
Voilà une bonne heure que j'étais couché, tout habillé, les chaussures en moins, bien évidemment. Méré m'avait juste indiqué la chambre, et la salle de bains la plus proche avant de disparaitre dans sa chambre, et de me laisser seul avec moi même, et mes tracas.
Qu'est-ce que j'avais encore foutu ?
Cette relation est tout sauf saine, pour nous deux.

Premièrement, je vais jamais supporter de la voir avec Florian, j'ai pas spécialement envie de la partager non plus, faut pas rêver. Je crois que certaines limites s'imposent. Et je me sens pas prêt pour ce genre de relation, même si ... je veux espérer que cette situation ne durera pas trop longtemps, je l'espère.

Ensuite, un jour où l'autre, faut pas rêver, mon passé va m'empêcher d'avancer. Je vais lui pourrir la vie, et je refuse de lui dire, je ne veux pas que ça devienne un fardeau pour elle, je n'ai pas à lui imposer ça, déjà que de devoir lui parler de ma cardiopathie me terrifie, alors si je me mets à lui parler de mon passé de prostitué, je l'envoie tout droit en cure.

A force de ruminer, je n'avais même pas entendu que l'on frappait doucement à la porte. Intrigué, je me retournai, et lançai un petit "oui ?" discret, pour ne réveiller personne.
- C'est Méré, je peux entrer ?
- Euh, oui ... viens.

Elle passa la porte, vêtue de son pyjama, ses cheveux d'ordinaire lissés étaient ondulés et attachés lâchement, lui retombant sur l'épaule. Elle se tenait dans l'embrasure de la porte, sans bouger pour autant. Je m'assis alors en tailleur sur mon lit, intrigué.
- Bah, viens t'asseoir. T'es chez toi ici, non ?
Elle opina doucement avant de s'asseoir devant moi, et de se blottir d'elle même dans mes bras.

- Méré ?
- Je n'arrive pas à dormir, toi non plus visiblement.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Je sais pas, le sommeil qui s'est pas décidé à me venir me voir, dit-elle. Et toi ?
- Des trucs qui me sortent pas de la tête, avouai-je.
- Ah ouais, comme quoi ?

- Vaut mieux pas que tu saches.
- Eh, on sort ensemble monsieur le grincheux, j'ai le droit de savoir.
- Ce sera pour une prochaine fois mademoiselle l'inspectrice. Si tu sais tout maintenant, tu vas me jeter, riai-je.
- Mais non, je suis pas prête de te lâcher j'ai dit, dit-elle en baillant.
- Une prochaine fois, insistai-je. Tu ferais mieux de t'endormir, tu bailles comme pas possible.
- Aaron ?
- Quoi encore ?
- Je peux dormir avec toi ? Je te promets de rejoindre ma chambre avant que mes parents se réveillent, dis moi oui.
Je soupirai, lassé, avant d'acquiescer d'un mouvement de tête. Nous allongeâmes alors tous les deux, Meredith se blottissant contre moi, tandis que j'essayais de passer par dessus mes craintes pour la tolérer dans mes bas.

- Bonne nuit Aaron.
- Ouais, c'est ça. Dors bien Meredith.
Et elle ferma les yeux, tandis que je regardai par la fenêtre, pas à mon aise. La nuit promet d'être longue.