• MaJ 10 (1)

     

    Trois semaines plus tard

     

     

     Depuis la dernière fois, un froid digne de l'Antarctique régnait sur la collocation de Emilie et Nate. Ils ne se parlaient guère plus, hormis « passe moi le sel » de temps en temps, ou « t'es dans la salle de bain ?». Non pas que Nate ne fasse pas d'effort, plutôt qu'Emilie est du genre rancunière sur les bords. Et il est hors de question pour la jeune femme d'enterrer la hache de guerre.

     

     

     Ce matin là, tout deux étaient dans la cuisine. Emilie était en train de préparer le café, elle était encore en pyjama, tandis que Nate entrait en baillant dans la cuisine, habillé, lui. En effet, aussitôt son petit déjeuner pris, et sa cigarette du matin fumée, il repartait pour les agences d'emploi, à la recherche de quelque chose pour ne pas se retrouver sous les ponts, car vu l'état actuel d'Emilie, elle n'aurait aucun regret à l'éjecter si le beau brun payait sa partie du loyer en retard, puisqu'il avait été viré de son emploi, trouvé deux semaines plus tôt.

     

     

     _ Bonjour ! Comment va ? salua Nate, espérant que sa colocataire daigne lui répondre, avec autre chose que « lut ».

    Emilie ne décrocha pas son regard de la cafetière, tout en répondant à Nate.

    _ Hello, ça irait mieux si j'étais pas enrhumée, je n'aime pas l'automne.

     

     

     Nate ouvrit des yeux écarquillés. Emilie n'avait pas coupé sa langue pour la vendre, miracle ! Il décida donc de continuer dans sa lancée, peut-être que cet hiver mauvais allait amorcer un début de re-nouveau d'amitié entre les deux jeunes gens.

    _ T'es pas sortie de l'auberge avant fin mars tu sais … continua-t-il.

    _Parle pas de malheur, soupira-t-elle. Je vais m'enfuir au Sahara à ce train là !

    _ Je suis de si mauvaise compagnie que ça ? Rétorqua Nate sur le ton de la boutade.

     

     

     Emilie se renfrogna et se dirigea vers la table de la salle à manger, mug en main. Nate soupira, flûte, il a sorti ce qu'il aurait du garder dans sa bouche. Tant pis, on va pas retourner en arrière.

    _ Je me posai la question depuis trois semaines, reprit Emilie, mais c'est quoi ce collier ? C'est affreux !

     

     

     Nate leva les yeux et rejoignit Emily avec un bol de céréales. Elle s'était installée dos à lui, ce qui agaça un peu Nate. Une des choses qu'il ne supportait pas, c'était bien de parler à un dos, ou qu'un dos lui parle.

    _ Te moque pas de mon pendentif, c'est sentimental.

    _ C'est à ton ex, hein ?

     

     

     Nate ne dit rien et se concentra sur son bol de céréales.

    _ Pas la peine de te planquer dans ton bol, je suis pas encore sourde. J'ai entendu l'autre coup que tu avais le pendentif de ton ex, et depuis, tu le portes.

    _ Elle me l'a donné, conclut Nate, bien décidé à éviter le sujet.

     

     

     _ Elle veut le récupérer aussi, appuya la jeune femme.

    _ Elle peut toujours se brosser. Donner c'est donner, reprendre, c'est voler.

    _ On dirait un môme de huit ans, rit Emilie.

    _ J'ai un caractère de gosse, tu ne t'en étais pas encore rendue compte.

     

     

     _ Ah, au fait, pour y'a trois semaines … débuta Emilie avant d'être interrompue par la sonnette de la porte d'entrée.

    Nate fit comme s'il n'avait rien entendu et se dirigea vers la porte.

    _ Qu'est-ce que tu fous ? S'estomaqua Emilie.

    _ Tu comptes te présenter à ton visiteur en pyjama ? S'amusa Nate. Je pense que non, alors laisse moi faire, j'habite ici aussi que je sache.

     

     

     Emilie se renfrogna et Nate ouvrit le porte d'entrée sur un homme d'à peine trente ans, roux, le cheveu fin et en bataille. Pas de doute pour Nate, il s'agit de l'ex de sa colocataire. Il tombe bien mal celui là tiens.

    _ Oui, c'est pourquoi ? Demanda Nate.

    On peut toujours espérer que ça ne soit pas le dénommé Emiel.

     

     

     _ Je m'appelle Emiel – merde – et je voudrais voir Emilie, si possible.

    _ Enchanté, je suis Nate, le nouveau colocataire de Emilie.

    Le roux le regarda, sévère, craignant qu'il y ait entre eux deux, plus que de la simple collocation, ce que Nate avait su lire sur le visage du médecin.

     


    Tags Tags : , , , ,