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Le lendemain, après avoir esquivé non sans mal la sortie de Cathe, qui s’est fini en soirée ciné devant ma télé avec des popcorns, des chips et autres produits caloriques, je me suis rendu à la supérette du coin de la rue, me trouvant face à un problème existentiel en ouvrant mon frigo pour prendre mon petit déjeuner ce matin : Cathe a tout englouti. Cette fille est une catastrophe ambulante et un estomac sur patte. Me voilà donc à parcourir les rayons, cherchant de quoi me remplir l’estomac avant de crever de faim.
- Aaron ? Toi ici ?

 

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Et voilà la numéro trois de mes emmerdes, en train de faire ses courses avec un caddie plein à craquer. Ses longs cheveux blonds en chignon dans sa parfaite tenue de mère de famille.
- Salut Ath … soupirai-je, voulant faire preuve du minimum syndical niveau politesse.
- Comment tu vas ? Je t’ai pas revu depuis que tu parlais de tes vacances, c’était bien ?
Génial … Moi qui voulait pas en parler, pas besoin d’étaler mes emmerdes. Je sais, vous me direz qu’on voit toujours plus clair quand on parle de ses problèmes à quelqu’un. Mais à qui voulez vous que je parle sinon à Méré, elle est la seule au courant de mes problèmes et de mon passé et qui me respecte assez pour pas me juger …

 

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C’est là que je réalisais que la personne en face de moi était la plus apte à m’écouter. Elle sait ce que j’ai vécu, et malgré tout ce que je peux lui dire de mauvais, je ne la déteste pas autant que ça. Elle a le courage de venir me voir pour me prier de lui pardonner ses actes, combien d’entre elles ont fait ça avec moi ?
- Ca n’as pas l’air d’aller Aaron … me dit-elle en me sortant de ma rêverie.
- Je …
- Ça c’est mal passé ces vacances j’ai l’impression …
Je finis par hocher la tête pensivement. Après tout, elle ne me voulait pas de mal.

 

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Elle poussa son caddie vers les caisses, m’entraînant moi et mon cabas. Je passai alors premier, payant mes courses, puis je l’attendis à la sortie. Une fois ses paquets chargés, on sortit tous les deux du magasin, pour tourner aussitôt sur notre droite, et entrer dans l’immeuble.

 

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- Tu habites au dessus ? m’étonnais-je.
- Oui, c’est pratique. Mais je ne peux pas trop traîner, Daren est pas là et Priam dort.
Je ne rajoutais pas un mot de plus tandis qu’elle grimpait les escaliers avec ses sacs alors que l’ascenseur était tout à fait disponible pour nous faire monter. Je haussai les épaules et la suivis. Elle entra alors dans son appartement, au premier étage, laissant la porte ouverte et m’invitant à y entrer, tout en me demandant de fermer derrière elle.

 

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J’étais étonné par l’intérieur de celui-ci, je m’attendais plus à un appartement plus modeste, moins décoré, moins fourni. Quand je passai le hall d’entrée, j’arrivais dans son salon-salle à manger, une grande pièce à vivre, colorée dans les tons rouges bordeaux. Pas de doute, elle avait du goût, et pourrait rivaliser avec Méré en qualité de décoratrice d’intérieur.

 

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- Mets tes courses sur le buffet noir, entendis-je depuis la cuisine. Café noir, au lait ou avec sucre ?
- Noir, lui dis-je simplement en avançant dans la pièce, mon regard s’arrêtant sur chaque objet.
Je posai alors mon sac en papier et la regardait s’afférer dans la cuisine.
- Tu peux aller t’installer dans le salon, j’ai mis la table pour tout à l’heure, et j’ai pas envie de tout défaire, maladroite comme je suis, je vais casser un verre.
J’acquiesçai et allait dans le salon. Elle me rejoignit aussitôt, deux tasses de café en main qu’elle posa sur la table basse avant de s’asseoir.

 

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- Il s’est passé quelque chose avec ta petite amie ?
- J’ai fait des conneries, j’en paye le prix, fallait bien que ça m’arrive un jour, haussai-je les épaules. Déjà qu’elle a du mal a accepté que toi et moi on a … bref, voilà quoi, j’en rajoute une couche. On fait un break, ajoutai-je avec un sourire ironique.
- Désolée de m’être immiscée dans ta vie Aaron, ce n’était pas très malin de ma part, je suis sûre que t’aurais préféré m’oublier …
- A vrai dire, je …

 

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Je détournai la tête, grimaçant. C’était pas dans mes habitudes de dire ce genre de chose, mais j’ai décidé de changer. J’ai fait trop de peine autour de moi, il est temps que je reprenne les rennes de ma vie, et que je la vive comme je l’entende, et si je veux le lui dire alors je lui dirai, mets donc ta fierté de côté cinq minutes Aaron Hart !
- Je voulais m’excuser, pour mon horrible comportement envers toi. Tu as tout fait pour essayer de te faire pardonner, pour m’aider, et à chaque fois, tu te prenais du plomb dans les dents.
- Excuses acceptées, me sourit-elle. Surtout que tu as du faire un effort considérable pour me le dire, vu ta tête.

 

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- Je suis pas la seule cause de ta rupture, enchaîna-t-elle. Je pensais Meredith plus ouverte d’esprit que ça …
- Nan, il n'y a pas que mon passé, elle a du commencer à s’y faire, même si savoir que tu étais cliente n’a pas fait beaucoup de bien … Elle … Je suis allé voir ma meilleure amie avec qui j’étais en froid, pour aller me réconcilier, j’étais parti plein de bonne volonté mais … me coupai-je, n’arrivant pas en dire plus tellement mes conneries étaient énormes.
- Ça a dérapé, je vois le tableau. Et Meredith est au courant.
- Elle a deviné qu’il s’est passé quelque chose, car Heaven et moi on se parle plus. Elle a décidé de faire un break, ça fait presque deux semaines, je tourne fou.

 

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- Va la voir, excuse toi …
- Elle ne veut pas me voir. Elle veut réfléchir, mais moi je tourne dingue, je craque. Elle me manque et je peux rien faire. Je passe mes journées dans mon appart qui ressemble plus à rien, mon frère essaye de me changer les idées en vain …
Elle me sourit, amusée. Je ne voyais vraiment pas ce qu’il y avait de drôle dans mon histoire. Je savais bien que j’aurais du me taire.
- Faut tout t’apprendre, c’est un truc de fille ça, rit-elle.
- T’es la deuxième qui me dit que je suis un ignare.
- T’as pas pensé deux secondes qu’elle voulait que toi, tu réfléchisses autant qu’elle ? Cet éloignement était nécessaire dans les deux sens, que tu te rendes comptes de tes conneries et que tu te repentes, andouille !
- Je ne te permets pas ! grognai-je.
- D’abord, arrête de grogner, parce que tu étais redevenu gentil là. Ensuite, tu vas la voir, armée de ton plus beau sourire, et tu lui répètes tout ce que tu m’as dit. Joue franc jeu. Dis lui ce que tu ressens, elle n’attend que ça. Je ne veux pas croire qu’elle t’ait jeté comme ça pour ce genre d’histoire.
Des pleurs percèrent de la pièce voisine, elle se leva, s’excusant pour aller chercher Priam, et me laisser seul à mes réflexions.

 

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A vrai dire, elle n’avait pas tout à fait tort. Ca ne servait à rien d’attendre qu’elle vienne d’elle-même. Fallait que je lui montre que je faisais preuve de bonne volonté, que je lui dise combien elle me manquait … Le problème restait de la trouver et qu’elle accepte de me voir, vu le froid polaire qu’il y avait eu entre nous deux la dernière fois que l’on s’était croisés.
Ath revient dix petites minutes plus tard, Priam sur ses talons. Quand il m’aperçut, il se rua vers moi et s’accrocha à ma jambe, en répétant ses « n’Aaron » incessants.

 

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- Alors ? Tu choisis quoi ? me demanda-t-elle.
- Je vais la voir. Après tout, si ça doit se finir entre nous deux, ça sert à rien de me leurrer et d’attendre dans le vide. Au moins que je sois fixé !
- Contente de te l’entendre dire.
- N’Aarone !! piaillait Priam en tendant les bras vers moi pour que je prenne.
Je lui frottai affectueusement la tête, n’ayant pas le temps de faire dans le baby-sitting aujourd’hui. Sa mère me sourit tandis que je me relevai, pour lui faire face.
- Merci Ath …
- De rien, reviens quand tu veux, la porte est toujours ouverte !
Et sur ses mots, je partis, prenant mon sac de victuailles, et rentrant chez moi, et trouver une solution pour voir Meredith sans qu’elle me foute à la porte.

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