
Je poussai la porte d'entrée tout doucement, ne voulant pas alerter maman ou Drew de ma présence, la première ne quittant pas la maison, le deuxième n'ayant pas d’horaire, je pouvais tomber sur n'importe lequel des deux à l'instant, avec une plus forte probabilité pour ma mère, soyons sérieux. Une fois entrée, je refermais la porte tout aussi doucement derrière moi pour ne pas alerter, mais il ne fallait pas espérer que je passe inaperçue, pas avec les sens de super héros de ma super-maman en cloque.

- Ah, tu es rentrée Mélie. Tu as été retenue au lycée ? Fit-elle en sortant de la cuisine, ses deux mains posées sur son ventre.
- Euh …
Je détournai le regard, un petit sourire gêné sur le visage, voulant faire l'innocente. Mais à moins que mon/ma demi-frère/sœur ne l'ai rendu aveugle en se développant, elle allait bien voir que je n'étais pas en uniforme et que j'avais filé sans la prévenir, elle, la parfaite maman qui se reposait de son éreintant travail de femme enceinte.
- Tu es sortie ? Me questionna-t-elle aussitôt, réduisant mes hypothèses au statut de vérité.

- Euh oui … avec Priam. Il devait m'aider pour bosser un exposé, alors on a du passer à la bibliothèque de sa fac. Je voulais pas me faire remarquer …
Pitié, faites que ça suffise à la convaincre, pitié. Je priais intérieurement, essayant de ne pas laisser transparaître mes émotions sur mon visage, dont mon anxiété. Et voilà, le pire venait d'arriver ...Drew débarquait dans le salon, sortant de la cuisine aussi. Je suis grillée, démasquée, jugée coupable … bonne à brûler sur le bûcher.

- Priam ? Demanda-t-il. Je l'ai pourtant vu avec une fille tout à l'heure en rentrant, pas avec toi...
Sous la surprise, j'écarquillais les yeux, bien qu'un « encore » me démangeait les lèvres. Il me refait ce coup là, du « j'me balade avec une fille alors que je t'avais dit que j'allais rejoindre ma mère ». Enflure !! Je serrais les poings de rage, ce qu'ils remarquèrent tous les deux, y'a des chances. Putain je le hais, je le hais, je le haiiiiiis !
- Mélie ? héla ma mère. Tu te sens bien ?
- Oui oui … il m'a dit qu'il devait partir plus tôt, il avait rendez-vous, je comprends mieux. Vous m'appelez pour dîner ? lâchai-je alors que je montais l'escalier pour entrer dans ma chambre telle une furie, sous leur incompréhension la plus totale. Le carnet va bien attendre, j'ai un autre problème sur le feu.
Je me laissais tomber sur mon lit, attrapai mon téléphone portable et l'appelait, le fureur-o-mètre grimpant en flèche. Si je n'étais pas rouge comme une tomate, c'est que ça n'allait pas tarder.
- Allo ?

- Tu ramènes tes fesses chez moi dans les dix minutes qui suivent si tu tiens à tes couilles !
Et je raccrochai avant d'aller sur le balcon.
Il allait voir de quel bois se chauffait une Mélie abusée, et il allait regretter ces paroles et ces actes. La gueule d'ange ne va pas lui suffire à sauver sa peau cette fois-ci. Je n'avais plus qu'à décrocher la carabine qui traîne dans le grenier et viser juste. Des fois, je me demande si je dois rire de ma vie ou bien en pleurer … Je suis vraiment la première des idiotes !