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Trois semaines, ça passe vite.
Ouais, c’est ça. Les trois dernières semaines, je peux vous assurer que je les ai vu passer, certainement pas comme mon frère qui m’a dit ce matin en me levant que ça faisait plus d’un mois qu’il était avec Fayce et qu’il n’avait pas vu le temps passer.
Il y en a qui ont de la chance de pas se retrouver seul sur un banc dans un parc sous la pluie pour se lamenter, c’est moi qui vous le dit.

 

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Et par-dessus le marché, je vais très certainement choper la crève à force de rester moisir sur ce banc putride. Voilà ce que j’aurais gagné, ça m’apprendra à faire le malin et à fuir tout le monde. Puisque le seul endroit qui m’est venu à l’esprit quand tout le monde a débarqué chez Heaven, tout le monde, il faut comprendre moisis plus le dépôt de dessin animé j’ai nommé Ulyss … qui revient, et sans Nono. Oui, je sais, pour l’humour, aujourd’hui, on repassera.

 

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Bref j’avais fui et la seul endroit qui m’en venu à l’esprit, c’est ce parc à quelques pas de chez Cory et Enzo. Personne ne songera à venir me chercher là, puisque seule Meredith a pu me trouver ce jour là, et il vrai que ce terrain est plutôt pas mal éloigné de toute civilisation.
J’ai juste besoin d’être tranquille, c’est trop demander ?

 

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Ce soir, je devais dormir chez Heaven.
Devais parce qu’à l’instant, je suis plutôt loin de toute civilisation, que la nuit commence à tomber, qu’il pleut, et que je commence sérieusement à me les peler.
Mais je n’arrive pas à quitter ce lieu, j’y suis bien, d’autant qu’aujourd’hui, il est déserté par tout le monde, la pluie les faisant tous fuir.

 

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Elle me manque.
Enfin, je crois … J’en suis pas vraiment sûr à vrai dire. Je ne sais pas s’il est possible de s’attacher à quelqu’un comme ça, aussi rapidement, aussi facilement. Mais quand je vois Raise avec sa copine dans les couloirs du lycée, puisqu’ils ne se cachent plus, comme j’ai découvert le pot aux roses, j’ai envie, moi aussi, de pouvoir prendre Meredith dans mes bras, et ça fait deux semaines que ça dure, que l’envie de la voir ne me quitte pas de la journée.
Je suis pitoyable.

 

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Si je n’étais pas aussi con, aussi fier, on en serait pas là.
J’en serais pas rendu à sécher les cours pour être tranquille et ne plus voir mon frère bécoter Faith sans retenue, ou Drew filer en douce avec Estelle, ou encore Ulyss tourner autour d’Heaven, sans que j’ai le courage de protester. Je n’ai même pas envie de me manifester quand je vois les attentions qu’il lui porte. J’en oublie presque mon affection pour ma meilleure amie.
Quand je vous dit que je suis complètement pitoyable, là, sur mon banc, à déprimer pour une fille qui n’a pas daigné me donner de signe de vie depuis trois semaines.

 

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Elle a peut-être retrouvé son fou, elle doit être complètement masochiste si c’est ce qu’elle a fait.
Mais après tout, je m’en fiche, c’est pas ce que je me suis dit quand j’ai vu qu’elle ne reviendra pas me voir ?
Mais c’est quand on perd quelqu’un qu’on se rend compte de son importance à nos yeux, non ?
Deux jours, c’est court. Pourtant, je n’ai jamais été aussi serein pendant ces deux jours que je ne l’ai jamais été depuis que je suis sorti de cet enfer. Elle a réussi à me faire oublier mon passé, et ça, non, ce n’est pas rien.

 

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Je soupirai, devant cette triste réalité, avant de me lever de mon perchoir et de sauter au sol. J’espérais qu’à cette heure-ci, les moisis soient partis, et puis même, je n’aurais qu’à filer droit dans la chambre d’Heaven, et m’écrouler sur son lit, en attendant l’heure de sortir.
Je ne me reconnais vraiment plus !

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