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A quelques pas de la maison, mes larmes redoublèrent, inondant mon visage et me brouillant la vue si bien que je ne voyais plus précisément où j’allais, mais connaître parfaitement mon quartier avait ses avantages, dont celui de pouvoir s’y diriger les yeux bandés.
Je n’avais plus entendu Priam environ cent mètres après le lycée. Il avait abandonné la course, et je ne savais pas comment interpréter son choix. Je ne savais pas s’il l’a fait parce qu’il savait que j’aimerais sûrement être tranquille, ce qui est le cas, ou parce qu’il préférait rester avec sa greluche blonde. De toute manière, il n’aurait eu aucun mal à me rattraper, je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler une championne d’athlétisme, alors face à un maniaque du sport, je n’avais absolument aucune chance de gagner à la course.

 

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Même si je l’aurais envoyé très certainement promener, j’aurais aimé le voir me courir après, sentir sa main se refermer sur mon poignet et me retourner pour lui faire face. Se repentir en excuses tandis que je continuai de pleurer. J’aurais aimé le voir avec un visage complètement perdu, me hurler qu’il s’excusait … Il n’en a rien fait, et j n’avais qu’une envie à l’instant, le rayer de ma vie.
Je sais que c’est très certainement excessif de ma part, après tout il a le droit d’avoir des amies filles, il a le droit de se promener avec elles … Peut-être qu’elle n’était justement qu’une amie.
Je crois que ce qui me fait le plus mal, c’est de l’avoir vu accompagné, le jour où je devais me rendre sur la tombe de mon père avec lui. Il sait pourtant à quel point ce « sujet » est sensible pour moi, il devait savoir que je prenais sur moi pour y aller, et que je n’y serais pas allée sans lui, alors pourquoi ?

 

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Quand j’entrais dans la maison, je m’arrêtais devant la porte qui se ferma d’un coup de vent, avertissant ma mère qui était dans la cuisine. J’aurais voulu être seule, mais finalement, peu m’importait. Debout dans ce salon, je le balayai du regard, perdue, avant de fermer les yeux et de me forcer à penser à autre chose qu’à lui, et c’est le bruit des pas de ma mère sur le parquet qui me sortit de ma catatonie. Je tournai alors mon visage inondé vers elle, ne me cachant pas.

 

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- Mélie ? Qu’est-ce qu’il t’arrive mon ange ? s’étonna-t-elle en s’approchant de moi.
J’essuyai mes yeux avec mon avant bras, reniflant pas très élégamment en gardant ma tête baissée, à la recherche d’un mensonge à inventer en urgence. Maman ne devait pas savoir qu’avec Priam, on avait décidé de sortir ensemble, mais elle serait encore plus furieuse qu’il m’ait fait du mal.
- C’est rien, reniflai-je une nouvelle. Je me suis disputée avec une amie de lycée … Tu sais que j’ai toujours des réactions extrapolées, je vais m’en remettre, t’inquiète pas.

 

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Elle me sourit, visiblement contente que je n’aille pas si mal que ça, elle était décidément naïve, elle disait avoir changée depuis sa jeunesse, mais même après dix huit ans, elle reste toujours autant naïve, à ma plus grande désolation.
Elle essuya mes larmes doucement, me répétant que ça irait, gardant son sourire aimant sur les lèvres, puis elle se détacha de moi et porta sa main à son estomac, ce qui commençait à ne pas trop me plaire.

 

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- Drew est pas là, mais je peux pas m’empêcher de te le dire sans lui, débuta-t-elle tout sourire.
Je n’eus même pas le temps de relever sa réplique qu’elle continua son idée.
- Tu vas être grande sœur ma chérie ! me lança-t-elle en me prenant dans ses bras.
Je reculai, la dévisageant alors qu’elle me regardait incrédule.

 

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- Mélie ?
Je tournais les talons et courut me réfugier dans ma chambre, les larmes reprenant leur course sur mes joues.
Je ne crois pas que ma journée puisse être pire que ça.

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