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Je soupirai avant de sauter sur mes deux pieds, et de la rejoindre dans la maison, abandonnant mon tee-shirt auprès de la piscine, après tout, trempé comme il était, il allait plus m’apporter la crève qu’autre chose.. Je fouillai la pièce principale du regard, mais rien ne m'indiquait sa présence dans cette pièce, et j'explorai le rez-de-chaussé à sa recherche, en l'appelant, sans qu'elle ne me réponde. J'ouvrais toutes les portes de la maison, sans tomber sur elle, avant qu'une ne me fasse acte de résistance, celle de la salle de bain de l'étage. Plus aucun coute, elle était dans celle-ci.
Debout devant la porte, je tambourinais voulant la faire sortir avant qu’elle ne se mette à déprimer, parce que je ne pouvais plus douter, vu la façon dont elle s’était réfugiée à l’intérieur en un temps record.
- Meredith ? questionnai-je doucement, installé debout comme un piquet devant la porte.
Je n’obtins pas de réponse, ce qui ne m’étonna pas plus que ça, et je finis par m’adosser à côté de la porte, en bougonnant. Mon dos nu s'appuya sur le mur froid de l'étage et je ne pus contenir une grimace d'inconfort.

 

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- Je m’excuse, quoi que j’ai dit qui te déplaise Meredith, commençai-je à monologuer.
Je sentais que ça allait être très long avant de la faire sortir de la salle de bain, et ce n’est pas que je n’avais pas envie de défoncer cette fichue porte noire, c’était vraiment tentant.
J’entendis un bruissement dans la pièce, bon, elle était encore consciente, ou du moins en vie donc c’est toujours ça de gagné !
- Qu’est-ce que tu as Meredith ? poursuivis-je décidé à lui faire dire quoi que ce soit. Si c’est parce que je t’avais caché ma cardiopathie, je m’en excuse, vraiment, mais je ne savais pas comment te l’annoncer … C’est pas facile à porter, et à expliquer, surtout que tout le monde pense à la même chose en me voyant mais …
Je me stoppai net en plein milieu de ma phrase. De toute façon, j’avais vraiment l’ai ridicule à brasser de l’air comme ça alors qu’elle devait s’en foutre pas mal de ce que je pouvais raconter, et je finissais par perdre patience, bien contre mon gré.

 

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- Mais réponds moi merde ! Tu t’es barrée, comme ça, sans rien dire ! Comment veux-tu que je fasse quelque chose pour tout arranger si tu fais la carpe comme ça !
- Il n’y a rien à arranger, l’entendis-je dire, et visiblement, elle parlait à voix basse car je ne percevais qu’un murmure à peine audible.
- Qu’est-ce que tu as ? repris-je, plus calme maintenant que j’avais réussi à la faire parler.
- Ça va trop vite, dit-elle un peu plus fort et j’entendais sa voix sans difficulté.
- De quoi, qu’est-ce qu’il va trop vite ? lui demandai-je.
- Nous deux.

 

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Elle se stoppa, me laissant seul à côté de la porte, comme deux ronds de flan. J’encaissai, sans rien comprendre du tout. Comment ça « ça allait trop vite » ? Qu’est-ce qu’elle essayait encore de me dire ? Mon cerveau s'embrouilla encore plus qu'il était, perdu dans un flot incomparable de réflexions en tout genre, plus qu'il ne pouvait en supporter en une seule journée.
Et je me perdais dans ces réflexions, plus absurdes les unes que les autres quand la porte de la salle de bain s’ouvrit. Je vis Meredith en sortir, habillée d’un tee-shirt vert et d’un vieux jean usé clair, les cheveux lissés. Alors, ni une ni deux, je me décollai du mur pour m’approcher d’elle, et de poser mes mains en coupe autour de son visage, voulant la forcer à me regarder.

 

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- Pourquoi ça va trop vite ? demandai-je de manière sèche.
Elle détourna le regard, baissa la tête et ne me répondit pas, ce qui a le don de m’exaspérer, j’ai l’impression de parler à un mur. Je la secouai alors, pas trop brusquement, pour qu’elle réagisse, mais rien, elle ne me regardait toujours pas, la tête encore ailleurs.
- Mais réponds moi bordel ! commençai-je à m’emporter, ma voix vibrant selon l’étrange sentiment qui m’emplissait.
De la déception ? De la tristesse ? De l’am… Je secouai ma tête vite fait voulant retirer cette dernière idée de ma tête, ça se pouvait pas, c’est trop tôt !
- Ça va trop vite, répéta-t-elle comme un écho à mes pensées.

 

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Elle tourna le regard vers moi, ses yeux reflétant un état d’âme qu’il ne m’avait encore jamais été donné de rencontrer de ma courte vie sur Terre, une certaine tristesse, mais une certaine joie aussi dans ses yeux, comme si elle attendait quelque chose qui ne viendrait pas, mais qu’elle espérait depuis pas mal de temps, et qu’elle veut se voir réaliser, comme si c’était un rêve purement égoïste de sa part.
Et dans ma tête, tout un tas de choses se bousculaient, les unes derrières les autres, à une vitesse hallucinante au point tel que j’en avais à peine compris une qu’une autre venait le remettre en cause. Et plus je réfléchissais, et moins je comprenais ce qu’il se passait.
Peut-être qu’il ne suffisait plus de réfléchir, et qu’il fallait agir à l’instinct.
Ce sont toutes ses vaines réflexions qui m’ont empêché d’avancer depuis que je suis sorti de l’enfer. Ce sont toutes ces questions qui n’avaient plus cours dans ce monde qui m’ont fait tant de mal.
« Qu’est-ce qu’ils penseraient de moi ? » « Pourquoi Jose nous a-t-elle vendus ? » « Pourquoi continuer à croire en l’espèce humaine quand on a vu de quoi elle est capable ? »
Et ce sont ces mêmes questions qui tournoient dans ma tête à l’instant, alors qu’elle n’ont rien à y faire, à y voir.
Ils avaient tous raison, c’est parce que je reste fixé sur mon passé que je ne vois pas avenir, ni même mon présent.

 

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Et mon présent, c’est ma petite amie, debout devant moi, mes mains posées sur son visage, le caressant tendrement. Alors, j’arrêtai de réfléchir, ça n’allait pas m’avancer beaucoup, et, avec beaucoup de maladresse, j’approchai un peu plus mon visage du sien, pour enfin poser mes lèvres sur les siennes, avant de chercher par moi-même à approfondir ce baiser que j’avais débuté.

 

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Elle remonta ses mains le long de mes bras avant d’en loger une sur ma tête, ses doigts jouant avec mes cheveux retombant dans ma nuque. Mes mains qui étaient jusque là sur son visage descendirent à son tour le long de son corps pour se loger sur ses hanches.
Toutes les interrogations floues qui me martelaient le crâne il y a à peine cinq secondes disparurent comme balayées, me laissant l’esprit léger et blanc comme neige.
Finalement, je me sentais tout à fait ridicule.

 

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Je me détachai doucement de ses lèvres sans la quitter des yeux. Je suis en train de me transformer en guimauve.
- Tu me pardonnes ? demandai-je doucement.
Elle acquiesça doucement en souriant timidement.
- Tu sais bien que je te pardonne sans problème, surtout après ça, ajouta-t-elle en posant un doigt sur mes lèvres. Je me demandai quand est-ce que je n’aurais plus à faire le premier pas, j’avais peur de te l’imposer d’ailleurs.
- Tu crois vraiment que si tu me l’imposais, je te répondrai, ou même je te laisserai faire ? fis-je en riant.
- Pas faux, éluda-t-elle.
- Donc c’est vrai, ris-je en l’embrassant une deuxième fois furtivement.
Une joie nouvelle m'emplit à chaque baiser, comme une fierté supplémentaire, un exploit que j'avais peiné à réaliser. Meredith répondit à chacune de mes avances, comme on récompenserait quelqu'un qui avait accomplit l'impossible pour lui-même. Et plus je l'embrassai, plus je la serrai sur mon cœur, plus mes doigts se faisaient pressants sur son dos, plus je me rendis compte que j'avais accompli mon impossible. Je m'étais rapproché des autres que j'avais tant fuis depuis mes douze ans, et je m'étais rapproché de cette femme, de cette brunette au sourire doux et aux yeux marins rieurs. Je m'étais approché de Meredith plus que je ne m'étais approché d'Heaven, je me sentais capable de tout lui raconter, de tout accepter à ses côtés. Et je me suis rendu compte que je l'aimais, aussi simplement que ça.

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