
- Voilà, maintenant, tu sais tout … Je te cache plus rien la dessus …
- C’est … la seule que tu as retrouvée ?
- C’est plutôt elle qui m’a retrouvé … Tu te rappelles de la soirée, chez toi, où je me suis enfui après que tu m’aies embrassé …
- Je risque pas d’oublier, me dit-elle en essuyant ses larmes.
- C’est là que je l’ai revue pour la première fois, je sais pas ce qu’elle a après moi, pourquoi elle cherche à tout prix a se rapprocher de moi. Elle sait déjà que je ne lui pardonnerais pas, comme j’ai jamais pardonné à ma mère, à Connor ou à toutes les autres, mais … elle s’accroche …
- Peut-être qu’elle s’est juste prise d’affection pour toi …

- Mouais … tout ce que je peux te dire, c’est que si je suis encore avec toi aujourd’hui, c’est grâce à elle.
- Sérieux ?
- Elle m’a foutu une claque, le jour où tu l’as vue la première fois, expliquai-je, sans vouloir lui rappeler ce malentendu qui m’a séparé d’elle trois semaines.
- Merci Ath’, souffla-t-elle, mais sa voix était tout sauf convaincue.
- Méré …
- Mmh …
- Je veux que tu saches que c’est fini tout ça, j’ai oublié, d’accord. Pour moi, Ath n’est plus qu’une chieuse blonde qui perd son gosse toutes les trente secondes, d’accord ?
Elle hocha la tête avant de se décaler de moi doucement et me regarder dans les yeux. Je posai alors mes mains sur ses joues, pour retirer ses dernières larmes à l’aide de mon pouce.

- Il n’y a plus que toi qui compte à mes yeux Meredith, il n’y aura que toi. Je ne veux pas que tu t’inquiètes à cause de ça …
- Aaron, je …

Je posai mon doigt sur sa bouche, pour lui intimer de se taire, avant de s’emparer de ses lèvres tendrement. Elle répondit sans hésiter à mon baiser, ses dernières larmes se mêlant à nos bouches scellées.

Quand je me décollai de ses lèvres, ses yeux étaient toujours clos, mais ses larmes ne coulaient plus. Je murmurai son prénom, mais elle n’ouvrit pas les yeux pour autant, me répondant d’un simple hochement de tête. Je recommençai alors, réitérant ma demande mais ne elle ne bougea pas d’un cil.
- Je suis désolé, je n’aurais pas du t’en parler Méré …
- Non c’est bon, ça va aller, t’inquiète pas pour moi, ça va aller, répéta-t-elle avant de se blottir contre moi en serrant mon tee-shirt entre ses doigts.
Je ne savais pas comment occuper la conversation, pour la première fois depuis longtemps, je ne me sentais pas à l’aise avec elle, et je me maudissais en moi-même de ce que j’avais fait, ou plutôt tenté, dans l’après midi avec Heaven.

- J’ai pas envie de rentrer à la maison, murmura-t-elle après quelques minutes de blanc.
- Je vais appeler Meryll et lui dire qu’on passe la nuit ici, ça te va ?
Elle opina et lâcha finalement mon tee-shirt pour que je puisse me diriger vers le téléphone et prévenir la maison de notre absence, ce qui m’arrangeait finalement, je n’avais pas plus envie de faire semblant d’aller bien là bas pour éviter la paranoia maternelle de Meryll.
Et puis, l’appartement était fourni en vivres et fringues pour tenir plusieurs jours, rien ne nous forçait à rentrer, à part nos valises que l’on devait boucler, avant de partir en vacances sur la cote est… en Caroline du Nord.