Tu faisais quoi avant ?

_ Ah, j'étais dans une super boîte avec de bons salaires, en même temps, quand on voit la gueule de mon appartement. J'étais la compta de la boîte, j'ai qu'un bac S. Ma place était surpayée, mais moi, ça m'allait. Mais la boîte a fermé il y a deux jours, et pour faire un moins gros scandale, ils nous ont viré au fur et à mesure. Dépôt de bilan.
_ En même temps, si tu me dis que tu étais plutôt bien payée pour ton poste, c'est pas étonnant.

Une jeune femme ouvrit une des portes vitrées de la salle d'attente et sortit de son bureau.
_ Mademoiselle Marine Etienney ?
_ Oui. A plus tard, rajouta-t-elle à l'adresse de Nate.
_ Je t'attends après mon rendez-vous.
_ Ok, je fais de même.

Et la jeune femme s'engouffra dans le bureau, juste au moment où la vieille Tanner sortit à son tour de son bureau.
_ Nate Handers ?
_ Ouais.

La vieille Tanner était très belle derrière ses rides, jeune, elle a sûrement été un pur canon ! Ses quelques rides gâchaient son visage, mais elle, au moins, n'avait pas honte de ses cheveux blancs, soigneusement entretenus.

Nate se leva avant d'entrer dans le bureau, sacoche en main, bien décidé à décrocher le job de ses rêves, avec en prime, à la fin du mois, un salaire bien rond, plein de zéros et tout ce qui pourrait faire de lui un homme heureux.