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… ni même le dimanche à vrai dire. A aucun moment, je ne l’ai revue, je suis totalement sans nouvelles, et je crois que ça commence à se ressentir dans mon caractère, je grogne moins, j’envoie moins bouler les gens, complètement démotivé pour quoi que ce soit, même pour répondre à une provocation de Kaoline alors que j’entrais dans la cour du lycée en compagnie de Raise.

 

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Quelques secondes plus tard, Sonia, la pionne, me sauta limite sur le dos pour m’annoncer, d’un ton sec et pas très amical, que le directeur, Graham machin-truc, m’attendait dans son bureau pour causer de mon cas, ce qui, faut bien l’avouer, ne sent pas très bon pour moi, je peux vous l’assurer.
Pourtant, c’est résigné, et les bras ballants, que je haussai les épaules en un simple OK, avant de me diriger, docile, vers le bureau du fameux directeur, qui m’attendait de pied ferme.

 

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- Aaron Hart, me dit-il, agacé, une fois que je fus assis devant son bureau.
- Bonjour Monsieur, fis-je, vraiment pas motivé.
- Je suppose que tu sais pourquoi tu es là ce matin, enfin, je l’espère du moins.
- C’est pour ma conduite de vendredi après midi, c’est ça ?
- Bien sûr. Depuis le début du mois de mai, ça fait combien de fois que tu t’enfuis comme ça ? Sans compter le nombre d’avis de colle que je reçois du personnel éducatif, enfin, Aaron, quand vas-tu te comporter comme n’importe quel élève ?

 

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Je ne soulevais pas, je sais très bien que dans ces cas là, le mieux, le plus souvent, c’est de faire la carpe, de mimer le pauvre gars repenti, afin de ne pas se faire exclure du lycée, parce que là, ce serait vraiment la fin des haricots.
- La procédure à suivre serait l’exclusion de trois jours, me dit-il, ce qui me fit réagir aussitôt, et je levai la tête.
- L’exclusion ? répétai-je.

 

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- Oui, tu m’as très bien compris Aaron. Cependant, j’estime qu’exclure les élèves n’est pas une solution, et c’est pour cette raison que tu auras le droit à une alternative, mais ne te réjouis pas trop vite, ajouta-t-il à la vue de mon visage soulagé, ce n’est pas une partie de plaisir.
Boudeur, mon sourire s’effaça, et je me préparai à ma sanction, qui, je le sens, ne va pas me plaire.
- Tu aideras monsieur Johnson à ranger les vestiaires dès ce soir, deux heures tous les jours après les cours. Dès que ce sera fini, tu aidera Madame Lhomer à réorganiser le CDI, au même régime, ce qui te prendra, si je ne me trompe pas, toutes tes soirées jusqu’au diplôme.
Bon, c’était pas si terrible que ça. De toute manière, qu’est-ce que je ferais de mes soirées maintenant ? Ma petite amie depuis trois jours ne me parle plus, je crois que je bats des records de durée de relation moi, Aaron Hart, ou comment réduire une relation amoureuse à l’état de néant en quelques jours, tome un, en vente dans toutes les bonnes crèmeries.

 

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- Tu peux sortir, me dit-il en retournant à ses montagnes de papier et de figer son regard sur l’écran de son ordinateur. Sois ponctuel si tu ne veux pas que j’alourdisse ta peine.
- Bien monsieur, dis-je, le plus posément possible. Au revoir.
- C’est ça, au revoir, me dit-il alors que poussai la porte, et que des hurlements hystériques n’arrivait à mes oreilles.

 

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- Nan, mais t’as pas fait ça Raise ! s’énerva la voix féminine. Tu veux ma mort ou quoi ?
Alerté, je me ruais. Qu’est-ce qu’il a encore foutu cet idiot ? Et après, c’est moi qu’on veut exclure du lycée, alors que c’est lui la brute, la vie est injuste.

 

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Raise était adossé contre les casiers, visiblement agacé par la jeune femme qui se tenait devant lui, mains sur les hanches, et d’où provenait les dits hurlements.
- Ça ne te concerne pas Fayce, l’entendis-je.
- Comment ça, ça me concerne pas ? Qui est-ce qui répare tes dégâts, hein ? Bah c’est moi ! Et je risque l’arrêt cardiaque à chaque fois quand je vois comment je te récupère !
- Tu dramatises pas un peu beaucoup là ?
- Non ! Même pas ! ajouta-t-elle en le frappant à l’épaule.

 

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- Euh ? fis-je en arrivant près d’eux, ne comprenant pas du tout ce qui se passait sous mes yeux.
- Il te voulait quoi ? me demanda Raise en tournant la tête dans ma direction.
- Je suis de corvée, c’est tout, mais là, j’aimerais bien que tu m’expliques, dis-je en désignant la brunette du menton, interloqué par la situation.
- Ah, ça … soupira-t-il.
- Non, mais tu parles de moi meilleur s’il te plait.

 

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- Bah, c’est Fayce, soupira-t-il en me regardant.
- Merci, j’avais deviné comment elle s’appelle.
- Eh ! Parlez pas de moi comme si je n’étais pas là, s’excita la brunette.
Je tournai la tête alors vers elle, et elle me dévisageai de ses grands yeux bleus, tout en riant.
- Je suis la petite amie de ton frère.
- Quoi ?! m’estomaquai-je aussitôt avant de regarder mon frère.

 

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- C’est pas ce que tu crois, me dit Raise en soupirant. Elle s’est auto-proclamée ma petite amie, ne crois pas que je te cache des choses hein ?
- Je me disais aussi, ajoutai-je en riant.
- Sympa de briser mes rêves, bougonna Fayce en regardant Raise.
- Tu ferais mieux de te réveiller petite tête, s’exaspéra-t-il.
- Et toi, d’être moins froid, finit-elle en lui tirant la langue.

 

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- T’as une mentalité du tonnerre, lui dis-je. Tu pourrais presque plaire à mon frère.
- Je t’ai pas sonné toi, ça te concerne pas.
- Erreur, ce qui concerne mon frère me concerne.
- Tu seras donc heureux d’apprendre qu’il a cassé la gueule à Kaoline, dit-elle en s’éclipsant.
- Quoi ?!!

 

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Je me retournai aussitôt vers Raise, qui, étrangement, avait le regard fuyant. Ah bah bien, ça ne s’arrange pas dîtes moi. Et je ne pense pas qu’il allait me le dire, on peut au moins remercier cette folle de me l’avoir dit, ça m’évitera les mauvaises surprises. Je m’approchai alors de lui, pour prendre la place de Faith quelques minutes plus tôt, avant de remarquer qu’il avait encore le visage en piteux état, et je ne crois pas que ce soit du aux poings de Kaoline.

 

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- Nan, mais t’as pas fait ça ?
- Si elle te l’a dit, c’est que c’est vrai, non ?
- Bordel Raise, t’es vraiment trop con. Elle t’a fait quoi ? Parce que pour casser la gueule à une fille, faut vraiment qu’elle l’est cherché.
- …
Il se tait, bien évidemment, ça sent l’embrouille, je ne serais pas étonné qu’il lui ai cassé la gueule par plaisir, vu la manière dont l’amabilité de mon frère décroît de jour en jour.

 

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- J’attends.
- Elle m’a regardé de travers. Ok, c’était pas une raison de la frapper, se défendit-il aussitôt, mais …
- Il y a pas de mais qui tienne merde ! Nan, mais tu te rends compte de ce que tu deviens oui ou merde ?
- Pas la peine de me faire la morale Aaron, t’es pas mon père.
- Je suis ton frère jumeau ! Et ne crois pas que je vais te laisser t’enfoncer dans ta merde sans rien faire ! Jose l’autre jour, Kaoline aujourd’hui, ce sera qui demain, Fayce ?

 

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A ces mots, il se raidit. Visiblement, cette petite scène de ménage n’est pas ce qu’il a bien voulu me faire croire, cette Fayce ne s’est pas auto-proclamée petite amie, c’est lui qui ne veut rien me dire.
- Pourquoi tu m’as dit pour elle hein ?
- Ça change quoi hein ?
- Ça change que tu as une petite amie sans m’en parler, voilà.
- Tu vas pas m’en faire un foin quand même ?! Et puis, de toute manière, tu le sais aussi bien que moi, ça va pas durer longtemps, comme les autres fois.
- Oui, je sais, soupirai-je en pensant à mon propre foutoir qui a duré deux malheureux jours.
- Aarooooooooooooooooooon !

 

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Surpris par la voix, je me tétanisais jusqu’à ce qu’une autre hystérique ne me saute sur le dos en riant comme une gamine, ce qui avait, bien évidemment, fait rire Raise.
- Putain ! Cathe !
- Yes ! C’est moi ! dit-elle en descendant de mon dos pour ce poster à côté de Raise.

 

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- T’es finalement revenu de ton escapade, dit-elle en souriant.
- Ouais, ça ne m’a pas tué, me voilà obligé de te supporter, grognai-je.
- Ose dire que tu ne m’aimes pas, hein ?!
- Je ne t’aime pas, fis-je en la regardant noir.
- C’est ça, j’y crois à mort. Bon, monsieur le tuteur, je cherche la salle de géographie, tu m’accompagnes.
- T’as géographie toi aussi, me rappela Raise ce qui eu pour effet de faire trépigner Cathe-Line.

 

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- Merci Raise …
- A ton service, je vais retrouver Fayce moi, elle a pas du apprécier.
- Simple question, lui dis-je. Ça dure depuis combien de temps ?
- Deux semaines, mais tu étais trop dans la Lune pour voir quoi que ce soit ! Tu rentres ce soir ?
- Pas le choix, Heaven a les moisis avec elle ce soir, et puis, j’ai mes corvées.
- Ok, à plus tard.
Et c’est comme ça, qu’il m’abandonna , avec ma folle numéro une, qui ne va pas arrêter de me rabâcher de questions sur le fonctionnement du lycée, tant qu’elle ne me parle pas de Meredith, ça me va.
Je sens que la journée va être longue.

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