
Je sais pas combien de temps j'ai vécu là-bas.
Maintenant, je sais que ça fait cinq ans, mais quand tu es enfermée dans une chambre minuscule, avec aucun contact avec l'extérieur, tu ne sais pas quel jour tu vis.

De temps en temps, j'avais de la visite, mais pas de celle que j'espérais.
C'était toujours des salauds en manque qui abusaient de moi.
Finalement, je n'étais qu'un genre de poupée pour eux.

Ils venaient dans ma chambre, faisait ce qu'ils avaient à faire avec moi, parfois même à plusieurs, puis me laissaient sur le sol, humiliée, anéantie.
Mais dans tous ces visages, je n'avais jamais vu Jason, ou l'homme qui m'avait ordonné de m'habiller.

Je ne peux pas te dire à partir de quand, mais Jason est venu me voir.
Il avait changé.
Ses cheveux d'ordinaire noirs était parsemé de mèches blanches, il n'avait plus ce visage sombre et froid que j'avais connu, qui m'avait fait craqué.

_ Pardonne moi Delphes, me dit-il en s'asseyant à côté de moi. Je ... je sais pas ... pourquoi est-ce que j'ai fait ça ?
Il enfouit sa tête entre ses mains, des larmes coulaient le long de ses joues, et moi, je restai recroquevillée sur mon lit.

Nous sommes restés comme ça des heures durant, Jason avait une montre
Je voulais qu'il parte, je voulais être seule, je voulais mourir, loin de lui.
Mais il n'en avait pas l'intention.

Il est revenu plusieurs fois, toujours s'asseyant sur ce qui me servait de lit, et au fil des jours, sans que nous nous parlions, je quittai ma position de repli, je le détaillai, j'essayais de me rappeler nos moments ensemble, à quel point j'étais amoureuse de lui.
De fil en aiguille, je ne le haïssais plus.

Il était le seul qui venait me voir, pour moi, et non pour un commerce. Qui venait me parler, même si ce n'était que bonjour et au revoir, deux heures plus tard.
J'aimais sa présence, ce qu'il faisait pour moi.
Certains vont parler du syndrome de Stockholm quant à mon affection pour lui.
Je ne pense pas.

Parce qu'il n'était pas violent avec moi, il était naturel, comme avant.
Et ça ne m'étonnait pas de retomber amoureuse de lui, au fil des jours.
Parce que finalement, je n'avais que lui, lui et lui seul.