
Le moment qu’Akira préférait dans sa journée, c’était le petit déjeuner. C’était même un rituel. Elle se levait, allait dans la cuisine pour mettre la cafetière en marche, prenait sa douche, et se préparait pour sa journée. Ainsi, quand elle arrivait dans la cuisine, non seulement le café était prêt et chaud, mais elle était prête à partir et elle pouvait profiter sereinement de cet instant privilégié. En général, Carmen, son épouse, arrivait peu de temps après, en pyjama, pour partager ensemble le premier repas de la journée.

- Bonjour mon amour, lui dit Carmen en s’approchant d’elle pour l’embrasser sur la joue. Tu as bien dormi ?
Akira hocha la tête en guise de réponse positive. Elle porta sa tasse à ses lèvres, savourant son café et ce début de journée prometteur. Du moins, la journée commençait plutôt bien. Jusqu’à ce que son téléphone se mette à sonner, déclenchant ainsi une colère et une mauvaise humeur toute légitime pour l'inspectrice. En un coup d'œil, sa journée était fichue. Quand bien même elle adorait son travail dans la police, elle n’appréciait pas trop d’aller sur une scène de crime en plein milieu de son petit déjeuner.
Elle décrocha alors son téléphone, et regarda Carmen avec une moue désolée.

- Akira, dit-elle sobrement.
- Bonjour Akira, c’est Clive. On a un cadavre qui relève de tes compétences, le chef te demande. Le légiste est déjà sur place.
- Qui c’est ? demanda Akira en se levant.
Elle s’essuya la bouche, fit un léger signe de la main à son épouse et sortit de chez elle une fois qu’elle eut attrapé son sac.
- On attend une confirmation d’identité, mais ce serait l’assistante de Eliott Thatch, l’avocat de Mayers.
- Faith Thatch ? demanda Akira. L’épouse de Thatch ?
Son collègue se fit silencieux de l’autre côté du téléphone. Apparemment, le doute était assez présent pour qu’il ne soit pas capable de l’affirmer ou l’infirmer. Le téléphone d’Akira émit une légère sonnerie : son chef venait de lui renvoyer l’adresse par message. Elle n’avait plus qu’à aller le constater par elle-même.

Ses talons claquaient au rythme de ses pas rapides sur le trottoir, et elle rejoignit son véhicule qu’elle démarra en trombe en direction de la scène de crime. En temps normal, le simple cadavre d’une femme ne faisait pas partie de ses missions. Elle travaillait à la brigade des mœurs et non à la criminelle. Son dossier de fond, c’était le gang de Harry Mayers, et elle ne se déplaçait sur une scène de meurtre que si Mayers était impliqué. Mais le simple fait que cette femme fasse partie de l’environnement proche de Eliott Thatch avait fait remonter ce cadavre dans ses dossiers.

Elle arriva en quelques minutes à l’adresse, qui était déjà bien entourée de véhicules de police. Ces collègues avaient bien fait leur travail, il n’y avait pas trop de curieux, et ça arrangeait plutôt tout le monde. Elle se gara alors sur le trottoir et jeta un œil à la maison. Il s’agissait d’une petite maison pavillonnaire, tout ce qu’il y avait de plus banal, avec un jardin, des clôtures bien propres. Elle sortit de son véhicule, esquiva ses collègues qui s’affairaient et passa sous les scellés de la police. Elle rejoignit alors le médecin légiste dans la maison, et le repéra bien vite, accompagné de policiers qui prenaient toute la pièce en photo, ne voulant oublier aucun détail. Elle s’approcha alors de lui, et de la victime.

La femme était étendue à plat ventre dans son salon, la tête légèrement tournée sur le côté. Ses yeux étaient exorbités, sa bouche grande ouverte. Elle était vêtue d’un tailleur et ses pieds étaient encore chaussés de chaussures à talons. Quant à sa coiffure, hormis quelques mèches volantes, elle était impeccable.
- Bonjour inspectrice. Vous avez l’air de super bonne humeur, lui dit le médecin avec un sourire amusé.
- Bonjour Lillywhite, répondit Akira. Vous voulez vraiment qu’on parle de mon humeur ? Je n’ai même pas fini mon café, j’espère qu’au moins il y en a au poste. Je peux avoir un topo ? dit-elle en pointant le cadavre.
- Savannah Envey, 28 ans, assistante d’Eliott Thatch, avocat. Le meurtrier l’a probablement surprise au retour du travail, lui dit Lillywhite en écho à ses pensées.
- On a une idée de l’heure du décès ?
Akira s’accroupit à proximité du cadavre, soulagée d’une certaine manière que ce ne soit pas l’épouse de l’avocat. Une impressionnante tache de sang se déployait sous son omoplate, avec un point central plus sombre. On lui avait tiré dessus.

- Cela fait environ une douzaine d’heures. Entre vingt et vingt et une heures.
Elle regarda autour d’elle, cherchant des indices. Mais la pièce était nickelle, hormis le sang qui s’étalait autour de Savannah.
- On a trouvé la douille ?
- Non, lui répondit le légiste. Et on ne trouvera probablement pas la balle non plus.
Akira se releva et regarda le légiste en haussant un sourcil, interrogative. Comment ça on ne retrouverait probablement pas la balle ?
- Regardez la plaie de plus près, elle a été ouverte. Le meurtrier a bien pris soin de retirer la balle de sa victime avant de partir. A ce rythme, si tous les meurtriers se mettent à faire ça, je vais perdre mon travail. Ils pourraient au moins me laisser les balles à extraire, c’est à ça que je sers …
- Oui, c’est bon. On a compris, shh !
L’inspectrice se pencha alors, et regarda plus attentivement la blessure de la victime. Il avait raison. Ce n’était pas le travail le plus propre qu’elle ait vu de toute sa carrière, mais c’était efficace. Du moins, ça en avait l’air. Seule une autopsie plus approfondie pourra confirmer l’hypothèse du légiste. Akira passa sa main sur sa nuque, troublée.

- Elle le connaissait, dit-elle puis voyant que le médecin ne la suivait pas elle poursuivit : il n’y a aucune trace de lutte autour d’elle. Tout à l’air à sa place et même aligné au cordeau. Elle ne porte pas de trace de violence non plus. Je n’ai pas fait attention à la porte, mais je suppose qu’elle n’a pas été fracturée.
Elle fit alors le tour de la pièce, se mettant dans la position probable de Savannah au moment du meurtre. Elle regarda en face d’elle : une bibliothèque, des cadres et la cheminée.
- Elle ouvre à son visiteur, qui lui demande quelque chose. Un document, un dossier, que sais-je. Elle acquiesce, se retourne et se dirige vers la bibliothèque. Là, il lui tire dessus, dans le dos. Elle s’effondre et il nettoie. Un vrai travail de pro.
- Si c’est un travail de professionnel du nettoyage, pourquoi le cadavre est encore là ? En principe, leur travail c’est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de cadavre. Hors là, on en a un. Pourquoi se donner tant de peine pour camoufler ses traces alors qu’il aurait été mille fois plus simple de l’incinérer dans un coin ou de la jeter à l’eau ? Ou même de juste la poignarder. Le résultat aurait été le même, sans qu’il se donne autant de peine.

Akira releva la tête vers Lillywhite. Il avait raison sur tous ces points, mais plus habitué aux meurtres passionnels ou impulsifs, il n’avait pas le même regard qu’un habitué du bureau de mœurs. Il fallait penser comme eux si on voulait les comprendre et résoudre les affaires. Elle se tourna alors vers lui, pédagogue.
- Parce que le commanditaire voulait qu’on la trouve, tuée par balle. C’est un message, reste à savoir à qui il est adressé. Mais une chose est sûre : ce meurtre porte la signature de Harry Mayers.

Bonjour tout le monde !!
Du sang ! Enfin du saaaaaang ! Il était temps, j'étais légèrement en manque : plus de 75 articles sans sadisme pur, je suis pas faite pour ça, niark !
Et si jamais le nom de Savannah Envey ne vous est pas inconnu, c'est parce qu'elle nous vient tout droit de This Is War. C'était la photographe New Yorkaise qui accueillait Aaron et Heaven lors de leurs aventures : vous pouvez la retrouver ici. Bon, elle n'a pas décidé de changer de carrière hein, on va dire que c'est sa sœur jumelle dans un monde parallèle (ou juste moi qui m'amuse quand j'ai besoin de PNJ)
Sinon, petite info pratico-pratique :
Pour ceux qui ne le saurait pas encore, je travaille dans le tourisme, et si vous suivez le calendrier, c'est bientôt les grandes vacances ! Ce qui correspond dans mon travail à une forte période d'activité avec plus de taff, plus d'animations à superviser et encore plus de touristes et de gens pas toujours gentils merveilleux. En gros, je vais finir sur les rotules et dormir mes jours de repos.
Il n'y aura donc pas de MaJ en Juillet et Août. Je préfère ne rien programmer et ne pas me mettre la pression. Mais je vais en profiter pour avancer sur DTA (promis, je vous abandonne pas) et je vous retrouve donc à la rentrée ♥
Cœur sur vos c*ls ♥
