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Enfin, si, elle peut en fait.
Note à moi, ne jamais dire que ça ne peut pas être pire, parce que c’est toujours à ce moment là que le pire arrive, et en l’occurrence, là, le pire a mis une heure avant d’arriver, à en croire mon réveil matin que j’avais retrouvé ce matin, et qui a retrouvé sa place sur mon bureau … assez loin pour qu’il esquive mes poings ravageurs le matin … le meurtre de réveil, c’est de famille !
Reprenons, je disais donc que ça ne pouvait pas être pire sauf que voilà, on vient de toquer à la porte de ma chambre. Non, pas ma mère, elle a sûrement peur de se prendre une brique de ma part. Non, pas mon beau-père non plus, je vous l’ai dit, lui et le rôle de père, il faut qu’il repasse l’examen.

 

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Pire.
Maman a cru bon d’appeler Saint Priam à la rescousse, ne sachant pas bien sûr que l’origine de tout ce foutoir était signée celui qu’elle prenait pour un bon samaritain à l’instant même, et cela faisait maintenant plus de dix minutes qu’il parlait dans le vide. J’avais quand même du faire du bruit, comme lancer une peluche au travers de la chambre, excuse moi pauvre peluche, je t’aime tu sais, pour lui faire comprendre que j’étais encore en vie malgré mes silences.
Je préférai rester recroquevillée sur mon lit à regarder par la fenêtre plutôt que d’aller lui ouvrir comme il me le suppliait.

 

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De toute façon, ce que j’attendais, il n’allait pas me le dire, pas ici, pas à travers cette porte sachant que ma mère était à l’étage en dessous, et que notre relation devait rester secrète. Il n’y avait que moi pour arranger la situation, je le savais, il n’avait même pas besoin de me le dire, il ne me l’avait pas dit d’ailleurs.
J’avais envie que ça s’arrange, je voulais entendre ses excuses pour cette après midi, certes, mais je ne voulais pas le voir, encore moins me trouver en face de lui et céder faiblement dès qu’il tentera de me prendre dans ses bras ou de m’embrasser.
Alors je préfère faire la muette, la fille qui reste muette, au risque de paraître puérile.

 

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- Mélie, s’il te plait, ouvre moi, je t’en prie …
Sa voix s’éteignit au fil des minutes, mais hormis ce détail, je n’y faisais pas attention, je ne réagissais même pas à ce qu’il me disait. Il me ferait un exposé sur la Papouasie, ça me ferait le même effet. J’étais totalement blasée, et j’étais plus vite fascinée par la vue de mon balcon que par ses supplications.
Il murmura finalement trois mots, et je sortis de ma catatonie, regardant vers la porte. Ils étaient si faibles que je n’aurais pas du les entendre, mais il faut croire que j’avais une audition sélective.
Je descendais alors de mon lit, et ouvris la porte sur Priam, qui releva la tête avant de me sourire bêtement, alors que le mien avait disparu depuis bien longtemps.

 

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- Dégage de chez moi, cinglai-je.
Il me regarda, les yeux comme des billes, bégayant des bouts de mots incompréhensibles. Quoi, il me connaît depuis que je suis née, il devrait être au courant de mon caractère de merde.
- Casse-toi ! T’as pas le droit de me dire ça après ce que j’ai vu !
- Enfin Mélie, tu …
- T’es sourd ? C’est pas parce que je suis six ans plus jeune que je ne suis pas moins agressive. Si tu veux pas te retrouver estropié, tu files d’ici sur le champ !
Il chercha à s’approcher de moi, ses mains en avant que je ne recule de deux pas et que je ne lui claque la porte au nez et ne parte me réfugier sur mon balcon.
Vie de Merde, c’est bien moi qui vous le dis !

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