
Une semaine s’était passée, et je n’avais pas trouvé le courage de parler à Meredith de ma probable opération. Bien sûr, elle était au courant de mon rendez-vous, et également de l’éventualité quasi certaine que mon cardiologue, le professeur Brooks, ne me rappelle sur le fixe de la maison, pour confirmer ou démonter le diagnostic de la jeune cardiologue rousse.
Bref, tout semblait aller pour le mieux pour le moment.
L’état d’Enzo semblait se stabiliser, Cory sortait enfin de chez lui où il se terrait depuis la fin des examens du diplôme, je n’avais plus vu Ath’ la blondasse chaotique, ni même Cathe, les parents de Meredith étaient encore en voyage d’affaire, nous laissant seuls elle et moi, et je deviens complètement accro de ma petite amie, peut-être même plus que je n’aurais pu l’imaginer.

D’ailleurs, ce soir, elle s’était calée dos contre mon torse nu, ce qui ne me gênait plus du tout, alors que je la couvrais de baisers sur le visage, l’épaule, tandis que nous étions censés regarder un film sur sa petite télévision. Censés, oui, car nous étions totalement occupés à autre chose. Enserrant ses genoux, elle riait en me lançant des « arrête Aaron » alors que je n’avais absolument aucune envie de m'arrêter, j’aimais ce contact avec sa peau, et je ne voulais pas m’en priver.
Sans crier gare, elle se retourna vivement, pour me faire face, les yeux noirs, comme si je faisais la connerie de ma vie.

- Dis donc, monsieur l’allumette … vas pas allumer un feu que tu ne pourras pas contrôler.
Je ne l’écoutai pas, m’en fichant royalement tandis que je fondai sur ses lèvres en un baiser passionné, mes mains glissant sur ses hanches tandis que ses mains s’aventuraient sur mon torse, jouant sur les contours de celui-ci, descendant doucement sur ma cicatrice, puis de plus en plus bas … Quand sa main s’aventura sur mon bas ventre, j’eu un mouvement de recul et me détachai d’elle.

- Quoi encore ?! me sermonna-t-elle. Si tu ne veux pas coucher avec moi, tu me chauffes pas ! Putain, j’ai l’impression d’être le mec expérimenté dans cette histoire, et toi la vierge qui ose pas franchir le pas, c’est censé être l’inverse Aaron ! C’est toi le mec expéri…
Elle posa ses mains sur sa bouche, confuse, ses paroles ayant été de trop. Elle s’excusa à maintes reprises, mais je n’en fis rien, préférant la dévisager comme les autres.

- Continue ta phrase, je t’en prie, cinglai-je. C’est moi le mec expérimenté, celui qui a couché avec des centaines de filles, qui sait comment donner du plaisir à toutes ces filles, parce qu’il s’est prostitué durant quatre ans ! Comme si c’était ce que je voulais.
- Non, c’est pas ce que je voulais dire Aaron… Je suis navrée.
- Mais tu l’as dit, lui dis-je d’une voix plus calme, et tu l’as insinué… Mais je ne veux pas te faire l’amour comme je le faisais à elles, pour le commerce, oui, je sais le faire, mais par amour, non, je ne sais pas … Tu vas certainement me dire que c’est pareil, que la … « technique » ne change pas, mais je ne sais pas donner d’amour Meredith … pourtant je t’aime.
J’avais murmuré ces derniers mots pour moi-même, je savais très bien qu’elle ne les avait pas entendus. Elle se retourna alors, son regard fixant le mur en face d’elle, tandis que moi, j’essayais d’oublier cette nouvelle dispute à travers cet écran de télévision qui allait, me semblait-il alors, me sauver la vie.

Comme si un simple écran de verre allait tout arranger. Comme si mes problèmes allaient s’évaporer. Douce illusion que de croire que les problèmes s’envolent quand on les oublie.
- Je t’aime, pardonne moi de n’être que moi … lui soufflai-je alors, d’une voix plus claire, en enfouissant ma tête sur mes genoux.