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- Quoi ?
Il m’avait été impossible de retenir ce simple petit mot, sous le choc.
Je ne l’avais pas revue depuis trois semaines, et elle me semblait distante, ailleurs, comme si elle ne se rappelait plus de moi, comme si je n’avais été qu’un simple passant dans la rue, comme ça, oublié d’un claquement de doigts. Et elle comptait faire quoi avec sa phrase à trois centimes là. Qu’on parle ? Elle est bien bonne celle là ! Comme si j’avais quelque chose à dire aussi ?! Je me suis excusé aussitôt, j’ai même pris le risque de paraître ridicule à ses yeux, et elle n’a même pas la politesse de me donner signe de vie pendant ces trois affreuses semaines ! Elle s’est crue où ?

 

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- On a des choses à se dire, répéta-t-elle toujours sur le même ton indifférent, ce qui, finalement, finit par me faire exploser.
Je suis trop nerveux en ce moment, je ne tiens plus. Entre mon frère qui se prend des coups à cause de moi, Heaven qui décide de me faire cracher le morceau et ses foutus souvenirs que j’ai fait revenir exprès pour elle, merde, c’est pour elle que je me suis juré de regarder derrière pour faire face à tout ça, pour ne plus rien refouler. Et tout ce à quoi j’ai droit, c’est « il faut qu’on parle » !
Énervé, je finis par m’installer en face d’elle et de frapper mon poing contre le mur, me positionnant en face d’elle, lui lançant un regard noir, bien décidé à lui faire savoir le fond de ma pensée.

 

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- Parler ? commençai-je au bords de la crise de nerfs. J’ai voulu te parler, t’as rien voulu entendre ! Je me suis excusé ! De vive voix, par écrit, mais non, rien, pas une nouvelle ! Et tu crois encore que tu as le droit de te pointer ici, comme si tu ne m’avais pas assez bousillé la vie comme ça ?! Tu sais ce que je vis depuis trois semaines oui ou merde ?! A espérer une réponse, même négative, de toi, qui préfère jouer les fantômes ! Et tu te pointes comme une fleur ? Comme ça ? Nickel, c’est la fête !
Elle tourna la tête, les larmes aux yeux, j’y suis peut-être allé un peu fort.

 

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- Je suis désolée, souffla-t-elle finalement. Je ne voulais pas que ça te fasse du mal comme ça, je pensais bien faire…
- Bien faire ? m’estomaquai-je, refusant de coopérer. Tu sais ce que j’ai fait ou pas pendant trois semaines ? Ri…
Je fus coupé dans ma phrase par Meredith qui s’était hissée sur la pointe des pieds, ses mains posées contre moi afin de m’embrasser.

 

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Je n’avais pas pu fermer les yeux, surpris par son geste, ne m’attendant surtout pas à ça, et je vis que les larmes continuaient de couler malgré le fait qu’elle ait les yeux fermés. Je sentais très bien, malgré le fait que je reste figé, pour ne pas céder, qu’elle essayait de passer le barrage de mes lèvres, qu’elle voulait approfondir ce baiser, avant que je ne cède finalement, fermant doucement les yeux, pour poser mes mains sur sa taille, et savourer sa présence dans mes bras, de l’avoir enfin avec moi après toute cette attente, après ces trois semaines interminables.

 

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Elle se décolla finalement de mes lèvres, les yeux baissés, mais je l’empêchai de filer, d’esquiver, de briser ce morceau de rêve que j’avais envie de prolonger.
- Je suis désolée, répéta-t-elle.
- Pour quoi ? Pour ça ? rétorquai-je en allusion au baiser. Tu vois bien qu’il n’y a pas de quoi t’excuser …
- Non, pour n’avoir rien dit, continua-t-elle sans pour autant me regarder.

 

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- Méré … soufflai-je, pour la faire réagir, et arrêter de se morfondre.
- Je suis complètement idiote, paniqua-t-elle aussitôt. Un peu plus, et … et … tu ne voulais plus me voir, quelle imbécile je fais !
- Eh, calme-toi cinq minutes, tu veux ? Je suis navré de t’avoir gueulé dessus comme ça, vraiment. J’aurais pas du, on en parle plus.
Elle essuya ses larmes d’un revers de manche avant de me regarder dans les yeux, timide.

 

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- Viens, fit-elle en m’attrapant le poignet. Si on reste là, on va se faire capter.
- Où veux tu qu’on aille ? m’enquis-je, étonné.
- Dans un petit café que je connais bien, tu verras, c’est à deux pas, continua-t-elle en me tirant par la main, alors que je ne bougeais pas.
- Aaron ?
- Nan, c’est bon je te suis, lui répondis-je simplement alors qu’elle m’entraînait vers le centre ville.

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