
Il fut assez facile de trouver ce que je cherchais. Et j'en restai coite de stupeur.
Nous étions le 17 septembre 2009.
Cinq ans après mon enlèvement. Je ne savais pas ce que j'avais loupé, ce que je devais réapprendre.

Je passais toutes les chaînes en revue, à vitesse grand V, jusqu'à ce qu'une émission retienne mon attention.
La publication à titre posthume d'Âmes d'Anges, de Paul Thatch.
De Papa.

Je me suis écroulée au sol, en pleurs devant ce que la présentatrice annonçait.
Retraçant son parcours, jusqu'au jour de l'accident.

_ Paul Thatch, écrivain de renom, connu principalement pour Si c'était hier ... et Ma peur, sa vie est décédé il y'a de ça un mois, un accident de la route avec sa femme Claire, femme au foyer, ancienne enseignante. Nous nous rappelons tous de la détresse de cette famille lors de l'enterrement de leur fille aînée, Delphes, décédée mystérieusement, dont seul le corps carbonisé et difficilement identifiable fut retrouvé. Aujourd'hui, c'est à titre posthume que son éditeur publie Âmes d'Anges, qui était le dernier tome de sa trilogie des gloires déchues ..

Je n'écoutai pas le reste.
J'étais morte. Aux yeux de tous, j'étais enterrée, oubliée.
Je pensais finalement mettre fin à mes jours.

Je me sentais souillée, salie par tous ces hommes.
Je me sentais inutile, plus personne n'avait besoin de moi.
Je n'étais plus qu'un jouet usé, plus rien du tout.

Je m'étais alors dirigée vers ce que je supposais être une salle de bain, n'importe quelle overdose de médicament fera l'affaire.

Oui, sauf que Jason n'était pas de cet avis et déboula dans la salle de bain, pour me retirer les médicaments des mains, tout en renversant le contenu par terre, bien que je garde le flacon en main.
_ T'es pas folle ?! Hurla-t-il en me retournant pour que lui fasse face.

_ Laisse moi, dis-je d'une voix lasse en évitant son regard. Personne ne veut de moi, ma famille n'existe plus, me croit morte ... Je suis plus rien, laisse moi.
_ Qui te dit que plus personne ne veut de toi ?
_ Qui voudrait d'une pauvre fille qui n'a plus d'identité ? Qui n'a plus rien ? Qui a été un jouet pendant cinq ans ? Humiliée pendant cinq ans.

_ Moi, et je prends le risque, dit-il en s'emparant de mes lèvres rapidement.

Sur le coup, je pris peur. J'avais peur des hommes, de leurs gestes.
Et qui me disait qu'il était sincère ?
C'est lui qui m'avait enlevée, qui m'avait frappée, qui m'avait transformée en jouet.

Mais bizarrement, je ne pouvais pas le haïr, encore moins le repousser.
Il était celui qui m'avait aidé, qui ne m'avait pas frappée ou violentée durant ma captivité.
Mon unique allié. Alors, oui, j'ai cédé ...