Nos deux semaines de vacances passèrent à la vitesse de l’éclair, et je serais bien resté plus longtemps à me prélasser au soleil ou à roupiller sous la couette, bien au chaud, Meredith blottie contre moi. Mais ce matin, Méré m’avait tiré de dessous la couette pour que je l’aide à boucler ses valises, et que je fasse les miennes également. Et c’est bougon que je m’étais attelé à la tache, sans grande envie de quitter ce lieu paradisiaque.
Alors que je mettais les loquets de la dernière valise, Meredith sortit de la chambre, en cherchant ce qui restait à faire. Elle s’approcha alors du frigo, vérifier qu’elle n’y avait rien laissé tandis que je me tournai alors vers elle, appuyé contre la table.
- J’ai fini. Tu as appelé le taxi ?
- Oui oui, me dit-elle, tête dans le frigo avant de le refermer rapidement. Y’a un truc qui va pas avec Heaven ?
- Hein ?
Je relevai la tête vers elle, elle s’était appuyée sur le frigo, tête baissée, visiblement gênée de s’être aventurée sur ce terrain. Elle inspira avant de reprendre, gardant sa tête toujours baissée.
- Je … je sais que tu me caches quelque chose avec elle, et je préfère pas imaginer ce qu’il s’est passé l’autre fois. Je t’aurais pas retrouvé dans cet état là si vous vous étiez juste disputés et ne me dis pas le contraire …
- Je … essayai-je de me défendre, sentant le début de la fin.
Elle releva alors la tête, les yeux plein de larmes.

- Ajoute rien, j’ai pas fini … si tu me coupes, je suis pas sûre de continuer …
J’opinai mais je me sentais de plus en plus mal au fil des secondes, je ne m’attendais certainement pas à ça, pas à ce qu’elle reste calme, qu’elle ne me hurle pas dessus. Je ne savais plus quoi faire.
- Je voulais pas t’en parler pour qu’on passe nos vacances tranquillement tous les deux, je voulais pas les gâcher … Mais avant de partir d’ici, j’ai une question à te poser Aaron …
Elle s’arrêta un instant, ravala un sanglot puis leva son visage strié de larmes pour croiser mon regard du sien.

- Est-ce que tu les pensais, ces « je t’aime » que tu m’as murmuré ?
Je ne me démontai pas, après tout, elle avait finit par deviner ce qu’il s’était passer, il n’allait pas en être autrement. Décidé, je la regardai droit dans les yeux, voulant qu’elle sache que je serais sincère dans ma réponse, comme je l’ai toujours été avec elle.
- Oui, je les ai pensé … et je les pense toujours Meredith.
- C’est tout ce que je voulais savoir, conclut-elle en passant un bras devant ses yeux pour essuyer ses larmes.
Je fis un pas vers elle, mais elle se recroquevilla, et j’arrêtai ma main à quelques centimètres de son visage.

- Non, me touche pas, s’il te plait. En rentrant à la maison, tu reprendras ta chambre …
J’encaissai cette nouvelle comme un coup de massue en pleine tête. Je ne réagis pas pour autant, à part ma tête qui se baissa et ma bouche qui murmura un « ok » à peine audible.
- Je … dit-elle avant d’être attaquée par ses sanglots. Je préfère qu’on fasse un break. Je te jette pas dehors, tu peux rester à la maison, mais laisse moi mettre de l’ordre dans ma tête, s’il te plait.
Elle prit la direction de l’extérieur, et par la fenêtre je la vis descendre vers la plage. Je m’approchai de celle-ci pour la suivre du regard, et je la vis qui s’assit au bord de l’eau à regarder les vagues, tandis que mon cœur se brisait lentement. Ca fait si mal que ça de se faire jeter par celle que l’on aime plus que tout au monde ?
Mes yeux étaient secs, je ne trouvai même pas la force de pleurer, je ne réalisai sûrement pas que, entre nous deux, c’était fini. Que plus jamais, je ne la verrais sourire pour moi, que plus jamais je la prendrais dans mes bras …
Je ne réalisai pas que j’avais perdu mon ange …


Force de baisers et de ses doigts qui courraient le long de mon corps, traçant des lignes brûlantes sur celui-ci, mon maillot devenait vite encombrant et réduit, et c’est à son tour que celui-ci rejoignit celui de Meredith sur le sable. Je quittai alors sa bouche, pour couvrir son corps de baisers, passant le bout de ma langue sur les creux de son ventre, m’arrêtant plus longuement sur son nombril, mes doigts parcourant ses cuisses pour glisser vers l’intérieur de celles-ci. Parcourant toujours son ventre de mes lèvres, je glissai un doigt en elle, me satisfaisant de sa réaction, avant de l’accompagner d’un deuxième quelques secondes plus tard. Légèrement cambrée, elle me chercha de ses mains, voulant me rapprocher à nouveau de son visage. Je remontai alors vers son visage, m’emparant à nouveau de ses lèvres. Ma main libérée, je la glissai sous sa cuisse, et fit de même avec l’autre, soulevant doucement son bassin afin de m’immiscer en elle.

- Je t’aime, murmura-t-elle, de fines larmes apparaissant sur ses joues rosies par l’excitation et le plaisir.
Je ramenai une main vers son visage, le caressant tendrement tout en la détaillant, puis je déposai un baiser sur ses lèvres, qu’elle approfondit d’elle-même avant que je n’entame une série de vas et viens en elle, ponctuée de gémissements et de mon souffle saccadé sur son corps.
Mon cœur s’emballait dans ma poitrine, je le sentais cogner contre la paroi de mon torse, comme s’il allait en sortir sous peu, mais je ne ralentis pas la cadence pour autant, n’écoutant pas ce palpitant qui me suppliait de me calmer, de m’arrêter. Les mains de Meredith sur mon dos m’en persuadaient du contraire, et je n’entendais qu’elles, je ne sentais que le cœur de Meredith contre moi, je ne sentais que son souffle sur mon visage, que ses jambes enroulées autour de mon bassin.
L’orgasme arriva après de longues et intenses minutes, et je rapprochai mon visage du sien, et l’embrassai tandis que je me retirai avant de m’allonger près d’elle, le corps en sueur, le sang battant à mes tempes et le cœur au bord de l’explosion.

Mais rien d’autre en cet instant ne comptait plus que ses yeux qui brillaient en me regardant, sa main posée sur son visage pour le caresser du pouce. Elle roula alors sur le côté pour m’embrasser sur le bout des lèvres, avant de se blottir contre moi, dans la fraîcheur de cette soirée d’août qui ne nous atteignait pas.
Ce sera seulement deux heures de baisers et de câlins plus tard que la froideur de la nuit recouvrit nos corps nus, et que nous déclarions, en riant à gorge déployée, qu’on serait bien mieux au chaud sous sa lourde couette de plumes.