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J’étais arrivé à peine vingt minutes après avoir quitté Cathe-Line, et cette balade à l’air frais m’avait fait du bien. Et à présent, j’étais dans un parloir destiné aux familles, à attendre qu’on vienne m’amener mon frangin. Je me triturai les doigts, me demandant bien dans quel état je le retrouverai, mais je n’avais pas encore à me plaindre, car bien que les visites lui soient interdites, j’ai expliqué ma situation et j’ai eu le droit de le voir quelques minutes. Fallait pas trop tirer sur ma chance, elle me faisait déjà une fleur là. Après quelques minutes d’attente, la porte d’en face s’ouvrit et je vis mon frère entrer, menotté, suivi de très près par un gardien. Ce dernier lui défit les menottes et s’en alla.
- Vous avez vingt cinq minutes, nous dit-il en refermant la porte derrière lui.
A peine entendis-je le dernier tour de clé que je me précipitai sur mon frère pour le prendre dans mes bras.

 

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- C’est maintenant que je peux plus te voir que je me rends compte qu’en fait tu me soulais pas à squatter tout le temps !
- Comment tu vas ? me demanda-t-il en me repoussant doucement, sûrement étonné de cet élan d’affection. J’ai cru comprendre que j’avais le droit de voir personne, alors que tu sois là me laisse des doutes. Tu devais pas voir le cardio au fait ?
- Tout de suite on parle de moi, soupirai-je.
- Parce que t’es dans un pétrin plus emmerdant que le mien.
- Parle pour toi, tu veux que je te rappelle ce que tu as fait il y a une semaine ?! Mais qu’est-ce qu’il t’a pris ?
Il baissa la tête, comme un enfant qu’on aurait surpris la main dans le pot de bonbons, et tira une chaise pour s’y asseoir, avant de prendre sa tête entre ses mains.

 

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- Je sais pas ce qu’il m’a pris Aaron … J’en sais rien … Je me vois en train de lui dire d’arrêter de s’excuser car j’en avais rien à faire, et l’instant d’après, j’étais dehors, avec du sang plein les mains … Mais qu’est-ce qu’il ne va pas chez moi ?
Je crus percevoir un sanglot dans sa voix, et pourtant je ne bougeais pas. En face de moi, j’avais l’impression de revoir mon frère à dix ans, quand il se protégeait encore derrière moi de ce que les autres pouvaient lui faire.
- Je voulais pas le tuer Aaron, j’te jure … Je voulais pas la tuer, je voulais qu’elle arrête, qu’elle me fiche la paix …
Je m’approchai alors de lui, et posai ma main sur son épaule.

 

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- Shhhh, ça va aller Raise, il faut que tu sois fort, tu vas t’en tirer …
- J’ai tué quelqu’un, je reconnais le meurtre, c’était volontaire, quiconque me connaît sait que j’avais envie de la tuer, je suis déjà fiché comme violent, que leur faut-il de plus ? Tu peux me le dire ?
- Il y a bien un solution Raise, ça va s’arranger … J’en suis persuadé, tu passeras pas toute ta vie ici …
- Pourtant, c’est ce qu’on arrête pas de me répéter, autant me passer la corde au cou dès aujourd’hui, ce sera fait …

 

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A ses mots, j’eus du mal à déglutir. Je n’avais jamais entendu Raise parler de se tuer, ni même d’expier ses pêchés, ce qui était d’autant plus choquant qu’improbable, et avant que je ne m’exprime, il reprit de lui-même la parole.
- Mais je le ferais pas … Je préfère vivre avec ça que te faire du mal en me tuant …
Assommé par ce qu’il venait de dire, je finis par m'appuyer contre le mur le proche, tête baissée. Ce qu’il ne voulait pas faire pour moi, j’étais prêt à le lui faire subir dans quelques mois…

 

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Et à mon tour, les larmes débarquèrent au coin de mes yeux, ravagé par ce que j’allais faire subir à mon frère, à mes proches … à Meredith.
Je suis peut-être bel et bien égoïste finalement ….

 

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