
Le jeudi 29 juin 2006, début des épreuves dans un peu moins d’une heure.
Niveau de stress de Aaron Hart : Quasi nul.
Niveau de stress de Meredith Anforth : … euh …
- Aaron ! J’ai perdu ma convocation !
Ça répond à votre question ? Plus stressée que Meredith ce matin, on ne peut pas faire, c’est impossible ! Vraiment impossible. Tellement stressée qu’elle a perdu six fois sa convocation en moins de deux heures, que son porte feuille la fuit, et que ses crayons décident de disparaître dans le fond de son sac, en même temps, à force de le remuer, c’est sûr, qu’ils ne restent pas sagement à leur place, faut pas en espérer mieux.

Voilà plus de vingt minutes que je suis appuyé sur la table de la cuisine à attendre que Meredith veuille bien me rejoindre. Si elle n’est pas prête dans dix minutes, petite amie ou non, je me rends tout seul en salle d’examen, je n’ai pas envie d’être recalé par sa faute, et ne me dîtes pas que c’est de l’égoïsme de ma part, il y a un temps pour les niaiseries, un autre pour passer le diplôme, c’est tout, point à la ligne ! Vous allez pas m’en faire un fromage pour si peu quand même ?!

- Aaron ! déboula-t-elle dans la cuisine, essoufflée.
- Oui, c’est moi, qu’est-ce qu’il t’arrive encore ? Tu vas m’apprendre que ton cerveau vient de fuir par tes oreilles ? la charriai-je.
- T’es con où tu le fais exprès ?
- Je crois bien que je le fais exprès, lui répondis-je aussitôt.
Elle me regarda, boudeuse, croisant ses bras sur sa poitrine. Quoi, j’ai fait quoi encore de mal ? Elle va s’offusquer pour une phrase à la con quand même, si ? La voilà qui se met à gonfler les joues en regardant à côté d’elle. C’est pas vrai, elle me boude vraiment… Il va falloir qu’elle revoit l’ordre de ses priorités la punkette quand même, c’est bien mignon de bouder, mais si c’est après les épreuves, ça m’arrangerait bien.
- Oui, c’est bon, je t’écoute Méré. Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- Ma convoc’ … me dit-elle, suppliante. Je l’ai perdue, je suis fichue !
Las, je levais les yeux au ciel, avant de m’approcher d’elle, d’introduire ma main dans son sac de cours et d’en ressortir, deux secondes plus tard, le précieux document, qui lui autorisait à passer son diplôme.
- Ce serait pas ça par hasard ? lui demandai-je en l’agitant sous son nez.
- Mon sauveur ! piailla-t-elle en m’arrachant le document des mains. Comment t’as su, je le cherche depuis …

- Ça ne fait que cinq minutes que tu la cherches, depuis la dernière fois que tu l’as rangée, dans la première poche de ton sac car, attention je cite, « tu la verrais mieux que si elle était dans la poche du milieu avec tes fiches révisions ». Une autre réclamation ?
- Comment tu fais pour être aussi calme ?
- Comment tu fais pour perdre un trucs que tu viens de ranger deux secondes avant ?
- Je suis stressée !
- Et moi organisé. On peut y aller maintenant ?
Elle acquiesça vivement, avant de sortir de la maison, et une fois tous deux dehors, elle ferma la porte à clé. Nous nous dirigeâmes alors vers le lycée Van Heim où l’examen devait se dérouler, ce lycée ayant été tiré au sort en même temps que les sujets…