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MaJ 8 (4)

 

 

 Julia souriait beaucoup en ce moment, ce qui gênait au plus haut point Harry Mayers qui ne comprenait pas la soudaine joie de vivre de sa fille chérie. Enfin, il la supportait moins qu’il ne la comprenait, et il comprenait surtout que quelqu’un, autre que lui, avait une emprise sur la vie de sa fille.

 

 

 Or, il est hors de question que cette blondinette ait d’autres liens avec une autre personne que son père. Il veut être tout pour elle, et ne souhaite pas que cette écervelée incapable du moindre son appartienne à quelqu’un d’autre.

 

 

 Elle est sa fille, sa chose, son jouet, sa créature.

Elle est à lui, il en dispose selon son bon vouloir, sur le livret de famille, c’est précisé, et quoi de plus pratique d’avoir une enfant muette et dépourvue d’esprit, elle n’ira pas raconter ce qu’il se passe dans cette maison, elle ne comprend pas, trouve sans doute cela normal.

Harry n’en sait rien, il n’est pas dans la tête de sa fille, comme il se le souligne bien.Elle a beau être idiote, sa fille ne reste pas moins une femme miniature, avec des sentiments et une manière de raisonner bien tordue.

 

 

 Mais c’est résigné qu’il quitte ce café cet après midi, aimant bien savoir qui rend sa fille de si bonne humeur, mais le travail l’appelle, alors, il sort sans un mot, juste un signe de tête adressé au serveur avant de pousser la porte du café.

 

 

 Une fois sûre que son père est en dehors du quartier, et qu’elle soit en dehors de son champ de vision, Julia se dirige droit vers le bar, à toute vitesse, manquant de bousculer un étudiant en pull bleu.

 

 

 Kris, le barman, la regarde s’escrimer sur son calepin en riant, amusé de voir autant de fougue dans les yeux de l’enfant. Elle griffonna quelques mots rapidement avant de tendre le calepin à son ami.

 

 

 « Où est Mikael ? Dis moi ou je ne joue plus ! »

 

 

 Kris laissa échapper un petit rire devant Julia, qui devint rouge pivoine et enfonça sa tête dans ses épaules pour se cacher.

_ Il est dans les cuisines, il a eu peur de ton père. Mikael ne pensait pas qu’il t’aurait déposée, alors il s’est planqué où il a pu.

 

 

 Julia fit un énorme sourire avant de sauter sur ses deux pieds et se ruer à toute vitesse dans les cuisines, sous les regards étonnés et les rires tonitruants des habitués du café.

 

 

 Mikael était adossé dans un coin de la cuisine, regardant par la fenêtre. Julia n’était pas très discrète et le jeune homme se tourna vers elle en riant quand celle-ci fut assez proche de lui.

 

 

 Julia s’avança vers Mikael, s’apprêtant à lui faire la bise, comme les deux jours précédents, mais le jeune homme avait une toute autre idée derrière la tête.

 

 

 Assez rapidement, sans être trop brutal et effrayer la jeune femme, il l’embrassa doucement d’abord, puis plus langoureusement quand il se rendit compte que la blondinette ne le repoussait pas.

 

 

 Au contraire, Julia, bien qu’interloquée au début, se laissait faire et passait ses mains dans le dos du jeune homme, ne voulant pas se détacher de lui, même pas pour aller travailler.

 

 

 Cependant c’est tout autre chose qui poussa Julia à se décoller de Mikael, un estomac un peu trop fragile en ce moment, et qui jouait de biens mauvais tour à l’adolescente.

Elle repoussa vivement Mikael, ce dernier, interloqué, ne savait pas quoi faire, croyant que c’était de sa faute à lui, avant de voir la jeune femme se précipiter main sur la bouche en direction des toilettes de l’établissement.

 

 

 Mikael suivit la jeune femme, jusque dans les toilettes des dames, mais qu’importe, il se devait d’être auprès d’elle.

Et il la trouva, rendant, assise à même le carrelage. Il s’approcha d’elle doucement, et Julia, haletante et les larmes aux yeux, attrapa la main de Mikael pour la poser sur son ventre.

 

 

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