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Samedi, c'est dans la chambre d'amis chez Meredith que je me suis réveillé ce matin là. Elle m'avait proposé de rester dormir chez elle, car ses parents partaient en weekend seulement tous les deux, lui laissant la maison à elle toute seule. Ils n'avaient rien dit quand je suis arrivé avec mon sac sur l'épaule, ni au repas du soir, et techniquement ce matin, ils partaient à quatre heures du mat', ce qui fait que, à l'instant même, je suis seul avec Meredith dans la maison. Et personnellement, rien que cette idée m'enchante, même si je vais rien laisser paraitre, à toujours rester sur mes gardes.

 

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A force de fixer le plafond, mes yeux se sont finalement refermés, apparemment pas réveillés, je crois que je peux encore gratter quelques minutes de sommeil avant de me retrouver dans l'obligation de quitter ce lit.
Les yeux clos, je ne résistai pas longtemps avant de succomber au sommeil, jusqu'à ce qu'un poids sur mon ventre me fasse réagir, et ouvrir en grand les yeux.

 

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- Bonjour ! me dit-elle avec un grand sourire, logée entre mes jambes.
- Ah ? Oui, salut, soufflai-je finalement, pressé qu'elle change de position pour se décoller de moi.
- Bien dormi ?
- Pas mal ouais ? Ça fait longtemps que t'es là ?
- Cinq minutes, pas plus. J'osais pas te réveiller, t'es trop chou quand tu dors.
- Bah, merci, ... Je vais aller me changer, dis-je afin de trouver un moyen de la faire déguerpir le plus vite possible.

 

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Je me redressai afin de m'asseoir sur le lit, et bien évidemment, elle fit de même, s'asseyant en face de moi, la mine triste. Qu'est-ce que j'ai encore fait ? Bon, d'accord, j'aurais peut-être du trouver une meilleure façon, mais ... enfin voilà quoi.
- Méré ?
-Pourquoi dès que je me colle un peu trop à toi, tu me repousses sans ménagement ?
- Hein ?
- Oui, comme tu viens de le faire maintenant là... Tu viens de me rejetter avec ton excuse à trois balles alors que tu peux rester en survêtement ce matin, puisqu'on avait décidé de pas bouger d'ici de la matinée.

 

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Merde, merde, merde ! Je voulais pas qu'elle le remarque maintenant moi ! Je voulais même qu'elle s'en rende pas compte du tout, je pensais que j'arriverais à me reprendre tout seul, sans rien lui dire, que je garderai cette partie de moi, que je partirai dans la tombe avec quoi ! Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me sorte ça !
- Je ...
- Je me disais bien que tu me cachais quelque chose, j'ai pas la berlue tu sais.
- ...
- Dis quelque chose, fait pas la carpe. Enfin, je sais pas, réagis merde !

 

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- Je n'aime pas les contacts, voilà, grognai-je. T'es contente ? Depuis tout petit, je ne supporte pas ça, je n'aime pas quand quelqu'un se retrouve trop proche de moi, et depuis que je te connais, je fais des efforts considérables, tu comprends ?
- Comment ...? Enfin ... il y a bien eu quelque chose pour que tu ne puisses pas te rapprocher des gens quand même.
Oui, bien sûr qu'il y a eu quelque chose, je me suis prostitué, et je ne supporte plus qu'une femme, n'importe qui soit-elle, ne me touche. Bien sûr que je vais te dire ça, et tu vas être contente de savoir que tu quittes un ordure pour un déchet de la société.

 

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Finalement, je pris une grande inspiration. Après tout, quitte à ce que je sorte avec elle, on va bien devoir par en arriver par là, non ? Qu'on se raconte nos secrets, notre passé, même si ce n'est pas ça qui m'enchante au plus haut point.
- J'ai été battu par mon père, dis-je en détournant les yeux.
Ce qui est totalement vrai, qu'on me dise pas que je mente, même si ce n'est pas ça qui m'empêche d'être proche d'elle, ça suffira pour un temps, ou du moins, je l'espère.
- Je suis désolée. J'aurais jamais dû te forcer à le dire, vraiment, je suis désolée.
- C'est rien. Tu allais bien t'en rendre compte un jour.

 

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Elle me regarda, suppliante, et je compris à son regard qu'elle voulait me prendre dans ses bras, qu'elle voulait la permission de le faire, qu'elle ne voulait pas me forcer, m'imposer ça.
- Allez, viens, lui soufflai-je en tendant les bras pour qu'elle vienne vers moi.

 

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- Je suis vraiment, vraiment désolée, me dit-elle après. Si j'avais su, j'aurais pas été aussi indélicate, je t'aurais forcé de rien, je sers vraiment à rien.
- Eh, dis pas ça. Tu pouvais pas savoir non plus, c'est pas inscrit sur mon front quand même.
- C'est vrai.
- Je te promets de faire des efforts, lui soufflai-je. Si tu me promets, en retour, de pas aller trop vite avec moi, je suis buté sur le sujet.
- Promis.
On resta ainsi, enlacés, pendant quelques minutes, et étrangement, le fait de lui avoir dit ma gêne me facilitai déjà la tâche. Je n'avais plus à me contenir de pas exploser en attendant qu'elle s'en aille d'elle même.
- Aaron ? me demanda-t-elle timidement en relevant la tête.
- Quoi ?
- Je peux t'embrasser ?
Sa question, sur le coup, me fit rire, puisqu'elle ne prenait pas la peine de me demander avant.
- Pas besoin de me demander, t'en fais un peu beaucoup là, me moquai-je d'elle gentiment.
Elle sourit, comme d'habitude, j'allais vraiment faire une cure de bonne humeur avant qu'elle ne se détache de moi pour s'installer au dessus de moi, et de prendre mon visage entre ses mains, et de m'embrasser sur le bout des lèvres.

 

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- Je dois vraiment te paraitre chiante, me souffla-t-elle.
- Pourquoi ça ? m'intriguai-je.
- A être super tactile comme fille, avec toi qui n'aime pas ça, on fait bien la paire.
- On a tous nos raisons, tu ne penses pas ?
- Si, je le crois aussi, murmura-t-elle avant de plonger de nouveau sur mes lèvres en un baiser auquel je répondis sans aucune gêne, posant mes mains sur ses hanches, juste heureux de pouvoir être enfin compris par quelqu'un.

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