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Quand je poussai la porte à la suite de Méré, je la vis qui discutait avec la blonde, mais apparemment, aucune trace du nain dans les parages, ce qui ne laissait présager qu'une seule chose : le machin a bel et bien pris la fuite. Je profitai qu'elle ne m'avait pas vu pour partir aussitôt sur ma droite, dans un renfoncement ou j'avais cru entendre des rires de mioche.

 

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Et en effet, il est là, assis par terre, à jouer avec ses mains en riant, avant qu'il ne tourne la tête vers moi pour me regarder avec de grands yeux étonnés. S'il se met à hurler ou à pleurer, je lui écrase le nez contre le mur, je préviens !
- N'arone ! lâcha-t-il en dansant sur lui même.
Je restai bouche bée, je m'attendais pas à ce qu'un truc aussi petit ait autant de mémoire.

 

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- Allez viens, dis-je en le prenant dans mes bras. On va te ramener à ta mère.
Ouvrez bien grand les yeux, c'est la seule fois que je me permets de prendre un mioche dans mes bras, ces trucs là, ça gigote tout le temps, ça braille et ça te dégueule dessus quand ça t'aime pas !
- N'arone ! continua-t-il.
- Ouais, c'est ça, Aaron.

 

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- Bon, tu te tais, lui dis-je alors qu'on approchait de sa mère, en pleine discussion avec Meredith, et apparemment démoralisée.
- Ne vous inquiétez pas, entendis-je Meredith lui dire. On va le retrouver votre fils.
- Méré ! appelai-je. Je l'ai trouvé.
Elle se retourna vers moi, avant de dire à Ath' « vous avez vu, il est pas perdu » et de s'approcher de moi pour prendre le relais et prendre le nain dans ses bras, c'est pas trop tôt.

 

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- Coucou bonhomme, fit Méré en le tenant à bout de bras. Bah alors, tu t'éclipses sans rien dire ?
- Tu le connais même pas ce gosse, fis-je en riant.
- Il est trop mignon pour faire comme si je le connaissais pas, continua-t-elle, complètement sous le charme de ce gosse.
- Aaron ? C'est toi ? demanda la blonde en s'approchant de nous.

 

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Je pouvais pas l'éviter non plus, je venais de lui retrouver son nain, et elle en manque pas une pour m'emmerder, ça commence à devenir une habitude.
- 'lut, bougonnai-je quand elle se retrouve en face de moi.
- Merci ! hurla-t-elle en sautant à mon cou comme une parfaite hystérique, ce qu'elle est totalement, faut l'avouer.

 

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- Je le prends comment moi ? lâcha une voix alors qu'elle était pendue à mon cou, je viens pas de la demander en mariage quand même, rassurez-moi, que je comprenne sa réaction.
- Aaron a retrouvé Priam mon chéri ! dit-elle sans pour autant se décoller de moi.
- Bon, tu me lâches oui ? Si tu surveillais ton machin, j'aurais pas eu à te le rapporter.
Quand elle se décolla de moi, sans pour autant perdre sa bonne humeur - c'est moi où les gens se fichent pas mal de ce que je dis en ce moment ?! - le dénommé Daren se rapprocha de moi.

 

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- Daren Parker, me dit-il en me tendant la main, que je ne serrais pas.
- Aaron, et je lui veux rien à ta blonde là, pas la peine de me piquer ta crise de jalousie, c'est elle qui se colle à moi.
- Je ne te dis rien, resta-t-il impassible à mon plus grand étonnement. Je me présente, c'est tout. Et merci d'avoir retrouvé Priam.
- Papa ! piailla le machin en se débattant des bras de Méré pour qu'il vienne le prendre, ce qu'il fit aussitôt.

 

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- C'est ta petite amie ? me demanda Ath' en se rapprochant de nous.
Je n'eus même pas le temps de répondre qu'elle se tourna vers elle.
- Athénaïs, lui dit-elle simplement. Et toi, c'est Méré, c'est ça ?
- Meredith, mais vous pouvez dire Méré, ça ne me gêne pas, c'est parce que c'est plus simple pour beaucoup de monde.

 

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Et c'est reparti, la voilà à jouer les commères tandis que Daren s'éclipsait avec le nain, après nous avoir indiqué qu'il allait le mettre au lit, enfin, surtout à la blonde, parce que moi, ça ne m'intéresse pas plus que ça, soyons honnêtes, je m'en fous pas mal d'elle et de sa famille, et me dites pas que je suis jaloux parce qu'elle a une famille sans problème, parce que c'est faux ! Je suis pas jaloux de tout ce qui se passe sous mon nez non plus.

 

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- Et donc, te voilà rendue à supporter mon petit Aaron ? rit-elle ce qui me décrocha de mes songes.
- Eh ! Je suis pas ton Aaron, grognai-je.
- Mais c'est affectueux voyons, ajouta-t-elle à mon égard. T'es trop chou quand tu grognes !
- Là, je suis d'accord, renchérit Méré.
- Et toi, t'es culottée, la sermonnai-je. Et tu sais très bien de quoi je parle.

 

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- On avait dit qu'on oubliait Aaron, me supplia-t-elle. On ne peut pas essayer d'être amis ?
- Tu as dit qu'on oubliait, j'ai jamais donné mon accord. Estime toi heureuse que je te foute pas la raclée de ta vie, tu mériterais que ça.
- Aaron, souffla Méré.
Elle devait sûrement penser que j'allais trop loin, après tout, elle pense ce qu'elle veut, elle n'a rien à dire sur ce que je pense de cette connasse.
- Calme-toi, je t'en prie, reprit-elle.
- Tu devrais écouter ta petite amie, me dit-elle tristement.
- Ce n'est pas ma petite amie !

 

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Un silence de mort plomba l'ambiance, et le temps que je réalise les mots qui venait de sortir de ma bouche sous le poids de la colère, Meredith avait déjà les yeux emplis de larmes et me lançait un regard lourd d'accusation, et je sentais très bien qu'à l'instant, elle n'avait qu'une seule envie, celle de me découper la tête.
- Méré ... suppliai-je, excuse moi...

 

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Elle hocha la tête de droite à gauche, la bouche fermée, retenant ses larmes tandis que je m'avançais vers elle doucement, mais à chacun de mes pas vers, elle se décalait un peu plus vers la porte de chez elle.
- Meredith ... je voulais pas dire ça, je m'excuse, c'est sorti tout seul ....
- Tu voulais pas le dire, mais tu l'as dit quand même, finit-elle avant de rentrer dans la maison, ce qui eut pour effet de me faire tomber au sol, incompréhensif.

 

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- Qu'est-ce que j'ai fait ? dis-je pour moi même, abasourdi.
- Tu veux que je te le répète mot pour mot ? me fit Ath' assise en face de moi.
- Non, je crois que j'ai compris. Mais ... Putain, quel con !
- Ca, tu l'as dit, tu l'as pas joué très fin sur ce coup là.
- Tu peux arrêter de me poursuivre ? la fusillai-je du regard. C'est de ta faute ça !
Elle soupira un grand coup avant de me donner une claque, que je ne vis même pas venir.
- Non, c'est de la tienne couillon ! Nan, mais tu réalises ce que tu es ou pas ?

 

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- Quoi ?
- Cette fille, je l'estime très courageuse de sortir avec toi, plus d'une t'auraient lâché au bout d'une heure.
- Je te demande pas de me faire la morale, va crever, cinglai-je.
- Non, mais tu t'es vu ? A envoyer promener tout le monde comme ça, à ne vivre que pour toi ! Mais merde, la vie ne s'arrête pas à un malheur, peu importe soit-il, fait avancer ! Et toi, tu stagnes ! Rien que ton attitude à mon égard me le montre ! Si tu avais tiré un trait sur ton passé comme tu dis, tu serais pas là à me le rappeler par allusion dès que tu me vois ! Grandis merde ! Je pensais, en te voyant avec elle, que t'aurais changé de façon de voir les choses ... on dirait un gosse pourri gâté. Tu me fais vraiment pitié Aaron.
- J'ai pas besoin de ta pitié.

 

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Malgré moi, des larmes roulèrent doucement et discrètement le long de mes joues, avant que je ne les balaye d'un revers de main, c'est pas le moment de faire les chochottes, j'ai un autre problème sur le feu.
- Ça fait combien de temps que tu la connais ? Si ça t'embête pas de répondre bien sûr ...
- Un peu moins d'un mois, répondis-je sans réfléchir.
- Et tu sors avec elle depuis quand ?
- Jeudi soir, c'est là que ça c'est décidé, même si on se cherchait avant. A quoi ça te sert de savoir ça hein ? t'es juste curieuse.
- Je constate juste un truc, me dit-elle en souriant.
- Ah ? Et quoi ?

 

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- Si ça ne fait que deux jours que tu sors avec elle, et que tu te mets à pleurer à cause de ta connerie, c'est que t'es pas si insensible que ça, si tu vois ce que je veux dire.
- Hein ?
- T'y tiens à ta punkette, c'est aussi simple que ça.
- Mais, j'ai jamais dit que ...
- Je te parle pas d'amour Aaron, soupira-t-elle, je veux bien te croire si tu me dis qu'il est trop tôt pour ça. Tu t'es juste trop rapproché d'elle, et maintenant, tu veux pas la laisser filer, c'est tout, pas plus compliqué que ça.

 

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- Arrête avec ta psychologie de couloir ...
- Pourquoi tu te refermes aussitôt dès qu'il est question de s'attacher aux gens ? Si tu lui as balancé ça devant moi, c'est pour me montrer que tu ne t'attaches pas, c'est ça ... Avoue le.
Je préférais me taire, même si elle avait entièrement raison. Je n'ai jamais voulu que ça se sache pour Meredith et moi, j'aurais espéré qu'on continue comme ça tous les deux, sans que personne à part Cory et Enzo ne le sache, que je n'ai pas à me justifier ... ni devant Heaven, ni devant elle ... ni même devant moi.

 

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- Et je fais quoi moi ? soupirai-je.
- Soit tu tentes le tout pour le tout et tu vas t'excuser immédiatement, soit tu la laisses seule un peu, et tu reviens t'excuser plus tard, il n'y a pas de solution miracle.
Silencieux, je regardai droit devant moi, la tête totalement ailleurs. Je m'attendais pas à ce genre de situation, je pensais que je pouvais toujours tout prévoir, et il a fallut que je fasse l'imbécile.
Après une grande inspiration, je pris mon courage à deux mains pour me lever et entrer dans la maison, derrière un « bon courage » lancé par Ath'.
Je pourrais commencer à l'apprécier.

 

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Comme je m'y attendais, une fois dans le salon, pas une âme qui vive. Aucun doute, elle était en haut, dans sa chambre, en train de me maudire.
L'envie de monter, pour aller me planter devant la porte de sa chambre, était plutôt tentante, mais je crois que j'ai fait assez conneries comme ça pour aujourd'hui, je vais m'abstenir d'en commettre une nouvelle.
Je tournai alors la tête pour voir, à ma droite, les restes de nos révisions, vers lesquels je me tournai, bien décidé à ne pas partir comme un voleur.

 

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Je m'approchai de la table, attrapai un crayon ainsi qu'un carnet blanc, avant d'y écrire un essai de justification, et une demande de pardon.
C'est pas ce qu'il y a de plus facile pour moi, à toujours jouer le fier, et voilà où j'en suis aujourd'hui, à force de faire l'imbécile. Après Drew, Heaven - quoique entre elle et moi, c'est dur à casser - ce serait au tour de Meredith de me lâcher, et je refuse de la laisser filer sans m'expliquer un minimum.
Le texte écrit, je me relisais, espérant ne pas tomber dans la niaiserie, enfin, je ne pense pas, c'est pas vraiment genre, avant de signer la missive, et de la laisser sur la table de la cuisine, elle redescendra bien un jour. Je ne fais pas de soucis pour ça, avant que je ne parte d'ici, refermant soigneusement la porte derrière moi.

 

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« Méré,
Je tenais à m'excuser de vive voix à toi, à m'expliquer avec toi, mais apparement, tu ne veux pas me voir pour l'instant. Je ne veux pas partir sans m'expliquer un peu avec toi, donc je t'écris ce que j'aimerais te dire en face.
Je ne suis qu'un sombre imbécile, un crétin, tout ce que tu veux et que tu penses le mieux adapté à mon caractère, tu peux même me maudire, je l'ai certainement bien mérité.
Je veux juste te dire que je m'en veux, mes mots ont dépassé ma pensée. Dire que ce j'ai dit de vive voix était faux serait m'enfoncer, disons que c'est une réalité que j'aurais aimé garder pour moi, je ne suis pas expressif comme personne, je crois que tu l'as compris, les effusions ne sont pas mon genre, parce que ça me fait peur. J'ai peur de ce que pourrait penser les autres, et j'ai eu peur de ce qu'elle pourrait penser.
Je te demande de bien vouloir me pardonner, parce qu'une chose est belle et bien sûre : je n'ai pas envie de te perdre.
Si tu me cherches, on ne sait jamais, je serais chez Heaven, j'ai trop fait l'imbécile ces derniers temps. Je te laisse l'adresse plus bas. Bon weekend.
Aaron. »

 

 

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