Header cover
Publicité

- 167 -

- 167 -

 

Mais croire ne suffisait pas à faire apparaitre mon oncle devant mes yeux. Deux jours s'étaient passés durant lesquels j'essayais de me persuader que ce n'était pas lui, que j'avais halluciné mais plus j'y pensais, plus je me disais que c'était trop étrange pour ne pas être lui. Je sais bien que Saint Louis n'est pas la porte à côté, mais il est peut-être revenu pour, je sais pas moi, voir Cathe-Line, Geist ou simplement aller sur la tombe de Papa … Finalement, je lâchai un profond soupir, que mon camarade de fugue souleva.
- Un problème Mélie ?

 

- 167 -


Je tournai la tête vers Emilien, assis en tailleur sur mon lit, entouré de cartes et autres trucs dans le même genre; enfin bref, entouré d'un arsenal du parfait petit voyageur, avec pour objectif : faire une excursion pour Saint Louis pour y retrouver Raise. Bien évidemment, les parents n'étaient pas au courant, et ça nous posait un peu problème, pour justifier notre absence de deux à quatre jours.
- Ca va ? Répéta-t-il.
- Ah euh oui … je pensais à l'autre jour, quand j'ai cru l'avoir vu...
- T'inquiète, on va le retrouver ton oncle. Panique pas pour ça, me rassura-t-il en me prenant la main.

 

- 167 -


Il me sourit, et cela me redonna du baume au cœur. J'attrapai alors une carte que je dépliai devant moi, essayant de me remettre à l'ouvrage, pour ne pas laisser ce pauvre Emilien préparer notre expédition pour moi, tout seul. Je suis loin d'être une esclavagiste vous savez. Même si parfois j'en ai l'air, malgré tout. Je n'ai pas envie de l'exploiter Emilien, ce n'est pas mon objectif secret, je ne suis pas un être démoniaque.
-Mélie !
J'ouvris grands les yeux, complètement surprise et abasourdie, tandis qu'Emilien me retirait la carte des mains pour la poser sur mon lit.
- Tu es sûre que ça va ? T'as vraiment pas l'air dans ton assiette, et je dis pas ça dans le vide.

 

- 167 -


-Je suis frustrée, soufflai-je en me laissant tomber sur mon lit, mains derrière la tête. Je suis convaincue qu'on trouvera rien à Saint Louis, et puis, il était là il y a deux jours. Il peut pas avoir fait autant de bornes pour ne rester qu'une journée et retourner chez lui, surtout qu'il était pas seul, il y avait une femme avec lui.
- C'était Priam Mèl, pas ton oncle.
- Mais qu'est-ce que tu en sais ?! Tu n'étais pas là, tu ne sais pas ce que j'ai vu.
- Je sais que tu as couru après Priam pour lui sauter dans les bras devant sa copine, soupira-t-il. Faudrait que tu tournes la page, non ? Ça fait un mois, oublie le, il reviendra pas de toute manière ...

 

- 167 -


Je me redressai sur les coudes, et le toisai, le sourcil relevé. Le voilà qu'il se la jouait moralisateur, je veux bien, mais quand même, c'était étrange à ce niveau là, je le connaissais pas aussi « protecteur » et avenant avec moi. On avait juste un deal lui moi, rien de plus, ah si, et une table en commun en cours de maths. Pas de quoi en faire tout un plat. Il se rapprocha de moi alors que je m'étais assise correctement, son visage s'approchant du mien.

 

- 167 -


Il était hésitant, je sentais son souffle sur mes lèvres, et j'entendais son cœur battre d'ici, je pourrais presque croire que celui-ci avait décidé de sortir de sa poitrine tellement il était bruyant. Il s'approcha encore de moi, glissant mes jambes de son côté droit, nos bouches à quelques millimètres l'une de l'autre sans qu'aucun de nous ne prononce le moindre mot, il n'y avait que le silence dans ma chambre à ce moment là, et j'étais absolument incapable de bouger, mes yeux rivés dans le regard d'Emilien.

 

- 167 -


Puis son expression changea, interrogatif alors qu'il me regardait toujours dans les yeux, et je perçus un mouvement au niveau de sa bouche, comme s'il voulait parler, quand on brisa le silence de ma chambre.
- Dégage ! Je n'ai rien à te devoir, tu sors de chez moi, et tu ramènes Raise avec toi par la même occasion !
Le simple fait d'entendre ma mère hurler le nom de mon oncle me fit pousser Emilien loin de moi, et descendre au rez de chaussée à toute vitesse, dégringolant les marches en hurlant le nom de mon oncle.

 

- 167 -

 

- Raise ! Attends !
Et une fois arrivée en bas, quelle ne fut pas ma surprise quand dans l'encadrement de la porte ne se tenait pas Raise, mais une femme enceinte jusqu'aux yeux, blonde aux yeux verts, flanquée de deux bambins.
- Vous … fis-je en écarquillant les yeux en reconnaissant la femme que j'avais bousculée quelques semaines plus tôt. Je vous connais …
Elle se tourna vers moi, en souriant.

 

- 167 -


- C'est donc toi Mélie … Je m'appelle Iris Hart. Je suis l'épouse de Raise, ça fait de moi ta tante non ?

Publicité
Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article