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♫ P!nk - Cuz I Can

 

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- Tu étais drôlement remontée ce soir.

- C'était amplement mérité ! J'en ai marre de leurs tronches, il fallait bien que quelqu'un les recadre.

- Certes, mais « Je bois plus que vous, je fais la fête plus que vous et ma voiture est plus rapide que les vôtres » … tu n'as même pas de voiture Alana, encore moins le permis. Tu ne peux pas juste t'en tenir au texte ?

- Nope. Et puis, je n’ai pas de piscine et pourtant « ta maison est tellement petite qu'elle rentre dans ma piscine » tu ne critiques pas hein ?

 

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Il était tard, ou tôt, cela dépend du point de vue, dans les rues de Bergerac, et la ville n'était pas très motivée à se calmer lors de cette soirée d'été. Une grande partie de la jeunesse de la ville avait fait la fête en début de soirée, notamment pour assister au dernier concert donné dans le Rocksane, cette salle de spectacle très fortement squattée par les différents groupes qui sévissent en ville, musicalement parlant. Et une fois n'est pas coutume, c'est le groupe Alive! qui est sorti grand gagnant de la soirée, devançant comme d'habitude les Epheméria, éternels seconds. Après avoir copieusement arrosé leur victoire dans les loges avec les autres membres de leur groupe, ils étaient chacun repartis de leur côté, prêt à retrouver leurs oreillers, du moins, en apparence.

 

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- Et puis, je n’ai pas de réflexions à recevoir d'un mec qui n'ose pas prendre le micro parce qu'il a peur que Samuel se foute de sa gueule, argua de plus belle la jeune femme aux cheveux bleus en marchant à reculons devant l'homme à l'imposante carrure qui se tenait devant elle.

A peine deux secondes plus tard, elle buta contre un mur qu'elle n'avait pas calculé, et prit par surprise l'homme brun qui lui rentra littéralement dedans, se prenant le front d'Alana dans le menton. Il porta alors d'instinct sa main contre son visage lésé en soupirant.

- Tu ne veux pas marcher comme tout le monde ? Bougonna-t-il en se massant le menton.

- Je veux pouvoir te parler en te regardant dans les yeux. Et je te signale que je me suis prise le mur dans le cul, et que je vais avoir un bleu. Alors te plains pas.

- Je m'abstiendrai de toutes remarques, mais tu me tends une perche très facile, lui dit-il en baissant légèrement la tête pour la regarder dans les yeux.

 

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Il avait les yeux rieurs, mais d'un regard qui semblait peu commun pour son visage plutôt froid, presque paternel et sage. Son regard avait du mal à se fixer à un point précis, ses joues légèrement rosies et son haleine quelque peu désagréable ne firent que confirmer ce que la jeune femme pensait à l'instant de l'homme qui l'accompagnait : il a bien joué avec la bouteille quelques heures plus tôt, et en voilà le résultat. 

- Grimm, t'es bourré. Dis-moi des trucs pas respectables … lui susurra-t-elle en glissant sa main dans sa poche pour en récupérer son téléphone portable.

Bourrée ? Elle ? Pas ce soir. Bien qu'elle ait joyeusement participé à la célébration de leur victoire, elle a su faire preuve de modération. Trois cuites par semaine lui suffisaient, et si elle continuait, c'était sa jolie voix qu'elle perdrait. Et elle pouvait se féliciter ce soir, après tout, si elle n'avait pas été lucide, elle n'aurait jamais eu l'idée d'enregistrer ce qu'allait lui dire cet homme, d'un habituel sage et posé, pour ensuite le lui faire réécouter pour rire de tout son soûl quand celui-ci aurait décuvé.

 

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- Il n'y a pas que le mur que ton cul va se prendre ce soir, dit alors Grimm en approchant son visage de celui de la jeune femme aux cheveux bleus. Je connais quelqu'un qui irait bien y faire un tour …

A ces mots, il glissa une main sur la hanche de la jeune femme pour la faire glisser maladroitement dans le bas de son dos sans pour autant s'aventurer plus loin avant de glisser sa bouche contre son oreille et sa seconde main sur celle d'Alana qui tenait le téléphone. Il s'empara de ce dernier avant de lui souffler un « Je ne suis pas bourré Alana » et s'empressa de couper puis supprimer l'enregistrement.

- Maiiiiis !

- Allez, on rentre !

 

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Il rangea le téléphone dans sa propre poche et prit la main de la jeune femme dans la sienne avant de poursuivre leur route vers leur appartement, à quelques pas de là.

- Tu es toujours sérieux, c'est chiant.

Elle esquissa un sourire en le regardant du coin de l’œil, pensant, comme à chaque fois qu'elle le voyait, qu'elle avait bien eu de la chance de le rencontrer, quelques années plus tôt. Elle resserra sa main autour de la sienne et pressa le pas pour rentrer chez eux, à quelques minutes de là.

Ils arrivèrent finalement devant l’entrée d’un immeuble à terrasses, tout en briques, aux toits bleus et parfaitement symétrique. Une immense verrière centrale illuminait la cage d'escalier. Douze appartements s'y trouvaient, et Alana était locataire d'un logement au rez-de-chaussée, avec jardin. Elle poussa la porte de l'immeuble, chercha ses clés dans ses poches avant de rentrer à l'intérieur.

 

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Une pièce toute en longueur aux murs fades les accueillit, mais de taille assez réduite cependant. Point d'entrée, mais une cuisine aux meubles blancs usés, recouverts d'un très joli carrelage blanc et jaune, la pièce s'ouvrant immédiatement sur un salon/salle à manger plutôt encombré, où le rouge des meubles permettait de rehausser l'intérêt de la pièce.

Alana posa ses clés sur le petit tabouret se trouvant en face de la porte et entra dans la pièce, s'engouffra directement dans le salon avant de laisser tomber son pull au sol. Un soupir de soulagement accompagna son geste.

- Bon, je vais me démaquiller, ajouta-t-elle, à l'intention des murs sûrement puisque que Grimm avait déjà disparu derrière l'une des trois portes qui se trouvaient sur le mur de droite.

 

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Une petite dizaine de minutes plus tard, la jeune femme ressortit de la salle de bain, en tenue de nuit, les cheveux tressés et le visage débarbouillé. Cependant, lui restait sur le visage d'étranges arabesques, lui barrant la moitié gauche du visage. Comme tracées au compas, elles s'articulaient principalement autour de son œil gauche et de sa pommette. Une dernière marque, en forme de croix, barrait la commissure de ses lèvres à droite de sa bouche. Sans son maquillage, avec la lumière artificielle de la salle principale de cet appartement, ces cicatrices devenaient plus visibles, et gagnaient en étrangeté.

La jeune femme, poussa une des trois portes, et entra dans une chambre, tapissée de bleu et toute aussi encombrée que le reste de la maison. Des plantes, des photos sur le bureau de la pièce, et un homme brun avachi en travers du lit, ronflant doucement. Alana s'approcha alors de lui et s'assit juste à côté de son visage, passant sa main dans ses cheveux.

 

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- Grimm ...Tu prends toute la place là.

- Mmmpf, gronda celui-ci en tournant son visage sur le côté.

Elle tenta une autre technique pour essayer de le réveiller, mais en vain cependant. Alors à nouveau, elle se leva du lit, en fit le tour et déchaussa son bel endormi avant de s'allonger à côté de lui. Elle l'embrassa furtivement sur la joue et ferma les yeux, en faisant défiler derrière ses paupières les meilleurs moments du concert qu'elle venait de vivre. Un sourire s'étira sur son visage ensommeillé, et c'est quand elle vit en lettres rouges flamboyantes le nom de Alive! sur le mur de l'Olympia qu'elle trouva finalement le sommeil, dans des rêves de grandeur. Après tout, Alive! sera le plus grand groupe français d'ici quelques temps, et les textes d'Alana, son style, seront reconnu comme unique. Une vie rêvée l'attendait, et justement, c'est exactement ce qu'elle fit cette nuit-là.

 

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