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Deux jours plus tard, alors que je faisais une grasse matinée prolongée et bien méritée, la sonnette de l’appartement retentit, et je m’éveillai en grognant. Pire qu’un réveil, car je n’avais aucun moyen de la faire taire sinon de sortir de mon lit, d’enfiler un tee-shirt et d’aller lui dire d’aller se faire mettre chez les grecs ! Non, je n’ai rien contre les grecs ! Bref, je me redressai alors, attrapai le premier tee-shirt qui me tomba sous la main et sortis de mon lit, en grognant toujours. On ne change pas une équipe qui gagne.

 

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Il était près de midi, mon estomac nous faisait part de son talent artistique et la sonnette retentissait toujours. Oui, toujours. Au moins mon gêneur de souffrait pas d’une zappite aiguë, vue avec quelle frénésie il écrasait littéralement le bouton. Driiing driiing, driiiiiiiiiiiiiiiiiiiing !
- Putain, c’est bon je suis levé, arrête de réveiller l’immeuble en entier … bougonnai-je en arrivant finalement devant la porte de mon appartement que j’ouvris, puis celle de la résidence, que j’ouvris également, pour me figer ensuite devant l’apparition quasi fantomatique qui se trouvait sur le seuil.
Pitié …

 

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Une jeune femme brune, les cheveux courts en batailles, des yeux bleus pétillants, un tour de cou lacé, une tenue extravagante … Je m’attendais à tout, sauf à elle et à la voir à la porte de mon appartement, les yeux suppliants et gênée comme si elle s’était retrouvée nue au milieu de la foule, sauf que là, c’est moi qu’elle osait venir voir, ce qui nécessitait pas mal de courage, surtout après ce qu’elle m’avait fait, pour sûr que je n’allais pas l’accueillir à bras ouverts.

 

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- Dégage, lui lançai-je d’ailleurs. T’as rien à faire ici !
- Je … Je suis désolée …
- Ça me fait une belle jambe…
- Aaron, s’il te plait …
- Du vent !
- Écoute ce que j’ai à te dire !
- Hors de ma vue !
- Je t’aime !
- Va te faire …
Je me stoppai. Qu’est-ce qu’elle venait de dire là ? Ma réaction dut lui plaire parce qu’elle osait afficher un léger sourire sur ses lèvres rosées. Et je fais quoi là ? Je la repousse ? Je lui dis que moi aussi mais que je suis pas prêt pour ça ? Je …

 

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Elle n’attendit pas de réponse de ma part et profita de mon état d’hébétude pour passer la porte de la résidence et entrer dans mon appartement. Je la suivis sans broncher, refermant chaque porte derrière moi. Une fois dans l’appartement, je remarquais qu’elle avait posé son sac sur le bureau du PC, du moins, comme elle avait pu, mais je ne la voyais pas dans l’appartement.
- T’es où ?
- Dans la chambre !

 

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Je traînais des pieds et allait vers mon lit, et je la vis en train de remettre les draps en ordre. J’écarquillais alors les yeux, étonnée de la voir ranger, c’est pas trop son style, ou du moins son habitude.
- Mais tu fiches quoi Cathe ?
- Je remets de l’ordre dans cette garçonnière. C’est pas comme ça que tu vas récupérer Meredith !
- Que ? Comment t’es au courant pour elle et moi ? Tu m’as filé avec ton mec ?
A cette idée, je blêmis. On a cassé au cabanon, si on a vraiment été espionné, notre petite aventure sur la plage a eu un spectateur. Je vais la tuer.

 

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- Mais non imbécile ! lança-t-elle en se postant devant moi un bras contre son ventre. J’allais pas te filer alors que je m’étais prise un savon.
- Comment t’as su alors ?
- J’ai vu Meredith dans une discothèque avec ses potes de lycées en train de se faire allumer par un gars à piercings. Que je sache, d’habitude tu la suivais. Faut pas s’appeler Einstein pour comprendre tu sais !
- Dans une discothèque, en train de draguer tout ce qui bouge, et après on fait un break, elle cherche la rupture oui ! gueulais-je en shootant dans le fauteuil rouge derrière moi qui se retourna sous le coup. Oh putain ce que ça faisait mal.

 

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- Eh ! T’excites pas ! J’ai dit qu’elle se faisait draguer, pas le contraire, calme tes ardeurs Aaron.
- Ça revient au même, non ?
Elle leva les yeux au ciel en soupirant puis alla retourner le fauteuil pour s’asseoir dessus.
- Faut encore tout t’apprendre à toi, tsss … J’ai pas dit qu’elle avait répondu aux avances du mec, puisqu’il s’est pris une baffe dans le nez. Belle gifle au passage, j’aurais du filmer !
- Cathe … m’impatientai-je.
- Oui oui, j’arrive, zen ! Oui bon le mec l’a dragué et il a eut ce qu’il méritait, et là, il y avait la brune aux cheveux longs là, une espèce de géante ..
- Cynthia, précisai-je.
- Ouais voilà, et elle lui a dit pourquoi elle l’avait giflé, nia nia nia, et Méré lui a répondu qu’elle pouvait pas aller voir ailleurs alors que c’était pas vraiment fini entre vous deux, bla bla bla …
- En gros, tu espionnais …

 

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- Mais c’est pour la bonne cause, me dit-elle avec sa bouille de chien battu.
- Mouais …
- Souris Aaron ! Elle t’aime à en crever cette fille … Et je suis venu te remonter le moral !
Elle me sourit comme elle en avait l’habitude, un sourire large de dix kilomètres, sourire de psychopathe qui pouvait aussi bien effrayer qu’amuser, selon le contexte dans lequel on se trouvait.
- Maintenant tu m’expliques comment vous en êtes arrivés là tous les deux ?
- Tu comprendrais pas, lui dis-je.
- Allez ..
- Non. En plus, tu ne gardes rien pour toi, et le coup de la filature, tu vois, il est encore là ! fis-je en lui montrant ma gorge du doigt.

 

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- Pffff … bougonna-t-elle.
- Y’a pas de Pfff qui tienne Cathe. Je te dirais rien. De toute, tu m’as dit que tu voulais me remonter le moral, parler de mes emmerdes n’est pas la meilleure de solutions.
- Ok, tu me payes une bière pendant que je range ton foutoir, dit-elle avant de se baisser au sol pour ramasser les trucs louches qui y traînaient.
- Il n'y a pas d’alcool ici Cathe, je ne bois pas et Meredith me « soutenait » en prohibant l’alcool et en se gavant de soda light.
- Bah file un soda alors, vu que cet appartement est pire qu’un monastère.
- Insulte pas mon monastère toi ! ris-je en me dirigeant vers la cuisine pour sortir deux sodas du frigo et les poser sur la table basse du salon.

 

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- Ton monastère est une vraie porcherie ! se plaignit-elle en s’affalant sur un des canapés.
- Eh oh, c’est ma porcherie, je fais ce que je veux ici…
- Elle va être ravie Méré quand elle va revenir et voir ce que tu as fait de son appartement de rêve.
- En parlant de l’appartement, comment tu l’as trouvé ? On n’a donné l’adresse qu’à Raise, Cory ou Heaven. Tu m’as filé ?
- Alors là, je te jure que c’est un coup du sort ! Je t’ai pas filé, je te le promets !
Je haussai les sourcils, voulant lui faire cesser ses élucubrations.
- En abrégé ?
- Andrew va emménager au troisième dans pas longtemps, et il t’a vu rentrer dans la résidence, et il m’a dit que tu habitais ici, tadaaaaaaa !

 

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- Mouais !
- Je te promets, je t’ai pas filé Aaron …
- Je reste sceptique tout de même, répondis-je, bougon.
- Mais si je te jure que je t’ai pas suivi !
- Mouais …

 

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Et avant même qu’elle réplique quoi que ce soit, je me levai pour aller m’occuper de la cuisine, histoire qu’elle ne se retrouve pas seule boniche de l’appart. Je ne lui dirais pas bien sûr que ça me fait plaisir de la voir ici, j’en avais un peu marre de la monotonie de mes journées, et de voir que je n’avais pas tout à fait perdu tout le monde avec mes bêtises.
Alors que je faisais sagement la vaisselle, elle arriva en fourbe derrière moi et posa ses mains vivement sur mes épaules, me faisant sursauter. Moi, sur les nerfs ? Non, jamais ! Je me retournai alors vers elle, livide.

 

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- T’as vu un fantôme ou quoi ?
- Évite de me faire peur !
- Genre, je t’ai fait peur … Tu pensais à quoi ?
- A comment me débarrasser de toi définitivement sans laisser d’indices …
- Et ca a donné des résultats concluants ?
- Non, t’es tellement chiante qu’on se rendrait compte de ton absence, tout serait plus calme ..
- Vive moi ! piailla-t-elle en sautillant sur elle-même tandis que je levais les yeux au ciel.
Elle me tuera, si c’est pas ma maladie qui m’emporte avant, Cathe sera le plan B pour se débarrasser de moi.

 

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- Bon sinon, tu vas aller t’habiller, te raser, te coiffer, tout ça tout ça ! me dit-elle sur un ton sérieux à en faire pâlir un mort.
- Hein ?
- Et tu es poli aussi, on ne dit pas hein mais pardon … Tsssss …
- Pourquoi je ferais tout ça ?
- Parce qu’on sort mon tout beau ! Tu as besoin de prendre l’air, t’as vu comment tu es ?!
- Mais je prends l’air, j’ai un jardin !
- Moi je te parle d’aller en ville, voir du monde, et je sors pas avec un geek mal rasé !
- Tu sais ce qu’il te dit le geek ?
- Qu’il va prendre sa douche ? Mais c’est merveilleux ! me dit-elle en me poussant vers la salle de bain.

 

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Tuez la, pitié !

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