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Je ne bougeais pas. A vrai dire, je comprenais pas trop ce qu'il m'arrivait à l'instant. J'avais entendu les sanglots d'Heaven, je n'ai pas pu m'empêcher de la prendre dans mes bras, et de la réconforter. Et me voilà donc dans cette position compromettante, Heaven dans mes bras, pleurant sur mon épaule. Je ne l'avais jamais vue aussi attristée.
- Heaven ... murmurai-je, m'inquiétant du fait qu'elle ne réagisse plus du tout.

 

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- S'il te plaît, laisse moi encore comme ça cinq minutes Aaron, je t'en prie, dit-elle en agrippant mon pull de ses petites mains
- Heaven ... Je ...
- Ne me repousse pas, laisse moi y croire cinq minutes, juste cinq minutes ... Et après ... après je ...
Elle se crispa un peu plus, attaquée certainement par un nouveau flot de larmes, sans que je puisse faire quoi que ce soit.
- Je te promets de plus t'embêter avec ça, finit-elle quelques secondes après.

 

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Et pendant cinq minutes, je resserrai mon étreinte autour d'elle, réalisant que les larmes qu'elles versaient, elles étaient là par ma faute, moi qui me prends pour le plus malheureux du monde, qui ne voit pas finalement ce qu'il se passe autour de lui.
Plus d'une fois, je voulus la repousser, alors que les passants nous regardaient, nous prenant certainement pour un couple, mais cet amas d'émotions qui secouait Heaven m'empêchait de la quitter, je m'en voudrais de la laisser dans un état pareil.
Je commençai à réaliser ce que Drew m'avait dit, que j'allais perdre tout le monde avec mes conneries, mais elle, je n'ai pas du tout envie de la perdre.

 

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Un bruit plutôt inhabituel me sortit de mes songes, et je détournai doucement la tête, à la recherche de sa provenance. On aurait dit quelqu'un qui hurlait à la mort, ça me faisait froid dans le dos. Pendant un instant, le son disparu avant d'apparaitre encore plus fort, et qu'un gamin nous fonce droit dedans, tombé de nulle part.
C'est pas ma journée.

 

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Je me décollai alors pour voir au sol un blond en short était étalé par terre, les yeux baissés, et tournant la tête dans tous les sens, jusqu'à qu'il finisse par lever la tête, vers Heaven et moi, et nous toiser de ses yeux verts rougis par la peur.
- Tu peux pas faire gaffe quand tu cours toi, dis-je en lui tendant la main.
- Il va me tuer, dit-il en acceptant de l'aide pour se relever.
- Te tuer ? m'étonnai-je. Je suis d'accord que Bloomington ne soit pas une ville très sûre, mais de là à ce que il y ait un tueur en pleine journée.
- Si, j'te jure.
- Bah écoute reste là, qu'on voit la tête de on tueur, soupirai-je.
Le gamin s'installa derrière moi, visiblement terrifié. Il a vu Jack l'éventreur ou ...

 

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... Raise. Pourquoi je ne m'en suis pas douté avant. Voilà mon frère qui se ramène, en tenue civile, il a pu rentrer à la maison lui, et visiblement, il n'était pas très content de ce qu'il se passait.
- C'est lui ? demanda Heaven qui s'était tue jusque là.
- Bah ouais, tu veux que ce soit qui d'autre. Il a une tête de psychopathe ce mec.
- Il fait de mal à personne celui là, continua-t-elle.
Je levais à mon tour les yeux au ciel, devant la phrase d'Heaven.
- Méfie-toi, on parle de mon frère quand même.

 

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- Alors Raise, tu fais quoi de beau aujourd'hui ? demandai-je en m'approchant de lui.
- Laisse moi passer, ce ptit va devoir apprendre les bonnes manières, grogna-t-il, le regard mauvais.
- C'est qu'un gosse, tu vas te calmer.
- Ce gosse m'a bousculé, et ne s'est même pas excusé !
- Et tu comptes frapper un gosse qui t'as seulement bousculé ? m'irritai-je. Nan, mais ça va pas Raise ?! Calme toi ! Il t'a rien fait de mal ce gosse.

 

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Dans son regard, je pouvais voir toute la colère qui émanait de lui, bien qu'il fut silencieux. Sa tête entrée dans ses épaules, la respiration saccadées, je savais qu'il pouvait exploser d'un moment à un autre, je ne reconnaissais plus mon frère. Plus les jours passaient, plus il devenait violent, plus il aimait ça, frapper ... pour ne pas être le seul à souffrir.
- C'est qui ce connard ? entendis-je le gosse chuchoter à Heaven dans mon dos.
- Un ami ... c'est son frère, t'inquiète pas, il te fera pas de mal, le rassura-t-elle.

 

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- Tu t'appelles comment, continua Heaven tandis que je ne quittai pas Raise des yeux près à le stopper s'il tentait quelque chose, je ne pouvais quand même pas le laisser comme ça.
- Davon. Putain, heureusement que je suis tombé sur vous, il m'aurait fait la peau. Et toi ?
- Heaven, dit-elle et je pouvais bien sentir au son de sa voix qu'elle souriait, comme pour le rassurer, et le roux aux cheveux longs, c'est Aaron, le frère jumeau de ton agresseur.
- Pas besoin de lui déballer ma vie à ce mioche, m'irritai-je finalement sans quitter d'un instant Raise du regard.

 

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- Bon, repris-je à l'intention de mon frère. T'es calmé ?
- Mouais, mais fait déguerpir ce mioche, avant que ça me démange de nouveau.
- C'est bon, je m'en charge. T'as une soirée mexicaine qui t'attend, je te rejoindrais plus tard chez Heaven. Je m'occupe du machin là, allez, file.
Il ne dit pas un mot de plus, avant de disparaitre vers l'appartement de Heaven, cette dernière sur ses talons, me laissant seul avec le blond, vers lequel je me retournai.

 

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- Davon, c'est ça ? soupirai-je.
- Yes ! Comment t'es trop balèze mec ! dit-il dans sa langue de barbare, à comprendre, la langue des mini racailles.
- Ouais, c'est ça. Allez, je te ramène chez toi le mioche, tu me files ton adresse ? continuai-je, nonchalamment.
- Eh ! Je peux rentrer à l'hôtel tout seul, commença-t-il à grogner.
- Parce qu'en plus, t'es un touriste. Raison de plus de te ramener, allez, ton adresse, je serais pas encore gentil si tu continues, m'impatientai-je.

 

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- Putain, mais calme toi, et rien à branler, je rentre seul, c'est pas ça qui va me déranger.
- D'accord, alors pour ton information, monsieur la racaille, il est dix huit heures trente passées, la nuit va pas tarder, tu vas trouver ton hôtel tout seul ? T'as quoi, onze ans à tout péter.
- Eh, j'en ai treize imbécile ! grogna-t-il.
- Ouais, c'est ce que je disais, allez, je t'aide à retrouver ton hôtel.

 

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- P'tain, abusé !
- Quoi encore ? grondai-je. Crois pas que ça m'enchante de devoir ramener un mioche, mais pas spécialement envie que tu te fasses égorger, ou pire, tu piges ?
- J'ai pas peur de ça, alors tu me laisses ?
- Ouais, le mec tellement courageux qu'il nous a rentré dedans en chialant comme une gamine. Vachement viril, ironisai-je en reprenant la route.

 

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- C'est un malade ce connard, il a faillit me tuer.
- Il frappe pas les gosses faut pas s'en inquiéter, il t'aurait juste gueulé dessus.
- Qu'est-ce que j'en sais moi, hein ? Rah, tu fais vraiment chier, tu sers à rien.
Lassé, je levai les yeux au ciel, avant que le môme ne passe devant moi, pour partir, et apparemment, retrouver son hôtel, jusqu'à ce qu'il s'arrête soudainement pour se retourner vers moi.

 

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- Euh ... tu sais où la rue des peupliers ? demanda-t-il tout penaud.
- Je m'en doutais, allez, suis moi la racaille, je te raccompagne.

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