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J’arrivais chez elle quelques minutes plus tard, comme un prisonnier qu’on amène à son bourreau, comme un gosse, prêt à recevoir sa punition. La fraîche brise de juin en ce soirée caressaient mon visage, et dansait sur mes joues striées de larmes, telle de la glace s’enfonçant dans ma chair, et qui me disait, « souffre Aaron, souffre ».
Plus mes pas m’approchaient d’elle, et plus mon cœur se serrait. Plus mes mains se crispaient et mes doigts glissaient par la moiteur de mes paumes. Mes jambes tremblaient, mes pas se faisaient hésitants sur le trottoir, et par deux fois, je manquais de trébucher.
C’est donc ça, la sensation d’avoir tué un homme, d’avoir pris la vie d’un autre, et d’avoir brisés toutes celles qui l’entouraient ? C’était ça, ce sentiment que voulait vivre tous ces serials killers ? C’était ça, le plaisir de tuer ? Ou serait-ce juste ma culpabilité ?

 

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Les lumières aux fenêtres de sa maison brillaient dans la nuit, et m’attiraient, irrévocablement.
A ces mêmes fenêtres, je vis tout de suite du mouvement, sûrement Meredith, qui m’avait vu arriver, qui s’empressait de venir me foutre la rouste de ma vie, de m’incendier de tous les noms, de me jeter, de me dire qu’elle m’avait dénoncé aux autorités.
Après tout, je le méritais non ?
- Aaron ! hurla-t-elle avant de me sauter au cou.

 

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- Aaron, répéta-t-elle, à bout de souffle, s’accrochant comme une naufragée à mon cou. Mon Dieu, tu es là !
Ses larmes dévalaient ses joues pour s’écraser sur mon visage, s’ajoutant aux miennes. Je restai stoïque face à sa réactions, totalement en adéquation avec ce que je m’imaginais. Qu’est-ce qu’il se passe ici enfin ?
- Méré ! lançai-je en me décollant d’elle pour la tenir à bout de bras. Qu’est-ce qu’il t’arrive ?! Tu sais ce que tu fais ou quoi ?

 

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- Enzo est mort, me dit-elle en un souffle, en début d’après midi. Je croyais … que tu étais au courant.
- Mais c’est moi qui l’ai tué Meredith ! C’est moi ! J’ai … je …
Les mots n’arrivaient plus à passer le barrage de mes lèvres, se noyant dans mes sanglots, et me laissant là, avec Meredith, debout, dehors, tenant cette dernière à bout de bras, ma tristesse m’envahissant peu à peu.

 

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- J’ai tué un homme Méré … Il est mort … par ma faute … parce que j’ai été égoïste, parce que je t’ai voulue auprès de moi … parce que … Je me hais … Je ne suis qu’une ordure, tu m’entends ?! Une ordure !
A chacun de mes mots, le visage de Meredith se recouvraient de larmes, ne sachant comment agir, avant que finalement, je ne relâche mes bras, qui rejoignirent mon corps en un mouvement lâche et sans vie . Meredith en profita alors pour se rapprocher de moi, et se lover contre mon torse.

 

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- Tu n’y es pour rien Aaron, il a cru bien faire en allant t’aider.
- Il est mort parce que j’ai voulu faire mon malin devant l’autre crevard … Ça n’aurait jamais dû arriver, si ….
- Shhhh, me souffla-t-elle en passant une main dans mon dos. On referait le monde avec des si, si on le pouvait, mais chaque tristesse cache un bonheur Aaron.
- Quel bonheur peut-il y avoir derrière sa mort ? lançai-je.
Elle releva alors la tête vers moi, son visage strié de larmes me regardant, esquissant un de ses sourires franc dont elle avait le secret.

 

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- Un miracle ? osa-t-elle. J’y crois, Cory aussi, la famille d’Enzo également.
- Un miracle ? m’étonnai-je alors.
- Il est dans un coma qualifié de « mort cérébrale ». Ses organes vitaux sont en parfait état de marche, il a simplement l’air de dormir. Mais il ne se réveillera jamais, selon les médecins. Pourtant, ni Cory, ni la famille d’Enzo ne veut le débrancher, alors il va rester comme ça, mi vivant, mi mort… En espérant qu’il nous entende. Allez viens, on va rentrer, hein ?
Elle se décolla alors de moi, pour me prendre par la main, et m’attirer avec elle à l’intérieur de la maison, et je la suivis, sans rien dire.

 

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Cette nuit là, je dormis dans sa chambre, à sa demande. Calée dans mes bras, elle se calma, et s’endormit sans trop de difficultés, alors que ma tête tourbillonnait de questions, m’empêchant de dormir convenablement.
Meredith se berçait d’illusions, j’en étais persuadé. Je sais que l’espoir fait vivre, mais quand il se brise, on s’y brûle les ailes, et je n’ai pas envie de la voir tomber et s’écraser. Je veux lui permettre d’atterrir, avant qu’elle ne comprenne ce qu’il se passe.
Mais avant tout, je veux faire payer à cette enflure la mort d’Enzo, quitte à ce que je m’y colle personnellement. Tueur contre tueur, n’y a-t-il pas meilleure idée de confrontation ?

 

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