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MaJ 9 (2)

 

 

 Aujourd’hui, c’était décidé, William Mayers allait frapper à cette porte blanche et arrêter de se comporter en fuyard. Ce serait pas si compliqué, il passait sa vie à courir de fille en fille, il ne voit pas la raison qui l’empêcherait de seulement communiquer avec une fille de plus. Ce n’est qu’une fille m’enfin !

 

 

 Enfin, presque, ce n’est pas qu’une fille, c’est LA fille, l’inaccessible, celle qui se laisse pas avoir dès le premier compliment, pas comme toutes ses filles qu’il ramène dans son lit, toutes excitées et complètement immatures, qui boivent comme du petit lait chaque mot doux murmuré, et qui se jetterait sous un pont s’il en faisait autant !

 

 

 Le jeune homme prit une grande inspiration et toqua à la porte frénétiquement.

Toc-toc-toc-toc-toc-toc-toc !

Pas de réponse. Nouveaux tocs-tocs, sans réponse eux aussi, c’est bien sa veine, pour une fois qu’il comptait jouer aux gentils garçons avec toute la moralité qu’il sied aux gens de son rang, et ben vlan, dans les dents, c’est toujours un vent de gagné pour sa poire !

 

 

 William descendit finalement dans le parc avoisinant l’immeuble où se trouvait l’appartement de Nate, dans lequel il logeait à titre provisoire, car après tout, il était habillé pour sortir, (et donc pas en pyjama, ou en sous vêtements, comme à son habitude quand il joue aux larves chez lui) autant profiter du beau temps. Il traversa donc le couloir inhospitalier et appuya sur les touches de l’ascenseur, unique moyen pour naviguer entre les étages …

 

 

 … quand la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une brunette qu’il connaissait bien, très bien même, puisque que la jeune femme avait même partagé son lit il n’y pas si longtemps que ça : Mimi.

 

 

 _ Bonjour ! lança la jeune femme, de visible bonne humeur.

_ Lu’, baragouina Will en entrant dans l’ascenseur.

_ T’as l’air vachement content de me voir toi ? bouda-t-elle.

 

 

 William ne répondit pas, ne voulant pas pousser la conversation à un point désagréable. Il se contenta donc de l’ignorer, pour leur bien à tous les deux. Car si le jeune homme commençait à s’emporter, cette histoire ne finirait jamais. Il garda donc les yeux rivés sur l’affichage digital indiquant les étages jusqu’au rez-de-chaussée.

 

 

 Une fois l’engin en bas, Will s’en extirpa aisément et rapidement, devant l’incompréhension total de la brunette.

« Il a pété de travers ? »

_ Eh ! héla la jeune femme. Je pue ou quoi ?

 

 

 « Ignorons-la, ignorons la ! » se psalmodiait Will.

_ Will ! appela Mimi en sortant de l’ascenseur. Eh oh Dom Juan, raconte un peu !

_ Ah ouais ? se retourna d’énervement William. Que je te raconte quoi ? « Bonjour ma puce ! » ? Te fais pas d’illusion ma belle, t’es rien d’autre qu’un coup d’un soir. Basta, t’es déjà dans les oubliettes !

_ Tu pourrais au moins me saluer, tu sais, rester bons amis quand même quoi …

_ T’as lu trop d’histoires toi, je suis pas le genre de mec kikoo-lol avec ses conquêtes ! s’emporta Will. T’as eu ce que tu voulais, non ? Alors viens pas me réclamer ton reste ! Sur ce, j’ai des choses à faire !

 

 

 William tourna les talons vers le parc, tandis que Mimi bouillonnait de rage face à cet idiot qui venait de briser le peu d’espoir qu’elle avait de sortir officiellement avec lui. Elle se mit à bougonner, pensant, et à juste titre, que son Roméo d’une nuit allait chasser une nouvelle proie, qui elle aussi allait très certainement finir par tomber des nues et pleurer de désespoir, bien que la dernière option ne soit pas dans les habitudes de la jeune femme,

 

 

 qui préféra tourner les talons, bras croisés et se ré engouffrer dans l’ascenseur, en direction de son congélateur, afin de vider le pot de Hagen Dazs spécial déprime amoureuse, déjà lourdement entamé, il faut bien l’avouer.

 

 

 De son côté, William avait une agréable surprise, puisque qu’en entrant dans le parc, où il ne s’attendait à croiser que des marmots avec leurs parents, il vit une jeune femme aux longs cheveux châtains, assise sur un banc avec une amie à elle, une petite blondinette, toutes deux en grande conversation.

 

 

 Le jeune homme aux cheveux bleus prit une grande inspiration avant de s’approcher des deux jeunes femmes, le pas mal assuré et le cœur battant à tout rompre.

_ Bonjour, dit-il finalement, une fois à distance raisonnable des deux jeunes femmes.

« Tuez moi, mais qu’est-ce que je fabrique !! »

 

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