Header cover
Publicité

- 94 -

- 94 -

 

Finalement, nous ne nous étions habillés que vers seize heures moins le quart, à la va vite quand Meredith entendit le camion poubelle passer devant la maison, qui passait chaque mercredi à quinze heures quarante cinq. Nous avions donc enfilé nos ressorts en riant pour se préparer le plus vite possible. On avait des appartements à visiter, et c’est pas en jouant à Adam et Ève dans sa chambre qu’on allait en trouver un, je veux pas finir à la rue, namého ! Et nous sortions du dernier appartement inscrit sur la liste de Meryll, nous faisant soupirer de soulagement, c’était ça de fait. Et des trois, c’était bien celui-ci qui nous plaisait le plus.
- Il n’a pas de chambre celui là quand même, se plaignit Meredith alors qu’on sortait de l’immeuble.
- T’as vu comment il est fait aussi ? On peut s’arranger pour mettre la chambre dans le coin, à côté de la salle de bains, c’est prévu comme ça de toute façon.
- Je préférerais qu’on aménage la buanderie en chambre, et y’a une salle de bain accolée, ce serait mieux.
- Et où tu veux qu’on mette tout notre bazar, cinglai-je.

 

- 94 -

 

Elle fit la moue avant de se placer devant moi, mains sur les hanches. J’allais avoir droit à une crise.
- J’aime pas l’idée de dormir dans la cuisine, me lança-t-elle.
- C’est pas la cuisine Méré, c’est des pièces, sans portes …
- Justement, pas de portes, pas de pièces … Je suis pas fan de celui là … bouda-t-elle.
- C’est le plus proche de la fac, c’est le seul avec un jardin et avec des pièces spacieuses, on mettra des rideaux pour couper la chambre du reste de la pièce, essayai-je de la convaincre. Je te demande jamais rien Méré, s’il te plait …

 

- 94 -

 

- Aaron …. Souffla-t-elle blasée.
- Je sais comment je m’appelle. Alors ? Tu préfères celui avec les voisins bruyants, celui au septième sans ascenseur ? Alors que celui là, rez de chaussé, résidence tranquille et murs épais … On ne peut pas rêver mieux, et c’est quoi une pièce unique, tant que y’a l’espace nécessaire pour vivre sans s’étouffer, hein ?
Elle baissa les yeux, je sus que j’avais gagné, sans trop de difficulté, je m’approchai donc d’elle pour prendre son visage entre mes paumes. L’avantage de sortir avec la fille du directeur de la compagnie la plus rentable de la région, c’est que peut importe le prix du loyer … Ils nous le payent ! L’est pas belle la vie ?

 

- 94 -

 

- C’est d’accord, t’as raison, on va prendre celui là. On va à l’agence ? De toute, maman et papa n’ont aucune préférence entre les trois, et il manquerait plus qu’on se le fasse piquer.
- Ouep, de toute, notre journée est fichue, on n’aurait jamais du rester au lit toute la journée, regarde, on a rien fichu … me lamentai-je.
- On aura trouvé un appartement ! me corrigea-t-elle.
- Ou…
Je me tus, quand je reconnu sa silhouette sur le trottoir en face. Toujours aussi grand, carré bien que fluet quand on le connaissait, ses cheveux bruns étaient coupés courts, mais ne le rendait pas méconnaissable…

 

- 94 -

 

Florian nous regardait, sans ciller.
Enfin, la regardait. Quand je posai les yeux sur elle, je vis qu’elle ne l’avait pas remarqué, et continuai de débiter les aménagements qu’elle pourrait faire dans l’appartement une fois qu’on y logerait.
Il détourna la tête quand il vit que je l’avais remarqué, avant de reprendre sa route, comme si de rien n’était.

Publicité
Retour à l'accueil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article