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Le mercredi suivant, nous nous sommes tous retrouvés dans le parc du centre ville, le grand parc, celui dans lequel on perd les gosses qu’on tient pas en laisse, vous voyez le topo. Oui, donc, ce parc, étrangement désert pour un mercredi après midi, mais bizarrement, ça nous arrange tous plus ou moins. Tous, oui, car on se retrouve à un nombre incalculable de jeunes dans ce parc, dont une en particulier, qui vire rouge dès qu’on la regarde.
Oui, bon, le nombre incalculable est six, mais croyez moi si je vous dis que ça suffit à faire rameuter les forces de l’ordre.

 

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- Allez, après moi, piaillait Ivy en sautillant devant la concernée du jour. Supercali …
- Même pas en rêve, bouda Waly toujours lovée dans les bras de Dawson depuis le début de l’après midi. Je la chante pas ta chanson débile !
- C’est ton anniversaire, l’encouragea Sean en éclatant de rire. On est tous passés par là, désolé mais c’est la condition pour entrer dans la bande !
- Supercalifragilisticexpialidocious … dit-elle en baissant la tête.
- Euh, j’ai pas entendu, lui dit Rob. Allez plus fort Waly !
- Supercalifragilisticexpialidocious ! hurla-t-elle en fermant les yeux avant de rougir aussitôt et de se cacher le visage dans le cou de Dawson sous nos rires, enfin, sauf le mien.

 

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Oui, malgré cette bonne ambiance, je suis pas d’humeur à m’amuser. Entre Priam et mini Drew/Maman, je ne sais plus vraiment quoi faire. Complètement démotivée, que c’est Rob qui est venu me tirer du lit, qui m’a foutu sous la douche, en pyjama, je précise, on se connaît depuis mômes mais y’a des limites à tout quand même et qui m’a sorti ces fringues de ma commode. D’un côté, merci, de l’autre, j’aurais préféré passer mon mercredi avachie sur mon lit avec un saladier de pop-corn et un mélodrame dans mon écran de télé.

 

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Sean avait remarqué avec Rob mon état lamentable, et c’est pour ça que tous les deux m’entouraient sur ce minuscule banc, laissant Ivy gérer toute seule l’anniversaire de cette pauvre Waly qui n’est pas prête de voir la fin de sa journée terminée.
Je me rappelle que pour mon anniversaire après les Walt Disney dans le parc, ils m’avaient traînée dans les magasins pour m’habiller n’importe comment, en passant par l’achat de capotes dans une pharmacie, oui, dedans, pas au distributeur, à une heure de grand affluence précisons, pour finir par me jeter toute habillée, de mes fringues craignos que j’ai du supporter toute la journée, dans l’étang de ce même parc.
Oui, ce sont mes potes, mais on ne se prive pas pour trouver plus imaginatif pour se venger quelques mois plus tard, c’est une lutte continuelle de conneries en tout genre, je ne vous dis pas quand on aura l’âge d’aller en discothèque, ce sera beau …

 

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- Oh ! fis-je en regardant devant moi, tandis que Dawson essayait de dérider sa petite amie à coup de chatouilles.
Juste en face de la fontaine, une tête qui ne m’était pas inconnue arrivait, accompagnée de deux autres.
- Je reviens, fis-je aux garçons avant de m’approcher de lui.
Peut-être pourra-t-il me changer les idées, je suis trop couvée avec mes amis, non pas que c’est mal, mais c’est l’anniversaire de Waly, et je n’ai pas envie de le lui gâcher avec mes conneries d’adolescente dépressive pour la journée.

 

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- Emilien ! le hélai-je en m’approchant de lui.
Visiblement, il tenait la chandelle puisque ses amis s’enlaçaient étroitement sur le banc auprès duquel ils étaient installés.
Au son de ma voix, il se retourna en me souriant, puis s’approchait quand il se rendit compte que je n’avançais plus, ne voulant pas m’imposer.

 

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- Salut Mélie, me dit-il, souriant. Je t’aurais pas reconnu avec cette coupe, ça change.
- Salut … la flemme de mettre mes barrettes. Comment ça va toi, je t’ai pas vu au lycée ce matin.
- Ma mère, elle m’a forcé à assister à une réunion du comité d’entreprise …
Il n’avait pas l’air très emballé, et moi non plus, je ne le serais pas à sa place. Sa mère possède la compagnie Enoran, oui, du même nom de famille qu’Emilien, normal vu que c’est sa mère, bref … et cette compagnie est le principal atout économique de Bloomington, comme l’était l’Anforth Company avant que je naisse.

 

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- Ce sont tes potes ? me demanda-t-il en les montrant du doigt.
Je me tournai alors vers eux pour voir Waly debout, boudeuse, devant Ivy et ses idées à trois centimes qui font rire tout le monde sauf le principal concerné.
- Oui, c’est l’anniversaire d’une pote.
- Ils sont pas à Van Heim, souligna-t-il, je te vois toujours toute seule au bahut.
- Non, ce sont tous des JFKs, mais j’ai grandi avec les deux gars sur le banc là bas, et la rousse, je la connais depuis le collège, seul le couple m’est presque inconnu, des potes du lycée au blond, fis-je en lui souriant. Et eux ? Je ne les ai jamais vu non plus …

 

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Il se tourna vers ses deux amis en riant, pour ensuite se tourner vers moi.
- Normal, ils sont pas de Bloomington, mais d’une ville à côté, et ils vont au lycée de leur ville. Xander, je le connais depuis mes quatre ans, et la fille, c’est sa petite amie, Charlie. Xan’ va sûrement venir à Van Heim un de ces quatre, mais c’est pas encore sûr, il est venu en repérage aujourd’hui !
- Ah, je vois …
- Eh ! Tu nous la présentes pas Emi ? lança la rouquine en me désignant.
Je baissai la tête et m’avançai vers eux tandis que Emilien s’en approchait.

 

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- Bon ben Charlie et Xan’, j’vous présente Mélie. Elle est à Van Heim, comme moi.
- Enchanté, me dit le dénommé Xander en plantant ses pupilles d’un vert éclatant dans les miennes.
Ses yeux avait quelque chose d’envoûtant, et rares son ceux à posséder de véritables billes comme celles-ci, à moins que ce ne soit dû à jeu de lentille, mais vu le style de ce garçon, il préférerait sûrement des yeux plus ternes.
Quand la rouquine me dévisagea, je sentais comme du mépris dans ses yeux dorés. Même si je ne la connaissais pas, je savais très bien que je n’allais pas faire d’elle ma meilleure amie.

 

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- On va pas rester longtemps, annonça subitement Xander à l’intention d’Emilien. J’espère que tu m’en veux pas, mais mes parents vont venir me chercher sous peu, et je parierais avoir entendu la voix sifflante de Chloé …
- Bah, justement voilà Zélie, souligna-t-il en pointant une femme qui arrivait vers nous, tenant une enfant d’à peine dix ans par la main, suivie de près par un homme blond tout vêtu de noir.
Xander et Charlie se levèrent aussitôt, me laissant seule avec Emilien, et un blanc pesant … que j’aurais bien aimé qu’on coupe. Oui, mais je devrais arrêter de souhaiter des trucs, ça se termine toujours mal … comme la voix que je viens d’entendre.
- Mélie ?

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