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Il faisait beau aujourd’hui, comme la plupart du temps ces jours-ci, et habitant au rez-de-chaussée, je pris pas la peine de passer par l’intérieur pour rentrer chez moi alors qu’il suffisait que je passe par le minuscule jardin qui entourait le salon. J’ouvris la porte vitrée, ne lançant pas même le moindre « je suis rentré », après tout qui l’entendrait ? Cela faisait une semaine et demi que je vivais seul ici, avec pour seule compagnie, ma télé, mes bouquins, et mon frère, qui passait de temps en temps me piquer des parts de pizza, se plaignant que sa petite amie n’en faisait pas assez pour sa constitution.
Mais aujourd’hui, encore, j’étais seul, et je soupirai quand je passai dans la cuisine pour déposer mon ordonnance à côté du frigo, j’irais à la pharmacie plus tard, si je trouve le temps.

 

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Je pris un soda dans le frigo et tout en le portant à mes lèvres, j’embrassai la pièce du regard, la trouvant deux fois trop grande, deux fois trop vide, deux fois trop morne pour moi seul. Les murs rouges étaient fades, le bazar qui s’accumulait de ci de là ne rendait pas le tout très accueillant, et on ne peut pas dire que l’unique habitant des lieux soit très courageux.

 

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Oh si, je m’y suis fait de mon break avec Meredith, j’avais pas trop le choix en même temps, même si je considère que ça ressemble plus à une rupture qu’à un break, le problème du break, c’est que la moindre boulette que tu puisses faire, l’autre partie du problème a toujours le don de l’apprendre et de s’en servir pour plaider la cause en sa faveur, et généralement ça se finit très mal. En résumé, j’avais intérêt à me tenir à carreaux pendant qu’elle réfléchissait. Et je prenais ceci très au sérieux, puisque je n’ai vu personne depuis que nous sommes rentrés, Raise excepté. Pas l’ombre d’une Heaven – oui, bon, là, je l’ai cherché, elle fait un break elle aussi, génial … - d’une Cathe-Line – que j’ai envoyé se faire mettre la semaine avant le diplôme à cause de son mec – ou d’une blonde à niard – que j’ai très certainement vexée vu comment je l’ai envoyée bouler. Donc niveau potentielles « rivales » pour Meredith, on n’en est pas là … Sinon, côté mec, à part éventuellement Drew avec lequel je me suis quelque peu réconcilié, oui quelque peu, on est pas encore au stade des câlins et des bisous, il n’y a que Raise qui ose s’approcher de moi, alors que je suis un aimant à emmerdes. Et ne parlons pas de Cory, zéro nouvelle, monsieur doit batifoler avec son Oliver, je vais pas les déranger.

 

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Quant à Méré, bah, je l’ai vue deux fois depuis que nous sommes « séparés », et je peux vous assurer que c’était plus que difficile de me retenir de la prendre dans mes bras quand elle a sonné à l’appartement. Mais elle s’était contentée d’un bonjour froid, s’était dirigée vers la chambre, avait récupéré un sac de fringues pour ensuite repartir, avec un bye pire que glacial.
Quand je vous disais que ça ressemblait pas à un break mais plutôt à un véritable divorce, chacun chez soi, je récupère mes affaires chez toi et je te refile celles que tu as oublié à la maison. Et là, j’appréhende plutôt pas mal la rentrée, car elle va finir par emménager, et moi habitant ici, ce sera plus possible, soit elle m’installe un lit de camp dans la buanderie, soit elle me fout dehors. La connaissant, elle optera pour le lit de camp, mais je crois que je préférerais m’éloigner, ce qui est exactement ce que j’ai fait en venant m’installer ici. J’ai tout sauf envie de me retrouver à piailler qu’elle me reprenne, à genoux devant elle. J’ai ma fierté !

 

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Bref, le résultat est là, me voilà seul comme l’imbécile que je suis, et je n’ai rien d’autre à faire de mon temps libre qu’à aller dehors et ressasser, encore et encore, cherchant comment faire pour réparer mes erreurs, et pas seulement avec Meredith. L’avantage de cet isolement, c’est que je n’ai plus de distractions pour m’empêcher de faire le point, et à dire vrai, j’en avais bien besoin, de faire le point, et plus je réfléchissais sur mon cas, plus je me trouvais ridicule et borné, mauvais … tout ce que vous voulez.
J’ai fait des conneries, un bon paquet, et il va falloir que je répare les pots cassés, je ne peux pas laisser tout s’envenimer comme ça. J’ai presque perdu ma meilleure amie et ma relation amoureuse ne tient plus qu’à un fil. Sans compter le reste de ma vie qui part en couille.

 

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Je finis ma canette cul sec avant de me lever de la chaise où je m’étais assis. C’est pas en m’apitoyant sur mon sort que je vais arranger les choses. Et pour commencer, je vais … euh …
A vrai dire, j’en ai pas la moindre idée…

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