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J'avais mal au crâne. Je grimaçai et je peinais à ouvrir les yeux. Une lumière blanche semblait m'accueillir, et elle m'irritai atrocement les rétines. Si c'était ça être mort et rencontrer le bon Dieu, j'étais pas preneur, ça fait bien mal partout d'être mort. Je ramenai ma main contre mon visage, voulant masquer les rayons de ce soleil divin, et je fus entravé par quelque chose. J'essayai de dégager mon bras de ce truc, mais me rendais compte que je n'en avais pas la force du tout et le laissai retomber le long de mon corps. Finalement, mes oreilles revinrent à elles elles aussi, et je perçus des sons, comme celui d'un bip régulier qui planait dans la totalité de la pièce. Oui, maintenant, j'en étais sûr, j'étais dans une pièce. Je pris la plus grande inspiration que je pus, et une odeur d'éther me parvint. Bon, ok, je n'étais pas mort, c'était pire, j'étais dans un hôpital. Je m'efforçai finalement à ouvrir les yeux, et tombait nez à nez avec une chambre verte, au moins, ça avait plus de gueule que les hôpitaux américains, ils ne donnaient pas envie de mourir ceux là. Je me redressai tant bien que mal et appuyé sur mes coudes, je découvris Heaven endormie sur un des fauteuils de la chambre. Elle avait changé de tenue et de coiffure, j'en déduisis donc que j'avais dormi plusieurs jours, elle ne se serait pas changée si je n'avais pas dormi que deux jours, elle se change que si c'est vraiment nécessaire quand elle est en situation de crise, c'est elle tout craché.

 

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- Heaven … l'appelai-je alors que je manquai de voix. Heaven …
La belle à l'hôpital dormant ne bougea pas d'un iota, et à court d'idées, et n'ayant en réalité pas du tout de voix, je fis tomber ma planche de soins au sol pour attirer son attention, ce qui ne loupa pas puisqu'elle sursauta presque aussitôt en regardant partout autour d'elle.
- Eh … c'est là que je suis Heav' … soufflai-je.
Elle tourna finalement le visage vers moi avant que celui-ci ne s'inonde sous ses larmes. Elle s'empressa de se lever pour s'approcher de moi et me prendre dans ses bras, sans trop forcer pour ne pas me faire mal.

 

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- Si tu savais à quel point tu m'as foutu les boules, je vais te tuer …
- Te fais pas de bile, mon cœur s'en chargera pour toi en temps et en heure.
- Il a bien faillit se charger de toi il y a pas moins d'une semaine Aaron Hart !
- Tu savais que ça allait arriver, non ? C'est prévu de toute façon … essayai-je de la calmer.
- Mais … Mais pas déjà, pas si vite … Pas tant qu'on a pas visité le monde dans son intégralité, tu le sais bien …
Un nouveau flot de larmes dévala ses joues et je levai ma main doucement pour lui essuyer ces joues.
- Sauf que tu vois, je suis revenu, alors on va le finir ce tour du monde … c'était qu'une fausse alerte, qui m'a fait fichtrement mal.
- Tu …

 

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Elle me regarda droit dans les yeux, et je compris tout de suite ce qu'elle essayait de me faire transmettre comme message, pas besoin de traducteur. « Tu veux vraiment mourir ? ». Et ma réponse ne se fit pas attendre. J'acquiesçai d'un hochement de tête. Je comptais préciser ma pensée quand un médecin flanqué d'une infirmière entra dans ma chambre, sans frapper au préalable, puis fit dégager Heaven. Déjà, lui, j'aime pas son attitude, on rentre pas sans frapper, ça ne se fait pas, et on ne jarte pas ma meilleure amie.

 

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- Mr Hart, content de vous revoir parmi nous, me dit-il. Comment vous sentez-vous ?
- Laissez moi sortir d'ici, maintenant que je suis réveillé, je peux laisser cette chambre à quelqu'un qui en a vraiment besoin.
- Non, sincèrement, je ne crois pas que cela soit possible, vous venez de frôler la mort, ce n'est pas anodin. D'ailleurs nous aimerions des renseignements au sujet de votre cardiopathie. Opérations, date du pacemaker actuel, le cardiologue qui vous suit afin d'accéder à votre dossier médical.

 

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- Allez vous faire foutre, j'ai pas besoin de votre aide, grognai-je en arrachant les tubes qui me reliaient à je ne sais quelle machine.
Je me sentis pâlir d'un coup et le monde tourna flou autour de moi. Oh putain nan, c'est pas vrai … De nouveau, mon cœur n'en fit qu'à sa tête et s'emballa dans ma poitrine, je me crispai comme je pus, grimaçant pour étouffer des cris afin de cacher ce qu'il se passait à Heaven. J'allais encore frôler la mort. Le trou noir arriva plus rapidement cette fois-ci, et de nouveau je sombrai.

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