
Lundi 19 juin – J-7 avant le début des examens – Stressé ? Non, pas encore !

Dans la soirée, hier, Meredith m’avait généreusement proposé, comme d’habitude, de dormir chez elle, je vais d’ailleurs finir par me prendre un abonnement à ce rythme là, et c’est donc tout naturellement que ce matin, à savoir donc lundi, je l’accompagne au lycée, tous les sens en alerte à a moindre vue de Florian, Cory n’étant pas là aujourd’hui pour veiller sur elle.
J’avais passé mon bras gauche autour des épaules, lançant des regards noirs à tout ceux que ça pouvait gêner, étant donner que c’est la première fois depuis que l’ont sort ensemble, que l’on s’affiche devant tout le monde, en uniforme … montrant bien la différence entre nous deux.

- Arrête Aaron, souffla-t-elle en posant sa main droite sur ma main gauche. Ca me gêne.
- Il n'y a pas de raisons, lui dis-je.
- Et toi, tu n’as aucune raison de te montrer propriétaire comme ça, c’est gênant.
- J’ai pas envie qu’on te tombe dessus, de cette manière, c’est clair pour tout le monde, tu es ma petite amie, et les autres, ils te regardent de travers, je les tue.
Elle s’arrêta net, en riant, pour se poster en face de moi, ses mains sur mon torse.

- Tu sais que tu es mignon et adorable quand tu veux ?
- Si ça te plait pas, je me remets à grogner …
- Surtout pas ! me coupa-t-elle aussitôt, ce qui me fit rire. J’ai eu trop de mal à te dérider, alors tu replonges pas ! J’ai pas fait tout ça pour rien !
- Oui madame, lui répondis-je en l’embrassant furtivement.
- C’est mademoiselle, rétorqua-t-elle en agitant sa main gauche sous mon nez, je ne suis pas encore mariée !
- Ça je le sais, sinon, se serait mal barré pour moi.
- Méréééééééééééééé ! lança une voix derrière moi.
A contre cœur, je me détachais de Meredith en bougonnant, ce qui la fit rire, pour me réinstaller à côté d’elle, posant ma main sur sa taille.

- Tiens, un JFK !
- Tiens, une grande perche, rétorquai-je, acide. Ça m’a pas manqué de pas te voir.
- Moi non plus, à vrai dire, si tu pouvais re-disparaître, ça m’arrangerait, cingla-t-elle.
- Cynthia ! s’offusqua Méré aussitôt.
- Quoi ? C’est pas parce que tu sors avec ce … truc, que je dois me mettre à l’apprécier, il ya des limites.
Meredith s’énerva à cette réplique, et je resserrais ma prise sur sa taille, pour la calmer, ce qui n’est pas chose aisée, vous pouvez me croire, c’est une vraie furie quand elle veut.

- Calme toi Méré, je vais devoir y aller de toute façon, je vais être en retard sinon, le lycée est pas à côté, lui expliquai-je.
- Ouais, va-t-en, cracha la grande perche.
- C’est pas parce que t’es une fille que je peux pas te faire la peau bien comme il faut. Casse toi avant que je te refasse le portrait.
- Je peux vraiment pas t’encadrer toi, tu devrais apprendre la modestie, ça te ferait du bien …
Je préférais ne rien répondre et la laisser partir directement, nous laissant seuls tous les deux.

- Tu viens à la maison ce soir ? me demanda-t-elle. C’est moi qui cuisine !
- C’est proposé si gentiment, je ne peux pas refuser, lui dis-je en souriant avant qu’elle ne m’esquive, comme elle le fait à chaque fois qu’un truc la turlupine, ou qu’elle a un truc à me demander, je commence à la connaître par cœur ma punkette. Qu’est-ce qu’il y a ?
- Je …
- Oui ?
- Oh, et puis non, laisse tomber, c’est ridicule, oublie ! A ce soir !
Elle prit alors la direction de son lycée, avant que je ne la rattrape et encercle ses épaules de mes bras, peu résolu à la laisser filer.

- Dis ! insistai-je.
- …
- Comment veux-tu que je te comprenne si tu joues les carpes ? Je vais être collé si j’arrive en retard, ce sera de ta faute, si tu veux la conscience tranquille, t’as intérêt à accoucher !
Elle soupira tout en baissant la tête, avant de parler à voix basse, tellement basse que je n’entendis pas un mot de ce qu’elle me racontait…
- Plus fort, je suis sourd, ris-je.
- Je … comment tu es rendu chez moi tous les soirs, je … je voulais savoir si ça t’intéresserait d’emménager à la maison.

Je restai de marbre, ne sachant pas trop comment répondre à cette question, à la fois tenté de dire oui, et d’un autre, complètement dérouté. J’avais la possibilité de quitter l’appartement de mes parents, de ne plus revoir Jose ou Kreis, d’intégrer une maison avec des gens normaux … de passer mes journées avec elle.
D’un autre, j’abandonnais mon frère, je m’imposais à la famille de Meredith, qui peut-être ne voudrait pas de moi, je vivrais avec eux, je croiserais donc forcément le reste de la famille, les oncles, les tantes, les cousins, les cousines … et au milieu de tout ça, moi, qui fuit ma propre famille.
Elle se décolla de moi pour me faire face, et passer ses bras autour de mon cou.

- Je te force pas à me répondre tout de suite, mais … j’ai l’impression que toi et ta famille, c’est pas le grand amour, et avec ce que tu m’as dit sur ton père, je voulais pas te laisser comme ça sans rien faire. Si c’est déplacé comme demande, je m’en excuse, je veux surtout pas te forcer ni rien …
- Chut, la coupai-je. Ça me fait plaisir que tu me proposes ça, vraiment. Mais … je peux pas te répondre … ça ne dépend pas que de moi … je … il y a Raise, je lui avais promis qu’on s’échapperait de chez nous à deux …
- Je comprends, ne t’inquiète pas.
Elle se hissa sur la pointe de ses pieds pour déposer simplement ses lèvres sur les miennes, avant de reprendre la parole, sans se décoller pour autant de moi, nos bouches à quelques millimètres l’une de l’autre.

- Tu ferais mieux d’aller en cours, je m’en voudrais que tu te fasses coller par moi, rit-elle. Tu passes toujours me prendre ?
- Bien sûr, et je suis toujours invité à manger ?
- Évidemment !
- Je passe après six heures, j’ai ma corvée, faut pas l’oublier celle là !
- Nan, aggrave pas ton cas, à tout à l’heure.
Elle m’embrassa une dernière fois avant d’aller retrouver Cynthia, me laissant les bras ballants devant le lycée. Une fois qu’elle fut entrée à l’intérieur, je jetai un rapide coup d’œil à ma montre, avant de prendre mes jambes à mon cou.

J’ai dix minutes pour faire un trajet qui normalement m’en demande vingt !
Je crois qu’un sprint s’impose, et tant pis d’Heaven, le sport, c’est bon pour la santé !
N’est-ce pas ? Elle va pas aller contre une réalité scientifique !