
Mathieu avait passé une bonne partie de sa journée à l’extérieur, essayant de se familiariser avec Burlington, ses rues, ses quartiers et sa population. Pour l’occasion, il s’était grimé comme il le faisait déjà quand il était plus jeune pour suivre Harry. Mais de peur de se faire repérer, il avait changé son identité, et son costume. Son objectif in fine, serait de réussir à entrer dans les cercles de Harry à Burlington. Entrer en client, et se faire une petite place auprès revendeurs, indics et autres. Mais pour en arriver là, il devait se fondre dans le décor. A tout point de vue.
Les services de la crim’ lui avait trouvé un logement de fonction, en limite des quartiers chauds de la frontière. Cela lui permettait de faire des allers et venues, sans susciter de méfiance, et apparaître comme un nouvel habitant. Il n’avait rien fait avec discrétion : son état des lieux, sa signature de bail, son emménagement. Ni son boulot fictif
On avait fait de lui un ouvrier à l’usine automobile du coin. Et il faisait les 3/8. Il les faisait vraiment. Il entrait à l’usine, bossait, tendait l’oreille à ce qu’il se passait. Il avait déjà capté quelques informations qui lui prouvaient que quelque chose de peu recommandable s’appliquait en ville.
Il n’était là que depuis quelques jours, mais il avait réussi à en capter beaucoup plus qu’il ne l’aurait espéré. Hyde. Il en avait entendu parler. Deux hommes avaient échangé sur la venue future de Hyde dans les environs, et qu’il valait mieux se tenir à carreaux. Mathieu comprit assez vite que ce Hyde était bien l’homme à tuer de Mayers, tout comme Spencer le fut. Hyde était-il un nom de code donné à tous ceux qui endossent le rôle de tueur à gage ? Ou une coïncidence que ces deux hommes aient choisi le même surnom pour évoluer dans ce milieu sans risquer de mettre à mal leur vie de famille ? Mais il avait entendu à deux reprises parler de Hyde comme d’un proche de Mayers, il devait donc réussir à en obtenir plus d’informations.

Un matin, quand il rentrait de sa journée de travail, il vit un attroupement à la sortie de l’usine. Il releva la tête pour voir ce qu’il se passait. Un homme, un peu plus grand que les autres se détachait de la foule. Mathieu était incapable de le voir ou d’imaginer un visage. Il ne put qu'en déduire qu’il était brun, blanc de peau et avec les cheveux qui lui cachaient son visage qui semblait abîmé. Un de ses collègues passa à proximité de lui, et Mathieu l’attrapa par le col pour l’empêcher de filer.
- Qui est-ce ? demanda Mathieu de but en blanc.
- De qui ? répondit innocemment son collègue. Terrence de mémoire.
- L’homme au milieu de la foule.
- Hyde. Il ne vaut mieux pas t’en approcher si tu souhaites vivre Peter, ni qu’il sache qui tu es. Ta vie en sera bien plus tranquille.
- Pourquoi tu y vas toi ?
- Je n’y vais pas. Je pars. Je ne veux pas qu’il sache que je suis là. Lâche-moi.
Mathieu obéit. Il n’avait pas envie que son collègue ait des problèmes à cause de lui. Il resta cependant à distance raisonnable de Hyde, essayant de suivre ce qu’il faisait. Il parlait à certains des ouvriers sur place, mais Mathieu ne capta aucun son.

Ce petit ménage dura un moment, jusqu’à ce que la foule se dissipe progressivement. Mathieu prit la direction de sa voiture quand ses collègues partirent, mais essaya de suivre Hyde du regard. Il avait envie de se faire repérer, de rentrer dans l’équipe. Il passa alors à proximité de l'homme, cinq mètres de lui, pour récupérer son véhicule. Il essayait d’avoir la mine la plus dépitée qu’il put. Il savait très bien que ces personnes cherchaient de pauvres âmes à exploiter, et il devait se faire exploiter.
Une fois à sa voiture, une ruine de l’antiquité, il démarra quand on toqua à sa vitre. Il releva la tête, espérant que ce soit Hyde, mais il n’en était rien. Il ne s’agissait que de Terrence. Mathieu soupira, et baissa sa vitre.
- Eh Pete, tu peux me ramener ?
- Pourquoi je ferais ça ?
- Ma voiture. On lui a crevé les pneus.
- On ? demanda Mathieu. C’est Hyde qui t’a fait ça ?
Il nia de la tête. Mathieu soupira puis acquiesça pour que Terrence entre dans la voiture. Mathieu prit donc le chemin de chez Terrence, écoutant ses directives.

- Si ce n’est pas Hyde, c’est qui ? reprit Mathieu.
- Hyde ne fait pas le sale boulot. Mais ça vient de lui …
Il plaqua sa main sur sa bouche. Il n’aurait jamais dû en parler. Peut-être que l’homme à côté de lui travaillait pour Hyde, et il risquait sa peau. Mathieu essaya de paraître le plus amical possible, afin que Terrence puisse lui parler, et donc en apprendre plus sur ce qu’il se passait. Ainsi, il apprit que Hyde en avait après lui car il refusait de sortir des pièces mécaniques des usines.
- Je suis aux composants électroniques. Ça vaut de l’argent, je ne veux pas risquer mon poste, j’ai besoin de cet argent. Même si Hyde paye bien il paraît. Mais j’ai mon intégrité !

Mathieu soupira. Il ne s’attendait pas à ce que soit aussi facile de le faire parler. Il ne devait pas être très malin de raconter autant de choses à un inconnu. Encore heureux que c’était à lui qu’il en parlait.
- Pourquoi des composants électroniques ?
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ? Ces trucs, ça sert à faire démarrer des voitures. Je n’en sais pas plus.
- Il y en a d’autres qui bossent pour eux ?
Il acquiesça.

- Ils font sortir du métal, des démarreurs. J’en ai même vu qui sortaient des pompes à injection.
Mathieu déglutit difficilement. Toutes ses pièces tombaient dans les mains de Harry, et ce n’était pas n’importe quoi comme éléments. Heureusement que son comparse soit aussi naïf, ça lui évitait de réaliser qu’on lui demandait de faire passer de quoi fabriquer une bombe. Ou du moins, des bombes. Terrence se tourna vers Mathieu, surprit que celui-ci se raidisse. Mathieu garda son visage et sa mine ébranlée, et répondit en fixant la route.
- Et ça paye bien ? dit-il, faisant mine d'être très intéressé par l’argent.
- Oui.
- Il n’y a que toi pour les composants ?
- Oui.
- Alors je vais changer de ligne. J’ai besoin de ce fric.
Et d’entrer en contact avec Hyde.

Bonsoir tout le monde ♥
J'espère que vous allez bien, que votre début d'année commence bien, et tout ça, en dépit de l'actualité qui est plus que cauchemardesque.
Pour ceux qui n'auraient pas vu mon petit mot fin janvier sur la page d'accueil de mon blog, je vais ralentir les publications. Je publie cette histoire en old fashion, une technique qui remonte à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Bref, j'écris, je tourne, je retouche, je MaJe, et je recommence. Or, côté perso, je suis dans un chantier innommable qui touche à sa fin, mais qui ne me laisse plus vraiment de week-end de libre.
Donc, pour que vous ayez des MaJs régulières, je publierais chaque dernier week-end du mois, et en général le vendredi. Ce qui nous donne la prochaine MaJ le 25 mars. Je sais qu'un mois, ça peut faire beaucoup, mais ce temps en rab me permet vraiment de prendre de l'avance sur la MaJ suivante, etc. Et ce sera plus serein pour moi que de me fiche la pression pour deux lecteurs :D (Bah oui, y'en a que deux qui se manifestent :p )
Dans tous les cas, je vous fais des bisous, et on se revoit dans un mois ♥
