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    Un homme d’une vingtaine d’année traversa vivement la rue bondée qui défilait sous ses pieds. Esquiva une moto à propulsion nucléaire et un taxi de l’espace en vitesse lumière, il arriva tant bien que mal de l’autre côté du trottoir, devant l’imposant immeuble du nom de Sextan dans lequel se regroupait différentes entreprises, dont une qui l’intéressait plus particulièrement : la HGC, Handers Comptabilité et Gestion pour faire plus compréhensible. Il connaissait le bâtiment, de vue du moins, et pour l’avoir vu sur les articles que sa mère collectionne dans un de ses gros classeurs à bordel. Mais il ne lui avait pas semblé aussi haut, ce n’est pourtant que six étages, non ?
    De peur d’arriver à retard à son rendez-vous à force de contempler le bâtiment, il s’engouffra dans le hall d’entrée et fila en direction de l’ascenseur avant d’appuyer sur le bouton du premier étage, puisque celui-ci indiquait HGC juste à côté du numéro un. L’ascenseur s’éleva progressivement, sans la petite musique cependant, loin des clichés des ascenseurs d’entreprises. La montée ne dura que quelques instants et les portes s’ouvrirent sur d’immenses bureau en espace ouvert ou des bruits déjà énervants parvenaient à ses oreilles : sonnerie de téléphone, ronflements d’ordinateurs, soupirs d’imprimante, claquement de talons et bombardement de dossier, sans oublier le sifflement de la photocopieuse. Debout dans l’entrée, une jeune femme s’approcha de lui, avec un sourire de circonstances étiré sur ses lèvres trop rouges.

     

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    _ Bonjour Monsieur. Vous avez rendez-vous ? demanda-t-elle de sa voix sifflante de secrétaire écervelée.
    _ Oui, avec Monsieur Nate Handers. Je m’appelle Théo Mc Fly, je dois avoir un petit peu d’avance.
    La femme baissa son regard sur la planchette qu’elle tenait dans la main, vérifiant la liste des rendez-vous de la matinée.
    _ Trouvé, dit-elle dans un grand sourire. Je vous accompagne Monsieur Mc Fly. Je me présente, Veronica Saunders, assistante de Monsieur Handers. Il est actuellement en visio-conférence, mais ça ne devrait plus tarder.
    Théo opina du bonnet et suivi Veronica quand celle-ci se dirigea sur la gauche de l’ascenseur, vers une petite salle d’attente, juste en face d’une porte sur laquelle était écrite « Direction Nate Handers » et d’où il entendait des voix, dont une qui grésillait, sortie d’un haut parleur. Il s’assit finalement sur un des sièges, n’osa pas toucher aux magasines qui étaient posés dans un coin, et se contenta de fixer l’horloge au dessus de la porte. Dans cinq minutes, il viendra le chercher. L’angoisse commencer à monter le long de sa colonne, le fit se dresser comme un i sur sa chaise. Il sentait son estomac se nouer, son front perler. Il espérait que rien ne se verrait, ou il aurait l’air bien ridicule.

     

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    Les voix se turent derrière la tête et son cœur s’emballa de plus belle. IL souhaitait ne s’être pas déplacé pour rien, ne pas avoir fait autant de kilomètres, ne pas avoir traversé autant d’états pour devoir retourner chez ses parents, la queue entre les jambes.
    La porte s’ouvrit finalement pour laisser sortir un homme en fauteuil roulant, chauve qui afficha un large sourire en voyant le jeune homme assis dans la salle d’attente. Il ouvrit les bras, sensiblement ravi de le voir.

     

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    _ Théo ! Mon dieu ce que tu as grandi ! Entre donc, je t’en prie.
    Théo, un peu surpris de cette réaction, se leva et entra alors dans le bureau de Nate Handers, le suivant et refermant la porte derrière lui. Nate alla s’installer derrière son bureau, réalisant quelques clics sur son ordinateur, fermant au passage quelques dossiers inutiles pour cet entretien.
    _ Installe-toi, je t’en prie. Comment vas-tu ?
    Théo s’exécuta avant de lui répondre le plus sobrement qu’il allait bien, puis de lui demander des nouvelles de sa santé.
    _ Au mieux, répondit Nate. Marine et les filles vont bien également. Comment va Craig1 ?
    _ Il fait aller, mais bon, il fatigue un peu, papa n’est plus tout jeune tu sais.

     

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    _ Je te rappelle que Craig et moi on est cousins et donc du même âge, ne me traite pas de vieux s’il te plait, se mit-il à rire doucement.
    _ Excuse-moi. Fin, c’est surtout Maman qui ne l’aide pas beaucoup, elle préfère traîner en ville plutôt que de le soutenir.
    Nate haussa les épaules, apparemment habitué à ce genre de nouvelles pas très chaleureuses et surtout aussi « banales ».
    _ Emilie2 ne changera jamais, elle a toujours été comme ça. Enfin bon, que me vaut le plaisir de ta venue ?
    Nate recula de son bureau pour aller mettre la cafetière en route et sortir deux grandes tasses du placards où elle était posée, ayant l’intention d’offrir le café à son « neveu » californien qu’il n’avait pas vu depuis de nombreuses années.

     

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    _ Je cherche un travail, dit-il de but en blanc.
    Nate se figea avant de remplir tranquillement les tasses et de les poser toutes les deux sur le bureau. Cependant, il ne retourna pas à son bureau et préféra s’installer à côté de lui, pour que la conversation ait l’air moins officielle.
    _ Qui te dit que je propose du travail en ce moment ?
    _ Je suis sûr que tu as embauché An pour le weekend, avoue-le. Et j’en ai vraiment marre de ma mère et de Steven, j’ai besoin de changer d’air. Je sais que c’est pas cool pour Papa, mais je vais pas vivre à leur crochets éternellement.
    _ Pourquoi le Maine ? Tu sais à quelle distance on est de chez toi là ?
    _ 3 388 miles précisément entre San Diego et Houlton, deux jours de route en voiture. T’inquiète, je suis au courant.

     

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    _ Et tu pouvais pas trouver du boulot plus prêt ? soupira Nate en reposant sa tasse sur le bureau. Tu exagères là Théo. Tu aurais pu me prévenir au moins.
    _ Là au moins, je sais que Maman ne viendra pas me chercher. Je te demande juste si tu as du boulot pour moi, je chercherais ailleurs sinon, ce n’est pas grave.
    _ Où est-ce que tu loges ? Pas à l’hôtel au moins, rassure-moi. Tu as trouvé un appartement ? Un studio ?

     

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    Théo fit la moue avant de nier d’un signe de tête. Il joua quelques instants avec ses doigts avant d’expliquer à son oncle qu’il avait tout calculé à la minute près et que son avion avait atterri il y avait seulement deux heures et qu’il avait ses valises à la consigne de l’aéroport. Nate lâcha un profond soupir avant de se diriger vers son téléphone.
    _ Bon, ça ne va pas faire plaisir à Marine, mais je ne vais pas te laisser à la rue. On t’héberge, le temps que tu te trouves un appartement.
    _ Et pour le job ? osa-t-il malgré tout.
    _ Un de mes employés a démissionné et quitte son poste dans trois semaines. Il te formera et tu prendras sa place. Cela te convient-il ?
    Le sourire d’une jeune homme s’illumina directement tandis que Nate composait le numéro de son domicile, avant d’être accueilli par un énorme « Quoi ? » de sa compagne quand il lui expliqua qu’il avait décidé de logé le fils de son cousin et de son ancienne sexfriend. L’ambiance à la maison allait donc être torride !

     

     


     

    1 - 2 : Pour ceux qui ont oublié, un petit lien pour vous montrer la jolie tête des parents de Monsieur Théo ~> ici <~


  • Commentaires

    1
    Waly
    Lundi 23 Mai 2016 à 23:18

    comment je passe pour la grosse mechante alors que je l'aime bien Theo.. c'est sa mére lapute.



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