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Finalement, je me retrouvai dans la rue avec Heaven, avec quelques affaires que j'avais entassées dans deux ridicules sacs en plastique, Heaven et moi en portant un chacun.
Nous avons alors pris la direction de la station de métro, sans rien dire.
Elle devait être complètement abasourdie par ce qu'il venait de se passer, elle qui n'avait jamais vu Jose dans cet état là.

 

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- Navré que tu aies dû voir ça, soufflai-je alors qu'on se dirigeait à l'interieur de la station.
- Ce n'est rien Aaron.
- Heaven ...
- Je te dis que c'est rien. Ne m'en parle plus, s'il te plaît.
Je baissai alors les bras, après tout, je n'allais pas la forcer non plus. Autant qu'elle oublie ces dernières minutes de sa vie, ce serait l'idéal.

 

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Le trajet jusque chez elle fut silencieux.
Un  silence un peu trop lourd, que personne n'avait spécialement envie de briser, et je donnerais n'importe quoi à l'instant pour que quelqu'un débarque, même un moisi, pour nous faire retrouver la parole.
- Faut que j'appelle Raise, fis-je pour  débuter la conversation.
J'en avais marre de ce silence à trois centimes.
- Il m'a dit qu'il passerait à l'appartement aujourd'hui, dit-elle d'un ton monotone. Pas la peine de chercher à le joindre.
- Ok.

 

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Arrivés à destination, tout le monde descend. Merci d'avoir choisi la compagnie des ambiances lourdes pour votre voyage. J'espère que celui-ci vous aura plus, et à bientôt sur nos lignes.
Nan, mais je me suis jamais senti aussi gêné en compagnie d'Heaven, c'est bien la première fois qu'on arrive pas à entamer la conversation. Fatigué, et surtout lassé par ce foutu silence à trois balles, j'empoigne les deux sacs que je balance dans la salle de bain, avant de verrouiller la porte, et de me poster devant le miroir.

 

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Bordel de merde !
Mais qu'elle aille crever cette pouffiasse, j'en ai marre ! Comme si ça n'avait pas suffit qu'elle me traite comme de la marchandise, voilà qu'aujourd'hui encore, elle continue de foutre sa merde, entre Heaven et moi. J'en ai ras le cul, ça peut plus durer.
Il me reste trois mois avant le diplôme. Trois mois à la supporter.
A supporter ses sourires hypocrites, ses fausses excuses, ses petites attentions pour nous faire capituler.
Qu'on ne me dise pas qu'elle pourrait être sincère dans ses excuses. Elle n'a jamais su être sincère, avec qui que ce soit. Comme à l'époque où elle nous présentait, comme des orphelins qu'elle avait recueilli, et à qui elle donnait une chance de survivre.
Tu parles d'une chance !
Vivre dans la rue, H24, ne plus aller en cours, ne plus revoir Heaven.
Obliger de mendier pour gagner un semblant d'argent, sachant que celui que Raise et moi gagnions lui permettait d'acheter sa quantité hebdomadaire de drogue, nous abandonnant comme des moins que rien, nous refaisant les yeux doux, à coups de "mes enfants, mes bébés" pour nous inciter à reprendre le travail.
Et après, elle veut qu'on la pardonne de nous avoir retiré notre enfance ?
- Mais qu'elle aille pourrir, merde !

 

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- Aaron ? entendis-je de l'autre côté de la porte.
Heaven m'avait donc entendu hurler. Génial. Moi qui voulais être discret, c'est raté.
- C'est rien Heaven, ça va.
- T'es sûr ?
- Oui oui.
- Allez, sort Aaron. Je t'en prie.
Je cédai finalement, et ouvris la porte de la salle de bain, tombant nez à nez avec ma meilleure amie, le regard inquiet.

 

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- Désolé.
- Ce n'est pas ta faute Aaron. Je sais que tu n'aimes pas tes parents ... Mais, j'aimerais bien savoir pourquoi. Désolée sir tu me trouves, comment dire ... insistante, mais je veux t'aider, et je risque de pas faire grand chose si tu joues à la carpe.
- Laisse tomber. Ce n'est pas des histoires qui se racontent au coin du feu Heaven. C'est ce genre d'histoire que tu préfères taire parce que tu en as souffert, et qu'aujourd'hui, tu en as honte.

 

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La sonnette de la porte d'entrée nous sortit de nos délibérations, à mon plus grand bonheur, sûrement Raise qui arrivait enfin, ce serait pas trop tôt.
- Je vais ouvrir, fis-je à Heaven. T'attends personne de spécial, genre ... moisi ?
- Non, juste Raise.
- Génial.

 

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Et en effet,derrière la porte se tenait mon frère, un pansement sur le visage, résidu de son altercation avec Kreis, un plâtre bien hideux au bras gauche, et vêtu d'un gilet noir sur tee-shirt gris. Ça sent le piquage fringues ça, c'est censé être à moi.
- Mon tee shirt ?! lui fis-je remarquer.
- Tu vas pas faire la gueule pour un tee shirt, si ?
- Pourquoi pas ? C'est le mien ! Cadeau d'Heaven, attention !
- Idiot. Je peux entrer, où tu gardes ta chérie pour toi tout seul ?
Je ris avant de me décaler de la porte, pour lui permettre d'entrer dans l'appartement, Heaven nous rejoignant dans la minute qui suit.

 

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- Salut Raise, dit-elle en souriant.
- Hellow toi. T'as passé une bonne journée avec ton amoureux ma belle ?
- On a revu Laura, dit-elle en me regardant, un sourire en coin, bien destiné à me foutre la honte.
Rah, elle peut pas arrêter avec Laura, enfin, Meredith quoi, j'ai pas flashé sur elle, qu'elle cesse ses gamineries m'enfin ! Quoi ? Vous aussi vous croyez que j'ai flashé sur elle ? Nan, mais vous l'avez un peu vue, avec son look de punkette à trois centimes, genre, j'ai flashé. Et comment ça je l'ai dit dans un article précédent ? Nan mais oh ! Grr ... !

 

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- Au fait, tu ne m'as même pas dit ce qu'elle te voulait Meredith, me fit constater Heaven sans aucun sous entendu dans la voix. Pour une fois.
- Raise, fis-je sans détourner le regard de ma meilleur amie.
- Quoi ?
- Samedi prochain, nous sommes de soirée.
- Pardon ?

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